Chapitre 18

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"Qu'est ce que tu comptes faire Alea ?". Étrangement, cette question de Rick tourne en boucle dans ma tête pendant que, assise sur un rondin de bois, j'observe la maigre viande griller sur une broche, au-dessus d'un petit feu qui vient repousser le froid. Les discussions des membres de la bande de Rick se font entendre un peu plus loin. Il se sont aussi rassemblés auprès d'un feu pour cuire de la viande.

Bret : Où est-ce qu'ils ont trouvé ça ?

Je détourne mon regard vers Bret qui est lui aussi assis sur un rondin de bois. Mady, quant à elle, dort profondément, la tête contre son épaule.

Aléa : Je ne sais pas...

De la viande... Ça fait si longtemps... Tellement longtemps que j'ai oublié ce que ça fait de manger... L'effet de la Pyramide sur notre corps est assez étrange, la faim n'est pas quelque chose qui vient nous harceler et elle est même oubliable, en partie parce que le corps consomme moins d'énergie ici.

Bret : Pourquoi Hayle est resté à Asha ?

Alea : Hein ? Pourquoi tu te poses cette question ?

Bret : Elle ne m'a pas dit pourquoi.

Alea : Ah... Eh bien, elle n'avait aucune raison de quitter la cité.

Bret : Et toi, pourquoi tu n'es pas rester avec elle ?

Je reste silencieuse, observant les flammes. Pourquoi ? Au fond de moi, qu'est ce qu'il me force à continuer ? La peur de ne pas rendre honneur, c'est ce que m'a montré la mère de Mady, mais rendre honneur à qui exactement ? Qui me forcerait à continuer d'avancer ?

Alea : Je ne sais pas...

La peur qu'ils soient morts inutilement ? Avec du recul, je n'y arrive pas à y croire, quelque chose d'autre me pousse à le faire. Mon regard se pose sur Mady. Elle l'a fait pour sa mère... Même s'ils ne sont plus de ce monde, qu'est ce que papa et maman en auraient pensé ?

Alea : Qu'est ce que tes parents auraient pensé de ce que tu fais ?

Il se met à réfléchir, levant les yeux vers le ciel.

Bret : Ma mère serait contente.

C'est vrai qu'il n'a connu que sa mère...

Alea : Elle te manque ?

Bret : Je la revois le soir, quand je dors.

Un frisson me parcourt lorsque je l'entend dire ça avec un tel détachement.

Bret : Elle me dit qu'elle est fière de moi.

Plus le temps passe et plus je ressens de la peine pour lui. J'aimerais l'aider à changer, qu'il apprenne à connaître les émotions humaines, ses émotions, mais j'ai l'impression d'être impuissante. La seule chose que je peux faire c'est rester avec lui... Putain.

Bret : Elle a tout fait pour me rendre heureux. Elle est morte en voulant que j'aille moi-même chercher le bonheur qu'elle n'a pas réussi à m'offrir.

Alea : Je suis désolé...

Malgré tout, son visage reste le même. La même expression depuis notre entrée dans la Pyramide, parfois parsemée d'un faux sourire pour nous rassurer..

Bret : Je voulais voir ce que pouvait offrir les relations humaines qu'elle me décrivait et je les ai trouvées en vous rencontrant... Mais aussi en avançant à tes côtés.

Il soupire, puis...

Bret : Je t'aime.

Ces simples mots... Il les a dit avec sa froideur habituelle et ça qui me paralyse, me fait écarquiller les yeux, et créer un frisson me parcourt à nouveau. Lui montrer ce que les relations humaines ont à offrir pour qu'il ne dise plus jamais cela de cette manière... J'aimerais lui montrer tout ça, j'aimerais que mes sentiments soient réciproques, mais ce n'est pas le cas.

Onigard : La Pyramide de DieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant