Chapitre 4

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"Je vais vous suivre", c'est ce que j'ai fait, et nous voilà tous les cinq à marcher seuls les uns après les autres, tel des fourmis naviguant parmi les milliers de colonnes de bois nous entourant. Meyla ouvre la marche, suivis de Piret, moi, Bret et enfin Hayle. À chaque pas que je fais, cette phrase que j'ai dite il y a de cela des heures, ou en tout cas ce qu'il me semble être des heures, vient se heurter à ma tête. C'est comme si quelqu'un me la chuchotait en permanence et qu'elle n'était pas le fruit de mes pensées, accompagné par des "Tu voulais vraiment les suivre, ou tu es juste perdue ? Après tout, tu as toujours été comme ça Alea, une petite poupée sans réelle vie, sans ambition, incapable de quoi que ce soit la vie." qui effacent ainsi les chants des oiseaux prisonniers tout comme nous du dôme de pierre se trouvant au-dessus de nos têtes.

Je ne sais d'où elles viennent, et j'aimerai les–

Hayle : Meyla.

Le reste du groupe s'arrête net pour ensuite se tourner vers la trentenaire qui se tient à l'arrière de celui-ci.

Hayle : Jusqu'où comptes-tu amener comme ça ?

Nos regards font alors le mouvement inverse, se tournant vers celle qui se tient à l'avant.

Meyla : Et bien...

Elle se met alors à observer l'épaisse forêt qui se trouve autour de nous, bloquant notre vision où que nous regardions, sans trop savoir quoi en penser.

Meyla : Je ne sais pas exactement, j'espère juste trouver une sortie... Ou au moins un lieu où l'on sera en sécurité.

Elle sourit difficilement en direction de Hayle sûrement dans l'espoir de nous rassurer mais aussi de se rassurer, ce qui a le don de faire soupirer celle l'ayant questionnée.

Hayle : Bon, on te suit.

Notre cheffe épie Hayle durant de longues secondes, perturbée, avant de se retourner et de reprendre la route pour nous guider. Je la trouve complètement perdue depuis notre entrée dans la pyramide, comme si toute sa confiance en elle avait disparue. Je n'arrive même pas à croire que ce soit la même Meyla qu'avant notre arrivée ici. Je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule pour apercevoir Hayle qui reste la tête baissée. Pourquoi est-ce qu'elle ne prend pas la tête du groupe ? Je n'ose pas lui demander, par peur... Peur de faire quelque chose qui les dérangeait... J'ai peur de rater mon coup donc je me contente d'avancer avec eux sans dire un mot.

Piret : Je me demande bien quels autres dangers nous attendent ici.

Ses paroles viennent hérisser mes poils alors qu'un frisson parcourt ma colonne vertébrale. Cette manière de parler de ces choses qui ont tué les autres...

Hayle : Pourquoi ? t'as hâte d'en voir d'autres ?

Piret : Non, pas spécialement, c'est juste que ça m'intrigue. Imaginez un peu les autres atrocités qui résident ici.

Hayle : Non merci, je préfère garder mon imagination pour mes rêves.

Les rêves, hein ? Je lève la tête en y repensant, scrutant la lumière qui perce de temps à autre le toît feuillu de la forêt sans pour autant diminuer depuis notre arrivée. Combien de temps s'est écoulé ? Et ce lac... Et cette chose qui s'en ait pris aux morts... Ces cris de douleurs et ces corps... Puis leurs paroles... C'est comme si ce qu'il venait de se passer il y a quelques minutes ou heures, je ne sais plus exactement, n'était pas si important que ça. Plus le temps passe, plus je me demande s'ils sont tous fous et inconscients, ou lucides et réfléchis.

Meyla : Hé, regardez !

Elle s'arrête, comme nous, puis pointe du doigt ce qui ressemble aux murs en bois d'une bâtisse, au loin. Prudemment, nous nous rapprochons de construction en gardant en tête les événements s'étant passés précédemment. Plus nous avançons, plus notre objectif se dévoile. La végétation qui nous entoure fait place à une imposante clairière avec, en son centre, une imposante maison en bois. Nous restons là, debout, à observer l'édifice qui se trouve à quelques mètres de nous. La forêt ne vient en aucun cas empiéter sur l'espace environnant de la maison, nous permettant ainsi d'avoir une vue d'ensemble sur celle-ci ainsi que sur le mur de la grotte qui se dresse juste derrière elle. Le regard de chacun est rempli d'émerveillement face à cette trace laissée par l'homme.

Onigard : La Pyramide de DieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant