Vérités

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Je regardai Kévin dans l'espoir de m'assurer qu'il n'avait pas parlé. Mais comme s'il avait su à quel moment je m'étais retourné,il dit aussitôt :
-Pourquoi tu m'as invité ? C'est pas que je n'accepte pas le fait que tu sois moins sévère avec moi depuis quelque temps,mais je me dis aussi il y avait d'autres choix.
Je détournai mon regard. J'étais sur le point de paniquer. La réponse à sa question,je ne la connaissais pas. Quand je l'avais invité, je ne m'attendais pas à ce qu'il me dise oui et je ne m'attendais pas à ce qu'il se pointe à l'église sans sa copine. Quoi que je lui dirai allait avoir une conséquence aujourd'hui ou demain et je ne voulais pas de ça avec Kévin. Déjà que j'avais du mal à le repousser alors qu'on s'attachait un peu l'un à l'autre...
-Ton silence me rend encore plus curieux,Diane alors réponds,dit-il
-Je ne sais pas pourquoi je t'ai invité, j'avais envie que tu viennes voir mon église et je t'ai lancé l'invitation. Je ne pensais pas que t'allais accepter, repondis-je
-C'était risqué, tu sais.
-Oui.
-Comment t'as su que c'était mon genre d'aller à l'église ?
-Je le savais pas,Kévin.
-En somme,tu m'as invité sans savoir que j'étais chrétien ou pas et tu ne sais pas pourquoi.
-T'as tout compris. Je ne pensais pas que t'allais venir seul non plus.
Je le vis serrer ses longs doigts fins sur le volant. Je sus alors que quelque chose clochait.
-Pourquoi tu n'es pas venu avec ta copine?
-Pourquoi l'aurais-je fait? Tu ne l'as pas invitée, elle.
-Oui mais c'était comme si c'était fait en t'invitant.
-C'est pas trop son genre,dit-il d'une voix froide.
Je frémis au son de sa voix. Je n'aurais pas aimé qu'il parle de moi sur ce ton.
-Elle s'appelle Sandy et je n'ai pas envie de parler d'elle.
Je me tus alors,le message était clair. A présent, je ne voulais pas faire de Kévin un ennemi. Et ça me faisait sourire parce qu'avant,je tenais à ce qu'il le soit pour qu'il ne me blesse pas.
-On est encore loin?questionna t-il
-C'est à environ 15 minutes quand tu quittes l'autoroute.
-Ok. Je n'ai pas eu la chance de parler à ton frère et à tes soeurs.
-C'est pas grave,tu t'en vas chez nous. Je t'avertis tout de suite, elles sont timides alors sois pas offusqué si elles ne t'adressent pas la parole.
-Ça va aller,je pense.
Je le regardai du coin de l'oeil et je le vis sourire mystérieusement. Que manigançait-il?
-Vu que je dîne chez toi,je dois vous apporter au moins quelque chose,remarqua t-il
-Non je t'assure que ce n'est pas nécessaire.
-Moi je dis que si. Si ça ne te dérange pas, tu pourrais m'indiquer où trouver un fleuriste près de chez toi.
-Mais pourquoi faire,Kévin ?
-Contente-toi juste de me dire où c'est sinon je finirai par le trouver.
Je soupirai.
-D'accord. Il y'en a un juste après que tu aies quitté l'autoroute sur ta gauche.
-T'es adorable quand t'es gentille.
Je rougis et je regardai par la fenêtre pour qu'il ne le vit pas. J'avais les joues brûlantes et ce n'était qu'un banal compliment. On aurait dit que j'en avais jamais reçu!Mais je devais qu'avouer que celui de Kévin était spécial parce qu'il venait de Kévin...
On quitta l'autoroute et je montrai à Kévin la route de la direction du fleuriste. Il se gara et éteignit l'auto puis se tourna vers moi. Je me sentis soudain à l'étroit dans la voiture. Son parfum d'homme m'énivrait et j'eus du mal à avoir les pensées claires. Il me regarda en souriant et me demanda:
-Quelles sont les fleurs préférées de ta mère?
J'ouvris grand les yeux et je secouai négativement la tête.
-Je ne sais pas trop.
-Ok c'est pas grave. Reste ici,je reviens bientôt.
-Je n'avais pas l'intention de bouger mais fais vite.
-T'es pas la patience incarnée, toi!lança t-il en sortant de l'auto
Je souris et je ne pus m'empêcher de le regarder qui s'éloignait. Ce n'était pas juste qu'il soit aussi élégant de dos que de face. Et en plus de ça ,je le trouvais de plus en plus surprenant. Je ne pensais pas qu'il était quelqu'un à acheter des fleurs pour la mère d'une amie. Cette Sandy en avait de la chance et j'espérais qu'elle le savait.
Je regardai dehors par la vitre les passants qui se dirigeaient tous vers le fleuriste. Et je laissai mes pensées vagabonder. Depuis Troy,je n'avais plus présenté de garçon à ma famille que ce soit comme ami ou plus que ça. Kévin était le premier depuis plus de deux ans et ça,il ne le savait pas. J'avais envie de raconter ma rencontre avec Kévin à Troy mais j'avais peur qu'il le prenne mal même après ces années... On ne parlait pas si souvent que ça non plus pour lui annoncer une nouvelle pareille. Il n'avait plus remis les pieds à Montréal . Chaque fois que je lui demandais la raison,il me répondait la même affaire : il était trop pris avec ses études. Je voulais bien le croire mais je trouvais cela quand même bizarre qu'il ne soit pas venu quand son père a failli mourir d'une crise cardiaque. Mon instinct d'amie me disait que mon ami passait par une sale période dans sa vie et je n'étais pas assez courageuse pour lui rappeler que j'étais là pour lui. Alors il était hors de question qu'il apprenne pour Kévin.
Pour ce qui était de Max,plus aucune nouvelle depuis des années et j'avoue que ça ne me fait ni chaud ni froid. J'avais fini par comprendre qu'il fallait qu'il parte et que Troy fasse de même pour que je réalise que je n'avais pas encore trouvé le bon.
Je passai une main dans mes cheveux et je pris mon téléphone pour écrire à Vivianne.
"Vous êtes rendus ?"
Je regardai vers l'entrée du magasin mais il n'y avait aucune trace de Kévin qui en sortait. Je commençais à avoir un peu froid. L'hiver s'en venait. Même aujourd'hui avec les 11 degrés celsius, on se croirait déjà en plein dedans. Je resserrai les pans de ma veste et je croisai les bras. J'espérais que Kévin n'en avait plus pour longtemps. Mon téléphone vibra et j'ouvris le le message de ma soeur d'un trait:
"On y est presque. Vous êtes , vous?
" Tout près de chez nous. On s'est arrêtés pour acheter quelque chose."
La réponse de ma soeur ne se fit pas attendre.
"Comme quoi?"
"C'est Kévin qui achète, pas moi."
Je souris devant la curiosité de ma soeur ,à sa place,j'aurais voulu savoir moi aussi.
"Il semble être gentil." dit ma soeur
Je souris à nouveau et je répondis :
"C'est vrai."
À ce moment, la portière avant du côté de Kévin s'ouvrit et un air froid pénétra dans la voiture. Mon ami avait le visage caché par un gros bouquet de fleurs. Je ne pus dire de quel genre parce que je n'avais pas une grande connaissance des fleurs sauf pour les roses et celles-là ne l'étaient pas. Kévin les déposa avec délicatesse en arrière de la voiture. Je souris parce qu'il agissait comme si elles étaient précieuses.
-Ce ne sont que des fleurs,tu sais,remarquai-je avec un sourire ironique
Il me tira la langue en mettant sa ceinture et dit:
-Je sais.
-C'est quoi que t'as choisi?
-Des marguerites!
-Hmmmm ça sent bon en tout cas.
-Merci. Tu penses qu'elle les aimera? questionna-t-il en démarrant
-Même si ce n'est pas le cas,elle appréciera le geste.
-C'est gentil de dire ça.
-De rien. C'est surtout très gentil de ta part.
-Il sont rendus où ?
-Vivie dit qu'ils sont presqu'arrivés.
-Vivie?
-C'est ma soeur.
-Celle qui ressemble à ton père?
Je le regardai et je lui souris.
-Oui c'est ça.
-Tu vois,je suis très observateur.
-Ah oui?Qu'as-tu pu observer d'autre ?
-Ton autre soeur est le portrait craché de ta mère.
-Elle s'appelle Carole et c'est bien vu,elle ressemble à ma mère.
Je me mis à pianoter sur mon téléphone pensant qu'il avait fini de parler mais il continua en disant:
-Quand t'es nerveuse,il y'a ton pied gauche qui frappe le sol.
Surprise ,je faillis lâcher mon portable mais je me repris et je le serrai dans ma main. Je me tournai vers Kévin et lui aussi me regarda un moment en souriant avant de regarder la route.
-Alors c'est où ? fit-il
Déboussolée, je mis un moment avant de répondre.
-C'est sur ta droite ,le numéro 42768.
Il tourna sans dire un mot me laissant dans ma torpeur. Comment avait-il pu voir ça?!J'étais la seule au courant de cette manie que j'avais à battre du pied quand j'étais stressée ou nerveuse. Et j'avais pris soin de ne pas le laisser paraître mais à présent,je savais que c'était pas gagné, Kévin ,lui avait fini par le découvrir et avec uen facilité étonnante.
Nous arrivâmes devant ma maison. Je vis la voiture de mon père ,ce qui me prouva que tout le monde eetait déjà là. J'enlevai ma ceinture de sécurité et je proposai à Kévin de l'aider pour les fleurs mais il refusa.
-Va ouvrir la porte de préférence,dit-il
-D'accord
Je sortis de la voiture. Et j'allai l'attendre devant la porte d'entrée. Je la lui ouvris avec les clés et le laissa passer avec son énorme bouquet de fleurs. Je souris parce que je pouvais déjà imaginer la tête de ma mère devant ces fleurs.
-Ah les voilà!s'exclama t-elle en venant à notre rencontre
Elle s'arrêta nette quand Kévin lui tendit le bouquet en disant:
-C'est pour vous. Je voulais vous remercier de m'acceuillir chez vous.
Les mains tremblantes ,ma mère prit le bouquet et regarda mon ami avec les yeux bués.
-Merci, c'est vraiment très attentionné de ta part,Kévin.
Une larme s'échappa de ses yeux noisettes qu'elle essuya vivement avant de me lancer :
-Diane,va te changer et mets la table. Tout est déjà prêt.
-Oui maman, repondis-je
Ma mère partit avec son bouquet,émue. Kévin avait touché son cœur. Après le départ de ma mère, il se retourna vers moi,inquiet.
-Tu crois que ça lui a fait plaisir?!
-T'es aveugle ou quoi?
-Mais elle a pleuré, insista t-il
-Oui ,de joie!
Il parut soulagé et je le regardai bizarrement avant de secouer la tête.
-J'arrive,je vais me changer.
-D'accord.
-Mets-toi à l'aise,le salon est par là. Je reviens vite.
Je le laissai sur le pas de la porte du salon et je montai à l'étage pour me changer. Je voyais encore le regard ému de ma mère quand elle avait vu et pris le bouquet. Je ne pouvais le supporter parce que je devais lui  dire ,tôt ou tard, que Kévin n'était pas fait pour moi. Il avait quelqu'un d'autre. Et dire aussi à Kévin d'arrêter d'user de son charme parce que cela ne présageait rien de bon...

Celui que j'attendais...Des histoires addictives. Découvrez maintenant