Grimace, grognement. Un bruit de métal résonne de plus en plus fort, de plus en plus proche. Mon premier réflexe est de mettre les draps sur ma tête pour étouffer le son, sans grand succès. Je finis par me tourner à l'opposé mais c'était sans compter la sensation de vide qui m'accueille. Avec un petit cri je m'écroule au sol, tête première. Sympa comme réveil.
— Putain... Où suis-je encore ? marmonné-je.
Je ramène mes jambes vers mon buste pour m'asseoir en tailleur, me frotte le front puis les yeux.
— T'es en prison Miss.
A ces simples mots, les souvenirs de la veille m'assaillent tel un coup de massue. La course de voiture, les Charms, le camp d'esclavage, la cellule.
— Merde, grogné-je.
Désormais bien réveillée, je porte mon attention sur un garde qui tape les barreaux à l'aide d'une barre en fer. Maintenant, je sais d'où vient ce bruit atroce.
La lumière s'allume, je plisse les yeux.
— Bon matin ! C'est la première fois que je vois quelqu'un tomber au réveil, s'esclaffe Jordan, déjà de bonne humeur.
— Je t'emmerde, cordialement.
Je grogne, mécontente, et attrape la combinaison rouge sur mon lit. Je sais pertinemment que les Charms vont m'obliger à la mettre alors autant le faire maintenant.
— Tournes-toi ! ordonné-je à Jordan, bien que cela soit inutile.
Il n'est pas seul dans l'étage et il y a peu de chance qu'il m'écoute. Pendant mon séjour, ma pudeur va en prendre un coup.
Avec appréhension, priant pour que personne ne fasse attention à moi, je me retourne face au mur à la peinture craquelé et retire mes vêtements pour les remplacer par la combinaison rouge. Ce truc moule tellement que j'ai du mal à l'enfiler. Mais le pire, la fermeture éclaire. Qui a bien pu avoir l'idée saugrenue de la faire partir du bas-ventre jusqu'au cou ? Elle est repartie sur une surface tellement grande que je n'en comprends même plus l'intérêt. Et en plus, à peine zippé, le tout disparaît pour laisser un tissu totalement uniforme.
— C'est quoi ce bordel, marmonné-je, tentant d'attraper inutilement le curseur invisible.
Un sifflement me sort de ma bataille acharnée. Dans la cellule voisine, le blondinet pointe ma tenue, un sourire amusé aux lèvres.
— Elle te va bien. Tu devrais ouvrir un peu le col pour qu'on voit la naissance de tes seins.
J'entrouvre la bouche, stupéfaite. Vient-il réellement de me demander de montrer ma poitrine? Je fronce les sourcils, prête à le traiter de pervers, mais rien dans son regard ou son attitude n'est ambiguë.
— Tu devrais faire comme les autres. En plus, ça te rendrait plus attirante. Ici c'est important.
C'est vrai qu'hier, la plupart des femmes que j'ai aperçu avaient leur fermeture de glissière ouverte jusqu'au milieu de leurs poitrines, si ce n'est plus. Je ne veux pas faire comme elles. Rien que d'y penser, j'en suis répugnée. Et puis, même si je le voulais, ce satané zip a disparu.
— Non je vais laisser ça comme ça. Hum... merci quand même, refusé-je assez déstabilisée par son intérêt pour ma survie.
Le col s'arrête au milieu de ma gorge et ça me convient très bien. Espérons juste que cela ne me portera pas préjudice.
— Comme tu veux, mais ça va surprendre toutes les filles. Aucune ne met sa combi de cette façon.
Trop concentrée sur la discussion, je ne vois pas le Charms s'arrêter devant ma cellule. Je ne remarque sa présence que lorsque qu'il appuie sur un bouton pour ouvrir la porte.
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SUWON
Storie d'amoreSkylander n'appartient pas à cet univers. Sans particularité ni don, c'est juste une proie entourée de prédateurs. Emprisonnée, elle doit cacher son identité et trouver un moyen de s'évader. Mais au milieu de ce chaos, un homme mystérieux provoqu...
