Chapitre 1

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Russie, Kazan

Milana

Putain.

C'était vraiment pas mon jour, je m'étais levée à cinq heures du matin pour finir une mission que se засранец (connard) m'avait demandé de faire.

Mes yeux devaient être cernés et mes joues creusées mais je n'avais pas vraiment le temps de prendre soin de moi ces temps-ci.

Ni l'envie a vrai dire..

Le froid me faisait claquer des dents et la pluie martelait le sol dans un bruit presque apaisant, ce qui n'avait rien d'étonnant pour un mois d'automne en Russie.

J'aurai du opté pour une tenue plus chaude, mon pull et mon pantalon en similicuir noir ne devaient apparemment pas faire l'affaire.

J'inhalai la fumée de ma cigarette tout en contemplant la misérable vue qu'offrait le toit du vieil
immeuble duquel je me tenais debout attendant ma cible.

Je soufflai de plaisir en sentant la nicotine me monter au cerveau. C'était la seule manière que j'avais pu trouver pour me détendre et j'en avais grand besoin !

Depuis quatre ans, j'en était devenue complètement dépendante alors si c'était la seule chose qui me donnait la force d'avancer, je n'allais certainement pas arrêter !

L'odeur du tabac chatouilla mes narines tandis que la fumée m'enveloppa lentement.

Depuis toujours le chant monotone de la pluie m'apaisait. C'était comme si les anges du ciel pleuraient à notre place, nous soulageant de cette peine qui était devenue trop lourde à porter.

Alors, aussi bizarre que ça pouvait être, oui j'aimais la pluie.

Le plan était simple, j'entrerais dans la maison de ce gars, j'lui soutirerais des infos et j'le tuerais, c'était putain de simple.

Soudain mon attention fut attirée par un bruit en provenance d'un bâtiment plus bas.

C'était un homme qui sortait d'un hôtel avec une femme.

En détaillant plus précisément sa carrure corpulente et ses cheveux blonds, je remarquai qu'il s'agissait enfin de ma cible.

J'étais habituée à ce genre de situation, même s'il était marié, ça ne l'empêchait en aucun cas de sortir avec d'autres.

Et ça ne faisait que de renforcer ma certitude.

Ils me dégoûtaient.

Les hommes me dégoûtaient.

Ils nous prenaient pour des objets de jouissances.

Ou encore, nous utilisaient pour déferler leur colère.

Sans scrupules.

Sans regrets.

Et à ce propos je ne changerais jamais d'avis, j'avais trop souffert pour leur pardonner.

Je suivis l'homme sans me faire remarquer pendant une bonne quinzaine de minutes.

Enfin, ma cible rentra chez lui, sans savoir que c'était la dernière fois qu'elle verrait Kazan, cette ville merdique qui me servait de lieu de vie.

Après avoir rentré ses clefs dans le verrou de sa villa trop luxueuse pour le sale type qu'il était, ce bâtard rentra tranquillement chez lui, où sa femme l'attendait.

Je ne savais pas si elle se doutait que son mari la trompait avec à peu près tout ce qu'il trouvait, ou bien qu'il violait des femmes innocentes dès qu'il avait besoin de se vider les couilles, mais en tout cas, elle devait bien faire l'aveugle. Peut-être pour son argent.

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