Dimanche arriva avec une rapidité étonnante. C'était le jour de culte chez nous. On allait tous à l'église. Celle-ci était à une heure et demie de chez nous si on faisait le trajet en bus et environ 45 minutes en autoroute si on allait en voiture.
J'avais toujours de la misère à me réveiller le dimanche matin. Mon horloge biologique ne s'adaptait pas. Oui,je me levais tôt pour aller à l'école mais demandez-moi pas pourquoi je ne pouvais faire de même le dimanche.
Quand enfin je pus sortir de mon lit,Viviane avait déjà pris sa douche. Je m'étirai et je me dirigeai vers ma garde-robe. D'habitude je préparais ma tenue depuis la veille mais j'étais tellement épuisée hier soir avec mes études pour l'examen de psycho que j'ai pas pu le faire. Je passai en revue toutes les robes que j'avais mais aucune ne m'attirait pour aujourd'hui.
Devinez pourquoi. Kevin venait visiter mon église. À cette idée,je sentis une joie immense m'envahir. Les quelques heures qu'il allait passer dans l'enceinte de l'église étaient importantes pour moi parce que je partageais avec lui ,une partie intégrante de ma vie:ma foi. Je souris et j'attrapai une jolie robe noire avec un collier autour du cou. Il lui manquait les manches mais je savais exactement avec quelle veste j'allais la mettre. Bon c'était ça de fait. Il fallait trouver des chaussures. D'habitude,je n'aimais pas mettre des talons pour aller à l'église. Je ne supportais pas de ne pas pouvoir toucher terre quand je les mettais. Mais pour aujourd'hui ,je pouvais faire une exception. Je choisis mes plus beaux avec environ 7cm de haut et je endroits.eai devant mon lit. Ceci fait,je pris une jolie veste rose bonbon que ma mère m'avait acheté il y'a quelques mois. Je n'avais jamais eu l'envie de la mettre jusqu'à aujourd'hui. Silencieusement ,je remercie ma mère. Je décidai d'aller prendre ma douche et je ne pus m'empêcher de penser combien ma relation avec Kévin avait évolué. Suite à notre journée de "réconciliation",Kévin était d'une gentillesse infinie avec moi. Et même si je le savais parfaitement,je me demandais si cette fille que j'avais vu au cinéma était vraiment sa copine. Je voulais ignorer cette idée et chaque fois que je voyais Kévin,chaque fois qu'on mangeait ensemble ou se croisait dans le Collège,j'oubliai s'il avait une copine.
Quinze minutes plus tard,je sortais de la salle de bain avec une serviette autour de mon corps et une autre autour de mes cheveux. Pendant que je me badigeonais de lotion pour le corps,mes pensées revinrent à Kévin.
Je le découvrais un peu plus chaque jour,je découvrais ses manies comme plisser les yeux quand on lui disait quelque chose d'intéressant. Il était aussi très mature,il avait une façon fascinante de voir les choses. C'était hallucinant. Même moi qui me pensais mature pour mon âge,je ressemblais à une idiote devant lui. Je souris sans le savoir.
Il était aussi très attentionné, très serviable. J'avais envie de rencontrer sa mère pour la féliciter d'avoir élevé un fils aussi complet. Je n'avais rien à lui reprocher appart le fait qu'il lise en moi comme dans un livre ouvert. J'avais l'impression qu'il me connaissait mieux que moi-même,et cela me déroutait. S'il continuait ainsi ,il saura pourquoi je le repoussais avant.
Un bruit sur la porte de ma chambre me ramena au présent. Levant la tête, je vis entrer ma mère. Elle, qui d'ordinaire,était la dernière à être prête,était déjà sur son 31!
-Diane,tu veux y aller toute seule ou quoi?lança t-elle
-Tout le monde a fini?demandai-je en me levant de mon lit
-Oui,tu es la seule à trainer encore. Regarde-toi,tu n'es même pas coiffée. Que faisais-tu?
-Désolée maman ,j'ai dormi tard hier soir en etudiant.
J'attrapai la robe que je mis rapidement. J'arrangeai le collier autour de mon cou et ma mère monta la fermeture éclair pour moi. Je la remerciai.
-C'est aujourd'hui que ton ami vient à l'église ? questionna-t-elle
-Oui,lui dis-je
-Il vient tout seul?
Je pris ma veste et je la mis puis je fis face à ma mère.
-Je ne sais pas trop.
-Comment ça?Tu l'as invité pis tu t'es même pas assuré qu'il avait la bonne adresse et les moyens pour venir?!
Je soupirai. Ça ,c'était ma mère tout craché ! Elle s'inquiétait pour un rien. On aurait dit que Kévin était plus que ce que je lui avais dit qu'il était.
-Kévin conduit,maman et il a un GPS dans sa voiture. Je doute fort qu'il se perde,repondis-je
-Fallait me le dire plus tôt,protesta ma mère
Je lui souris. J'enlevai la serviette autour de ma tete et passai un peigne dans mes cheveux .Ensuite,je pris mes talons ,mon sac à main et nous sortîmes de la chambre ensemble. En bas,il y avait tout un remue-ménage, c'était bruyant. C'était normal,étant donné qu'on était six personnes. J'allai dans la cuisine et je lançai d'une voix enjouée:
-Alors c'est quoi qu'il y'a pour moi ?
-Vivie à fait des crêpes!s'exclama Carole la bouche pleine
-Hmmm miam miam!
J'allai m'asseoir près de Viviane qui mangeait ses crêpes sans dire un mot.
-Ça va pas?demandai-je
Elle me regarda puis sourit:
-Je pensais aux vacances,dit-elle
Je ris.
-Bon,il faudra me dire ce que t'as mis dans ces crêpes!
Elle rit à son tour. Vivianne était d'un tempérament calme mais qui pouvait devenir fougueux quand elle défendait quelque chose.
-C'est vrai que t'as un ami qui vient visiter notre église?
Je déposait trois crêpes dans une assiette devant moi et je verrai du sirop d'érable là-dessus.
-Comment tu le sais? questionnai-je
-J'ai entendu maman en parler à papa.
-Ah oui? Et qu'est-ce que papa lui a dit?
-Tu connais notre père,il n'a jamais rien à dire sur le coup.
-C'est vrai. A-t-il déjeuné?
-Oui,il est dans le salon.
-Bien,fis-je
J'aimais mon père mais personne appart ma mère pouvait savoir exactement ce qu'il pensait . Je mangeai avec appétit mes crêpes.
Quelques minutes plus tard,on était tous prêts à partir. Dans la voiture,je décidai d'écrire Kévin pour lui dire qu'on avait quitté la maison.
"Salut,ça va?On est en route pour l'église."
J'attendis sa réponse qui arriva deux minutes plus tard.
"C'est bon."
-Est-ce qu'il est en route,Diane?demanda ma mère aussitôt
-Oui il s'en vient,repondis-je
Moi et Vivianne échangèrent u regard complice puis nous sourimes.
-Qui s'en vient?demanda Carole
-Un ami à moi,dis-je
-Il s'appelle comment?
-Kévin
-Hmmm ok
Je regardai alors mon frère, Stanley qui ne disait rien. Il avait de l'allure vêtu d'un chemise longue bleue et d'un pantalon noir.
Il était assis près de moi dans l'auto et doucement ,je lui dis:
-Tu dis rien?
Il me regarda avec ses yeux gris,cadeau de sa grand-mère maternelle.
-Que veux-tu que je dise?
-Tu m'ennuies tout le temps alors...
-Ok. Ce Kévin, c'est ton copain ?
-Non,repondis-je, juste un ami.
-Sérieux?
J'acquiescai sans mot dire.
-Tu me le diras quand il le deviendra,lâcha mon frère
Sur ce,il reprit son téléphone qu'il avait lâché pour me parler. Je ne savais pas comment prendre sa remarque. Je ne voulais pas faire tout un plat mais comment expliquer à Stanley que Kévin est un ami et il ne sera jamais plus que ça. Ou du moins, je ne voudrais pas qu'il soit plus que ça parce qu'il avait une copine. Mais je ne lui dis rien. Je le tournai vers la vitre pour regarder le paysage que je connaissais par coeur. On habitait la région de Montréal, plus précisément à Laval. C'était une petite région calme à certains endroits. Moi j'aimais els endroits où il y avait de la verdure et là où nous habitions,de la verdure ,j'en avais en masse!
J'étais impatiente d'arriver à l'église. J'avais surtout hâte de voir Kévin, de lui parler,d'entendre sa voix grave et douce. Je voulais dire à mon père d'accélérer mais cette réaction aurait soulevé beaucoup de questions que j'étais pas sûre de pouvoir y répondre. Je me tus alors.
Soudain mon téléphone sonna et je pus voir que c'était un message de Kévin.
"Ça va bien,Diane et toi?"
Je souris. Et moi qui pensais qu'il m'avait oublié ou qu'il n'avait pas vu ce bout de mon message. Je mis mon téléphone sur vibration pour ne pas nuire ma famille et je lui répondis :
-Le réveil a été difficile.
-Sauf quand tu vas à l'école?
Je souris. C'était incroyable la capacité qu'il avait de me dire ce que moi j'essaie de cacher ou que j'ignore tout simplement.
-Comment tu le sais?lui demandai-je
-C'est pareil pour moi. On dirait que toute la fatigue de la semaine s'amasse dans ce jour-là,dit-il
-C'est exactement ça que je me dis,appuyai-je
-Je suis presque rendu à l'église, écrivit-il
Quoi?Déjà?Nous,on avait pas fait mi-chemin.
-T'as-tu pris l'autoroute?questionnai-je
-Oui pis avec moi,on ne niaise pas.
Je lui envoyai des petits bonhommes sourire. Il me tira la langue en retour.
Quand enfin,on arriva devant l'église. Je sautai pratiquement de la voiture. Je pris mon sac à main dans une main et ma paire de talons dans l'autre. Je pris deux minutes accostée à la voiture pour les mettre. Quand je levai la tête, je vis Kévin qui sortait d'une Toyota noire garée pas trop loin de notre voiture. Je me redresssai rapidement mais mon coeur battait déjà la chamade. Il faut dire aussi qu'il y avait de quoi être chamboulée devant moi.
Kévin portait une chemise noire qui faisait ressortir parfaitement sa peau mate,assortie à un pantalon de couleur marron. Il avait changé sa coupe de cheveux. La nouvelle le rendait sexy. Et il l'était ben raide! Quand il me vit,il s'approcha de moi en me souriant. Il en avait un si beau que j'aurais bien voulu qu'il soit à moi. Son sourire le rendait plus beau. Et ça,c'était un euphémisme.
Je répondis à son sourire. Rendu près moi,il se pencha pour déposer deux baisers sur mes joues et son parfum inconnu m'envoleppa. Ce qui m'enivra aussi. J'aimais les parfums et surtout celui des hommes et je pouvais dite que Kévin en avait un excellent sur lui.
-Arrivé depuis longtemps ?dis-je
-Hmmm une dizaine de minutes,répondit-il
Je baissai les yeux,je n'aimais pas le regard dont il me couvait. J'avais l'impression de lire quelque chose dont j'avais peur pour qu'il ne soit pas vrai.
-Elle est où,ta famille?voulut-il savoir
-Ah elle est peut-être rentrée,ils m'ont laissé t'acceuillir.
-Ton père sait que je viens?
-Oui inquiete-toi pas, ça va bien se passer.
-C'est jamais évident pour un père quand une fille invite un garçon.
-Je sais. Mais là, rentrons. Sinon c'est maintenant qu'ils vont se faire des idées.
Il me fit un clin d'œil et nous nous dirigeâmes vers l'église. Il était presque l'heure pour le commencement du service,il y avait une foule de monde qui rentrait. Parmi lesquelles, il y avait Joline avec ses frères. Quand elle vit Kévin,ses yeux s'ouvrirent tout grand. Si je ne cherchais pas quelque chose à lui dire ,j'aurais explosé de rire.
Elle quitta aussitôt sa famille et vint à la rencontre de Kévin et moi d'un pas alerte malgré les hauts talons qu'elle chaussait. Je l'appelais parfois la "fille aux talons" et ça lui allait à ravir. Ses pieds faisaient t honneur à tous les types de talons.
C'était carrément un don!
Joline sourit de toutes ses dents à Kévin puis se decida, que vu qu'il était là, ça voulait dire qu'il avait droit à deux baisers sur la joue comme le mériterait un ami. Elle les lui donna puis lanca:
-Toi aussi ! Quel surprise!
Je lançai un regard noir à mon amie pour lui signifier que je n'étais pas prête à subir ça, mais elle m'ignora royalement.
Quand je regardai Kévin,je m'attendais à ce qu'il soit crispé ou contrarié mais il était détendu,très à l'aise. Voir Joline ne l'avait nullement dérangé. Je fus soulagée mais je me demandais pourquoi.
Mais je le sus aussitôt. J'avais peur de devoir dire à Joline que la presence de Kévin ici ne representait rien. Et même si c'était la vérité, cela m'attristait,mais je ne voulais pas que Joline le sache. Je n'étais pas prête à avouer à mon amie ce que moi-même, je refusais à m'avouer.
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Celui que j'attendais...
RomantikAprès deux chagrins d'amour,Diane décida de tout faire pour ne plus tomber amoureuse. Plus question d'avoir des amis du sexe opposé, plus question de parler d'amour avec ses amies,plus de films romantiques le vendredi soir!Deux ans passèrent et elle...
