Chapitre 9

18 1 0
                                        

Hayle : Quoi ?

Je baisse les yeux, observant le sol rocailleux qui est à mes pieds, n'arrivant pas à faire face à l'incompréhension qui se lit dans son regard.

Alea : Elle... Elle s'est faite avoir.

Hayle : Merde...

J'entends encore ses cris de détresse, ses appels désespérés, je n'arrive pas à m'en défaire... C'est atroce... Son corps glissant sur le sol, disparaissant sous mes yeux... Mes bras tremblent, marqué par cette sensation d'impuissance où je la tirais de toutes mes forces... Et cette phrase qui tourne dans ma tête... Je l'ai tué, je l'ai tué, je l'ai tué, je l'ai tué... Encore et encore... Ces monstres, c'est moi qui les fait apparaître en pensant à eux, c'est moi qui les ai attirés à nous.

Alea : Je l'ai... Tué ?

Je relève la tête, trouvant enfin la force de croiser chacun de leurs regards.

Alea : Ces mains, elles n'apparaissent que lorsqu'on pense à elles...

J'aperçois Bret qui jette un coup d'œil en direction de la brume qui émane de la faille avant de s'en approcher.

Bret : Elles ne nous suivent plus ?

Piret et Hayle se tourne vers lui.

Alea : Ce moment de doute que j'ai eu... c'est à ce moment-là que je les ai fait apparaître...

Mes mains ne veulent pas s'arrêter de trembler.

Alea : C'est à ce moment-là que je l'ai tué.

Le silence où ils me regardent sans rien dire. J'ai beau essayer de lire en eux, je n'arrive pas à savoir s'ils m'en veulent, s'ils ont pitié de moi, où sont complètement détachés de la mort de Meyla.

Piret : Hé, Alea, arrête d'y penser. Tu ne peux plus rien y faire maintenant et puis, tu ne l'as pas fait de ton plein gré.

Ce n'est pas moi... Ce n'est pas moi... C'est ce que je me répète alors qu'il s'approche de moi, puis plie légèrement les genoux pour se retrouver à mon niveau, attrapant ainsi toute mon attention.

Piret : Elle n'est plus avec nous, il faut s'y faire et avancer, c'est tout.

Ses yeux restent braqués sur les miens, s'assurant que je reprenne mon calme, puis il s'en va. Seul, il s'avance vers un chemin creusé dans la roche, longeant la crevasse sans fond.

Piret : Aller, partons.

Il dit cela sans se retourner, sans s'arrêter, très vite rejoint par Hayle. Je m'aventure moi aussi sur le chemin avant de me rendre compte que Bret est resté derrière. En me retournant je le vois se tenir droit devant l'entrée de la faille, les yeux rivés sur la brume qui s'en échappe.

Alea : Bret ?

Il ne me répond pas.

Alea : Hé, Bret !

Je fais marche arrière et le rejoint. Une fois près de lui, je jette un regard à la brume qui se situe à l'intérieur de la faille mais il n'y a rien.

Bret : Il... Il y a quelque chose qui nous observe derrière la brume.

Je continue à scruter la faille mais rien ne me saute aux yeux. Je ressens juste un malaise vis à vis de ce qu'il s'est passé de l'autre côté de ce rideau blanc.

Alea : C'est pour ça qu'il vaut mieux partir.

Je me remet en route et il fait de même, marchant à mes côtés. Chaque pas que je fais loin de ce couloir mortel m'apaise de plus en plus.

Onigard : La Pyramide de DieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant