Chapitre 7

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Meyla : C'est étrange...

Assise sur une chaise en bois à l'extérieur de la maison, le carnet ouvert entre mes mains et le fourreau de mon épée appuyée contre un des pieds de la chaise, je tourne la tête vers Meyla qui est debout à mes côtés, fixant du regard la faille qui se situe au loin.

Alea : Qu'est ce qu'il y a ?

Meyla : J'ai une sensation désagréable à chaque fois que je regarde la faille. J'ai l'impression que quelque chose se trouve derrière, quelque chose qui nous attend et nous observe.

Cette faille...

Alea : Tu n'es pas la seule...

Meyla : Je sais et c'est ça qui m'inquiète.

Elle a encore peur. Je ne lui en veux pas, c'est normal, moi aussi au fond de moi j'ai peur, comme tout le monde ici, mais cette peur s'est estompée jusqu'à se faire plus discrète.

Alea : Tu devrais arrêter d'y penser, rien n'en sortira.

Elle arrive finalement à détourner le regard.

Meyla : C'est vrai, il n'est jamais venu nous chercher.

Alea : Et il ne viendra sûrement jamais...

Meyla : J'espère...

Ses yeux glissent et viennent se poser sur le carnet.

Meyla : D'ailleurs, où tu en es dans ta lecture ?

Alea : Ca avance, je viens tout juste de commencer–

Bret : Meyla !

On se tourne toutes les deux vers la maison, c'est de là que vient la voix de Bret. Il se tient debout, nous faisant signe avec une main tout en tenant un seau en bois vide dans l'autre. Meyla lui répond d'un signe.

Meyla : Tu m'en dira plus quand tu aura fini, pas vrai ?

Alea : Bien sûr !

Meyla : Merci Alea et bonne lecture.

Alea : Merci et bon courage.

Elle me répond d'un signe tout en s'éloignant pour rejoindre Bret, attrapant elle aussi un seau vide qui était posé près de lui. Tous les deux s'en vont chercher de l'eau à la rivière pas loin. Hayle et Piret, quant à eux, se reposent encore à l'intérieur de la maison, enfin, je crois. Je ne peux m'empêcher d'observer attentivement la bâtisse qui n'a pas été construite par les anciens occupants, d'après le carnet. La personne l'ayant écrit dit l'avoir trouvé en bon état avant de l'habiter.

Alea : Vivre ici ? Vraiment ?

C'est trop idyllique et sans vie... Je reprends ensuite ma lecture là où je m'étais arrêté. Après qu'ils se soient baladé à travers les arbres jusqu'à s'y perdre sans pour autant croiser une des atrocités que nous avions rencontré. Son récit semble si normal. Rien d'onirique, rien d'y réel mis à part la porte de la Pyramide et cette forêt prise sous la pierre. Cependant, il y a une chose qui me titillait avant que Meyla m'interrompe, une chose qui me dérange au point de me faire revoir ce corps. Comment se fait-il qu'elle soit aussi sereine ? J'ai comme l'impression qu'elle a omis des choses. J'avance, ligne par ligne, page par page, mais rien... Juste leur vie ici, rien d'autre que leur vie. Les pages défilent les unes après les autres et la fin arrive... Non... Ce n'est pas possible...

Alea : Non...

Mes yeux continuent de faucher les lignes sans s'arrêter.

Alea : Oh...

Quelque chose m'interpelle dans ce que je viens de lire, une phrase qui sonne faux dans ma tête. Je reviens un peu en arrière et la relis.

"Je ne sais plus depuis combien de temps nous sommes là mais un espoir est venu à notre porte, un échappatoire inespéré. Shepard est venu nous annoncer ce midi qu'il a peut-être trouver notre sauveur pas très loin de la maison, une faille menant hors de cet enfer."

Onigard : La Pyramide de DieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant