Chapitre 3 - Nocturne à Brooklyn

3 1 0
                                    

Il est deux heures du matin. Je prends un taxi en direction du centre-ville de Brooklyn pour récupérer les loyers. Je touche mon collier-espion, rassurée par sa simple présence.

Cet endroit est miteux, c'est le moins qu'on puisse dire. Très vite, un jeune individu s'approche de moi, suivi d'un autre, probablement bien plus expérimenté.

- Salut, moi, c'est Jason. On va bosser ensemble.

Jason a l'air gentil, bien que clairement sur les nerfs. L'autre homme est abrupt et professionnel.

- Et moi, Antonio. Allons-y.

Je lève les yeux sur Jason, comme pour dire "qu'est-ce qui presse tant ?". Jason hausse les épaules, apparemment prêt à suivre les directives aveuglément.

- On a beaucoup de boulot ce soir.

Je me mords la lèvre pour cacher mon dégoût. "Avoir du boulot" pour les Occulti signifie commettre les crimes que j'ai passé ma vie à combattre.

Antonio nous conduit, Jason et moi, à une voiture plus qu'ordinaire. Idéal pour ne pas se faire repérer ! Il prend le volant.

Jason et moi sommes assis à l'arrière. Antonio n'est pas du genre bavard... Contrairement à Jason. En parlant autant, Jason va finir par paraître suspect aux yeux d'Antonio. Je ne veux pas que ça me retombe dessus ! Tant pis pour les informations qu'il pourrait me donner.

- Alors, tu es nouvelle ? Je ne t'ai jamais vu dans le coin.

- Ouais, j'ai été intronisée hier.

- Tu as déjà rencontré Maccini ?

Je contiens ma surprise, affichant un visage des plus neutres. Maccini m'a intronisée personnellement. Mais, apparemment, j'ai eu droit à un traitement de faveur...

- On s'est rencontrés, oui.

Jason frissonne, la peur envahit ses traits. Ses yeux se tournent vers Antonio.

- Ce mec est si... froid. Pour lui, ses objectifs passent avant tout. Quoi qu'il arrive.

- Ouais, il semble très investi. Est-ce qu'il a une vie en dehors de ça ?

- Comment ça ? Genre de la famille ? Pas que je sache.

- Même pas une petite amie ou un copain ?

Je dois en apprendre plus sur sa vie personnelle, rien ne filtre de ce côté-là.

- Oh, il aime les femmes. J'en ai croisé plus d'une. C'est un vrai séducteur !

Mon cœur se serre.

- Oh ? Donc personne de spécial ?

- Les Occulti sont les seuls qui lui importent. Ses conquêtes durent rarement plus d'une nuit.

- Tu le vois souvent ? Maccini, je veux dire.

- La famille organise des repas pour les grandes occasions où joue ensemble aux cartes."

Je lui lance un regard interrogateur. Contrairement à tous ceux que j'ai rencontrés jusqu'ici, Jason n'a pas l'air italien...

- C'est quoi, ton histoire à toi ? Comment tu as atterri chez les Occulti ?

- Je ne suis pas de ce monde... Mais j'ai eu des problèmes financiers, ils prennent soin de moi. J'ai une dette en gros.

Ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais !

Mais avant que je puisse en demander plus, Antonio se retourne.

- Hé, vous êtes des Occulti, pas des journalistes people. Agissez en conséquence.

À la vie, à la mortOù les histoires vivent. Découvrez maintenant