"- Quand je te disais que rien ne pouvait être pire que de croiser la noirceur de Vendredi, je n'imaginais pas que tu puisses en tomber raide, Xavier.
- Elle est la colombe qui apaise mes nuits depuis ton arrivée à Nevermore, Mercredi."
𝚅𝚎𝚗𝚍𝚛...
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𝚅 𝙴 𝙽 𝙳 𝚁 𝙴 𝙳 𝙸.
J'ai toujours été de ces personnes qui, bien que ce soit étrange, apprécie une balade en forêt, surtout lorsque la boue se crée et que le sol devient glissant. Quand j'ai, malgré moi, accepté de leur offrir mon aide, j'ignorais que la gorgone sans neurones et son acolyte l'étrange fils de médium seraient également de la partie. Au lieu d'avoir trois soucis, j'en avais à présent cinq.
Ils s'arrêtent enfin, devant une demeure dont l'état délabré est quelque peu jouissif, et se tournant un à un vers moi.
— Et donc ?, demandais je en regardant ma cousine.
— Pose ta main sur la grille, V'., me demande t'elle.
— J'ai accepté de t'accompagner, chose faites. En revanche, ne m'appelle plus jamais V si tu tiens un tant soi peu à tes tresses.
— Pose juste tes mains, me demande t'elle en roulant des yeux.
J'avance vers le grillage et attrape l'une des barres qui la constitue. Et je sens. L'air se réchauffe, le décor se transforme. Ma vision commence enfin.
Nous devons être en été, un horrible soleil plane au dessus de nos têtes, le jardin est très proprement entretenu, et des cris enfantins s'échappent de ce lieu. Étrangement, je ne suis pas a l'extérieur du domaine mais a l'intérieur. L'odeur du cerisier en pleine floraison se distingue des autres odeurs que je perçois. Une silhouette longiligne s'avance vers les petits qui s'amusent dans le jardin.. avec des rats morts ? Ils ne sont pas si différents que ça les normies finalement. Elle arbore une longue chevelure ébène et un rouge à lèvre rouge à glacé le sang tant il ressemble au liquide qui coulent dans les veines de chacun. Sa démarche est quelque peu sensuelle, ses hanches roulent d'un côté a l'autre, et son léger rire réchauffe le petit cœur glaciale que j'ai..
Ce rire. Je ne l'oublierai jamais.
— Fuego, vas prévenir ta tante que nous aurons quelque minutes de retard au dîner de ce soir.
Tout en elle est réaliste. Alors que le petit garçon accourt a l'intérieur, elle s'avance vers la jeune fille vêtue de noire qui as l'air étonnement fasciné par le jeune garçon qui est à ses côtés, manipulant le rat.
— Oh Vendredi, tu as encore réussi à traumatisé ce pauvre monsieur moustache.
Sa voix quelque peu mielleuse me fourmis le corps, alors que le jeune garçon rit de son petit rire cristallin.
— Pardon, Melancolya., s'excuse le jeune homme. C'est moi qui ai voulu montré a V' ce que j'arrivais à faire maintenant.
— Ne t'en fais pas trésor, c'est parfaitement réalisé.
Je ne comprends pas, ce que je vois ne corresponds pas avec ce qu'il me reste de souvenir. Pourtant, la scène me paraît réelle. Vendredi, plus jeune, se redresse et tend sa petite main au jeune garçon. Sous le regard amusée de sa mère, elle s'avance vers la maison tandis que brusquement, l'air devient froid, les couleurs de l'été sont remplacées par celles du temps actuel. Ce n'était qu'un rêve. Un rêve si doux, si amer à la fois.
— Vendredi ?, me demande Mercredi tandis que je me recule rapidement de cette barrière.
— Elle n'as pas l'air bien, s'inquiète la gorgone.
En effet. Je vais toujours très mal, mais d'habitude, cette sensation me plaît. La, ce n'est pas le cas. Mes pieds s'enfoncent dans la boue, reculant le plus possible de cet endroit. Mon crâne me fait mal, a m'en faire une crampe. Une migraine calamiteuses dont je n'apprécierai pas la saveur va s'immiscer en moi. Je le sais, je le sens.
— V'?, cette voix, je non.
— Alors c'était ça le plan, dis je essoufflée. Prétendre avoir besoin de moi pour régler une enquête pour m'appâter ici ?
— Vendredi.. je, commence Mercredi.
— Ah non, toi, tu te tais., dis je sèchement. C'était ça que tu voulais que je vois ? L'enfance déplorable qu'on m'a enlevé ? Le souvenir d'une mère qui est partie bien trop tôt ?!
— Attends.., commence t'elle surprise. Tu t'es vue dans cette maison ?
— C'était ma maison, Mercredi. Celles de mes parents, celle où nous vivions tous avant ta naissance.., crachais je. Père, mère, Morticia et Gomez, Fétide et Abuela, Fuego et moi. On vivait tous là.
— Ce n'est pas possible, me souffle Mercredi. Cette maison appartenait aux Gates, la descendance de Joseph Crackstones !
— Alors pourquoi je m'y suis vue ?, dis je énervée. Pourquoi j'ai vu ma propre mère, mon frère et ton ami dans ce jardin? Pourquoi l'odeur du cerisier m'était si familière ? Et pourquoi je m'amusais avec un rat que j'avais appelé Monsieur Moustache?
— Je ne sais pas, me réponds t'elle abattue.
Ma main se pose sur mon glaçon qui me sert de coeur, il bat vite et fort. Je ne dois pas rester ici, pour mon bien, je ne peux pas. Je me tourne comme piquer par une aiguille et avance d'un pas pressé vers le sentier qui mène à l'école.
Si j'avais su, si j'avais su où tout ça me mènerait. Cette sensation d'avoir manqué plusieurs étapes de ma vie m'envahît à chaque pas que je fais. Pourquoi je vivais là si, comme l'a dit Mercredi, c'était l'ancienne demeure de celui qui a anéanti mes ancêtres ? Pourquoi je me suis vue, assise sur l'herbe fraîche, jouant avec ce rat ? Pourquoi tout paraissait plus vrai que nature ? Soit, ma santé mentale devenait bien plus entachée que ce que je voulais l'admettre, soit je n'étais clairement pas venue ici par hasard.
— Ma vipère ?
La voix quelque peu doucereuse de ma tante finit d'achever ce que je ressens. Tout tourne, tout devient sombre, tout est soudainement plus apaisant.