xii.

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lundi 11 décembre,
les mains dans les poches,
les yeux brillant comme de l'ambre,
j'avance et je tourne à gauche.

xavier, lucien, charlotte et myrtille,
une clope à la bouche les yeux baladeurs,
contemplant l'aube et ses reflets jonquille,
écoutant les cris des oiseaux voyageurs.

je les rejoint, les doigts congelés,
je m'assois sur le rebord en pierre,
une fois ma cigarette allumée,
je me mets à penser à hier.

à corentin et à son visage d'ange,
à violaine et à sa silhouette parfaite,
à louise, à caroline, à léon, tout se mélange,
à mon reflet et à sa mine effrayante.

je mets mon sac sur mes genoux,
j'en sors mon fidèle carnet de dessins,
je descends du muret et m'assoies dans les cailloux,
je commence à modifier l'horizon du matin.

je trace,
je gomme,
je froisse ;
un homme.

il se balade sur le sable frais,
les pieds nus, les sandales à la main,
il s'arrête comme chaque matin,
il regarde au loin comme pour s'échapper.

je pose mon crayon à papier,
je sors mon appareil photo,
je prends rapidement un cliché,
oh, qu'il est beau.



premier polaroïd

NyktóviaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant