𝟻. 𝙵 𝚄 𝙴 𝙶 𝙾.

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                          𝚅 𝙴 𝙽 𝙳 𝚁 𝙴 𝙳 𝙸

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                          𝚅 𝙴 𝙽 𝙳 𝚁 𝙴 𝙳 𝙸.

Une tasse de café bien noir, sans sucre, sans lait, un mélange foncé et amère qui me délecte chaque matin, chaque soir et son acolyte le cylindre néfaste qui brûle mes poumons autant que ma personne envers son propre entourage. Je tourne, pages après pages, lisant ce que ce livre renferme de plus sombres et de plus macabres en son sein. Personne n'est dehors, en même temps, personne ne voudrait l'être vu le temps brumeux qui se fait sentir.

D'un mouvement presque trop lent pour la tornade que je suis, je glisse mes doigts sur les lignes qui me font face. Un récit bien plus profonds que je ne l'espérais attise ma curiosité et embrase mon âme d'une flamme d'intérêt que je pensais ne plus revoir. En quarante-huit heures, l'impression de n'être jamais partie de Nevermore et d'en connaître même les plus noir secrets m'envahi.

Melancolia Addams avait raison. Mère avait raison. Cette école est plus surprenante encore que la chambre d'oncle Fétide lorsqu'il ne l'a rangeait pas. Son premier carnet parlait de sa première année, de quelques secrets qu'elle y avait découvert comme la statue d'Edgar Allan Poe et son claquement de doigts, ou de sa rencontre quelque peu farfelue avec cet étalon espagnol, Cortez Addams. Elle le décrivait sous son aspect le plus banale, un costume noir en satin car père était de ces enfants de riches nés avec une cuillère en or en bouche, de sa cravate rouge sang qu'il ne quittait jamais, et de son éternel goût du morbide. Mère disait qu'il avait ce petit truc répugnant qui lui plaisait tant.

Elle exprimait à travers ses lignes manuscrites, à quel point père était un gentleman dans l'âme brûlée, elle non plus ne faisait pas partis de ces personnes fortement joyeuses et pleines de couleurs. Je savais que père, par l'éducation de grand-mère était ce qu'on qualifierait d'homme galant, un vrai époux a en devenir, seulement j'ignorai la tournure de la création de ce couple.

— Tu n'as pas mieux à faire que de lire ces vieux bouquins ?, me toise une voix quelque peu amusé.

La paix n'existe donc pas ici, ça aussi mère m'avait prévenue. Je lève la tête et lance le plus sombre de mes regards. Xavier s'installe et affiche cet air abruti, un sourire plus grand que le cercueil qui me sert de lit, moelleux à souhait pour l'info, et ses yeux plus brillants que mon cousin Puglsey lorsque je lui offre des grenades en guise d'appâts pour acheter son silence. Un enfant.

— La question t'es retournée, soufflais je.

— Vendredi, tout le monde aime avoir un peu de compagnie..

— Pas moi, dis je en retournant à ma lecture. Vas voir ma cousine, qui sait si elle n'as pas besoin de toi.

Il ne bouge pas. Aucun mouvement, rien. Son air toujours agacé par mon envie solitaire de lire un bouquin a l'air de l'ennuyer au plus haut point, pourtant, je ne fais rien de particulier. Nous sommes samedi après tout, et si certains aiment dormir, moi j'aime élucider les petites pièces de puzzles que ma mère sème dans mon esprit depuis son lit éternel. Sacré maman.

— Pourquoi Mercredi m'attendrai t'elle ?, me demande t'il soudainement intrigué.

— Pressentiment.

— Ton pressentiment est aussi nul que le sien dans ce cas, rit il.

— Et pourrais je savoir pourquoi ?

— Le semestre passé, elle a cru en un pressentiment qui lui suggérait qu'elle serait heureuse au bras d'un gars qu'on pensait être normies., m'informe t'il. Seulement, après l'avoir embrassé et m'avoir foutue en cellule par la même occasion, elle a vu que ce n'était qu'un Hyde qui voulait la tuer.

— Ça a du blesser ton petit cœur, dis je en le narguant. Qu'elle exquise sensation.

— Non, parce que ce n'est pas elle que mon cœur désire.

— Et tu lui a dit ?

— Non, elle n'as pas besoin de le savoir.

— Ah si, dis je en relevant les yeux. Un désastre amoureux te fait renaître de tes cendres, ce goût âcre que tu as en bouche se transforme petit à petit en une douce liqueur amer qui révulse ton âme et.., dis je en faisant une petite pause. Ça la brûle aussi. C'est tout l'intérêt d'un cœur brisé.

— Tu as déjà eu l'expérience ? Un petit copain ?

Mon rire s'échappe de mes lèvres, il n'est sérieusement pas en train de me demander si j'ai quelqu'un ? Rassurez moi..

— Il faudrait être fou à damner pour aimer quelqu'un comme moi.

— Tu te dénigres, Vendredi.

— Et où est le mal à cela ?, dis je surprise. C'est la piqûre de rappel qui me ravive le souvenir constant de ma venue au monde.

— Je n'aime pas qu'on se dénigre.

— Intéressant vraiment, j'en arrêterai presque ma lecture pour t'écouter parler, Thorpes. Mais vois-tu comme je te l'ai signalé, ma cousine t'attends. Et Mercredi Addams déteste attendre.

Il soupire et pose ses mains sur le banc que j'occupe, sa tenue décontracté m'as l'air tout droit sortie d'un film de normies adolescents ou le mec idéal, populaire à mourir sort avec la populaire du collège avant de la quitté pour la fille étrange du fond de la Classe. Celle qui ne veut pas révéler au monde que sa vie presque banale n'en est en réalité pas une. Il s'avance vers les escaliers les plus proches, tandis que mon regard se reporte sur ses lignes noires écrites par la reine mère.


                𝚂𝚘𝚖𝚋𝚛𝚎 𝙲𝚘𝚛𝚝𝚎𝚣,

Sont les premiers mots qui figurent sur la nouvelle page, serait ce une ode à l'amour que mère a écrite à père ?

𝙹'𝚊𝚝𝚝𝚎𝚗𝚍𝚜 𝚗𝚞𝚒𝚝𝚜 𝚊𝚙𝚛𝚎̀𝚜 𝚗𝚞𝚒𝚝𝚜 𝚚𝚞𝚎 𝚝𝚘𝚗 𝚖𝚊𝚌𝚊𝚋𝚛𝚎 𝚛𝚎𝚐𝚊𝚛𝚍𝚜 𝚜𝚎 𝚙𝚘𝚜𝚎𝚗𝚝 𝚜𝚞𝚛 𝚖𝚘𝚒.

Père n'as donc pas eu le coup de foudre au premier regard, intéressant cela dit.

𝚀𝚞𝚎 𝚝𝚘𝚗 𝚜𝚘𝚞𝚛𝚒𝚛𝚎 𝚜𝚒 𝚖𝚘𝚛𝚋𝚒𝚍𝚎 𝚖𝚎 𝚜𝚘𝚒𝚝 𝚍𝚎𝚍𝚒𝚎́, 𝚚𝚞𝚎 𝚕'𝚘𝚍𝚎𝚞𝚛 𝚍𝚎 𝚜𝚘𝚞𝚏𝚏𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚝𝚞 𝚍𝚎́𝚐𝚊𝚐𝚎𝚜 𝚎𝚗𝚒𝚟𝚛𝚎𝚗𝚝 𝚖𝚎𝚜 𝚗𝚊𝚛𝚒𝚗𝚎𝚜.

Une poétesse dans l'âme, a ce que je lis. Mes yeux continuent cette lecture  quelque peu étrange, et mes doigts tournent rapidement cette page là pour en découvrir une autre tout aussi étonnante. Me répéterais je en disant qu'une sensation quelque peu délicieuse s'empare de mon corps ? Possiblement. En ai je quelque chose à faire ? Pas le moins du monde.

Soudain, alors que ma lecture recommençait à devenir des plus alléchantes, mes yeux s'arrêtent devant une ligne en particulier.

𝙾̂ 𝙲𝚘𝚛𝚝𝚎𝚣, 𝚊̀ 𝚝𝚘𝚒 𝚖𝚘𝚗 𝚞𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚎𝚝 𝚖𝚊𝚌𝚊𝚋𝚛𝚎 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛, 𝚝𝚘𝚒 𝚕𝚎 𝚙𝚎̀𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚖𝚘𝚗 𝚙𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎𝚛 𝚏𝚒𝚕𝚜 : 𝙵𝚞𝚎𝚐𝚘 𝙰𝚍𝚍𝚊𝚖𝚜.

𝚅 𝙴 𝙽 𝙳 𝚁 𝙴 𝙳 𝙸. Où les histoires vivent. Découvrez maintenant