Chapitre 38

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Dans un bruit venant rompre le silence, je pousse les doux rideaux de soie de manière à laisser entrer la lumière dans la chambre vide. J'attrape le fourreau de mon épée qui était posé près de mon lit et l'attache à ma ceinture avant de sortir de ma chambre et de déambuler dans les longs couloirs du château. je ne peux m'empêcher d'admirer les peintures présentes sur les murs qui m'émerveillent à chaque fois, baignant dans la lumière du jour et encadrées dans de magnifiques bordures dorées, viennent parfaitement accompagner le bois clair qui est au sol. Après une courte marche, j'arrive devant une porte plus imposante et ornée, dénotant totalement des autres, n'étant pas l'entrée d'une chambre. Je l'ouvre discrètement et un immense soulagement traverse mon corps lorsque je remarque qu'il n'y a personne dans les bains du château.

Alea : Parfait.

Je referme doucement la porte et apprécie le parfum qui règne dans la pièce couplé à cette chaude humidité typique des bains. Je me déshabille, plie avec soin mes vêtements et les pose sur un banc en marbre avant d'entrer seule dans l'eau. À peine au contact de celle-ci, sa chaleur réconfortante vient se propager dans chaque muscle de mon corps et je me laisse aller, me relaxant en m'asseyant dans un des coins de la grande piscine de manière à ce que l'eau m'arrive aux épaules.

Alea : Enfin...

L'espace d'un instant, je ferme les yeux, me laisse légèrement glisser, bercé par l'écoulement de l'eau. J'oublis tout ce qui m'entoure, n'appréciant que le réconfort que me procure ce moment. Et dire que je suis là depuis des jours et que je n'ai pas encore profité de tout ça... J'en profite jusqu'à ce que quelque chose vienne me soutirer de ce moment. Je reste la tête penchée en arrière, observant la fresque qui est au plafond, repensant à la santé de Bret. Je sais que je ne devrais pas, que ce n'est pas de ma faute, mais... Je m'en veux pour ce qui lui arrive. D'abord des maux de tête et des nausées, ensuite des crachats de sang et maintenant ses jambes qui flanchent. Il devrait s'arrêter, ne pas repartir, mais à quoi bon ? Rester agoniser ici, ce n'est pas une vie ça... Mais d'un autre côté, je ne veux pas le voir mourir... Pas devant mes yeux; Je veux qu'il reste auprès de moi pour le reste de ma vie, je ne veux pas qu'il s'en aille, je ne veux pas le perdre. C'est peut-être égoïste mais le garder ici est peut-être la meilleure chose à faire... Au même moment, le bruit de la porte vient me sortir de mes pensées et, pris de sursaut, je me redresse pour mieux cacher mes parties intimes. C'est quand j'ai entendu la canne frappant le sol que j'ai tout de suite compris qui se cache derrière cette porte.

Victoria : Tu n'as pas à te cacher, tu sais ?

Elle finit par se montrer, le sourire au lèvres face à cette situation.

Victoria : C'est un bain réservé aux femmes.

Elle referme délicatement après elle, bloquant tout regard un peu trop intrusif. Je ne retire pas mes mains d'où elles sont, me contentant de l'observer sans rien dire et utilisant le trouble de l'eau pour me cacher. Elle enlève ses vêtements en douceur, les pose près des miens avec sa canne et, avec difficultés de l'âge, vient me rejoindre. Amusée, elle m'observe en s'asseyant à l'opposé.

Victoria : Enlève donc tes mains. Tu es là pour te reposer, pas vrai ?

Ça me gêne mais je le fais, je laisse mes bras glisser le long de mon corps. J'essaye de me laisser porter pas les petits clapotements de l'eau trouble qui m'apaisent, mais impossible d'enlever la sensation de partager un moment intime avec une autre personne.

Victoria : Vous comptez repartir avec lui ?

Comment elle fait pour être aussi détendue ? J'essaye de me calmer pendant qu'elle se laisse tranquillement porter par l'instant présent.

Onigard : La Pyramide de DieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant