Lorelai Meyer
Le soleil, sans gêne, m'oblige à ouvrir les yeux. Je m'étire, encore engourdie par le sommeil, puis me tourne sur le côté. Keilyn dort toujours profondément. Son visage paisible contraste avec les rayons insistants qui percent à travers les rideaux mal tirés.
Je cherche mon téléphone, je le trouve et le prend. Il est 6h30. Mon réveil devait sonner dans une demi-heure... Tant pis. Autant me lever maintenant.
En glissant sur l'écran, plusieurs appels manqués de ma mère apparaissent. Merde. J'ai oublié de la prévenir que je dormais chez Keilyn. Super. Encore une fois, j'ai réussi à aggraver mon cas.
J'essaie de ne pas y penser, histoire de ne pas me pourrir la journée dès le matin.
Je rejoins la cuisine en silence et me prépare un chocolat chaud — oui, je déteste le café. J'ai pourtant essayé des dizaines de fois de l'apprécier, en me convainquant que, peut-être, ce serait différent cette fois. Mais non. Rien à faire.
Je lève les yeux vers la fenêtre : madame Oliver est rentrée.
Je retourne dans la chambre et me penche sur Keilyn.
— Marmotte, debout...
Je la secoue doucement. Elle fronce les sourcils.
— Laisse-moi dormir...
Je soupire. Réveiller Keilyn, c'est un défi qui est difficile a relever. Depuis toujours, il lui faut au moins dix heures de sommeil pour être en forme.
En observant le bazar qui règne dans sa chambre — inhabituel chez elle — une idée me traverse l'esprit. Je recule, prends de l'élan, et lui saute dessus.
— Debout là-dedans !
Elle roule sur le côté tandis que j'éclate de rire, allongée sur le lit. Elle finit par se lever et commence à me crier dessus.
— Chut ! Tu vas réveiller ta mère. Et puis... il est passé où, ton sens de l'humour ?
Je me sauve dans le couloir.
— Dans ton cul, Rory ! réplique-t-elle en me lançant un regard noir.
— T'es vraiment pas du matin, hein...
Je ris en la voyant débarquer, les cheveux dans tous les sens.
Elle me rejoint dans le salon. Je lui tends sa tasse. Elle me remercie et s'installe avec moi sur le canapé.
— Attends... t'étais passée où, hier soir ? demande-t-elle en me dévisageant.
— Dans le jardin. J'avais un peu chaud.
Elle fronce les sourcils.
— Chaud... en plein hiver ? Moi j'ai gelé toute la nuit !
— J'ai remarquer, figure d-toi que tu as pris toute la couverture. Et tu t'es endormie devant le film, je te rappelle.
— J'étais épuisée... désolée.
Je ne sais pas pourquoi je lui ai menti. C'est sorti tout seul. Ce n'est pas si grave, si ? Elle n'a pas besoin de tout savoir. Ce n'était pas important.
Je me lève pour déposer ma tasse dans l'évier.
— Tu ferais bien d'aller t'habiller, dis-je.
Elle me dévisage.
— Toi non plus, t'es pas prête.
— Ouais, mais moi, je ne mets pas trois heures à me pomponner. Alors grouille.
— J'y vais, j'y vais !
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Je m'observe dans le miroir de la salle de bain. J'ai emprunté des vêtements à Keilyn et, je dois l'avouer, je me suis fait plaisir : une veste en velours bleu navy Juicy Couture, un jean large, ceinture de strass. Un trait d'eye-liner — mon indispensable —, quelques touches de maquillage, les cheveux lissés, un peu de parfum. Fin prête.
Je jette un œil à l'heure. On n'est pas en avance...
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SEVEN
RomanceLorelai Meyer n'est pas celle que l'on croit, elle se cache derrière la façade d'une fille froide et distance pour se protéger d'elle-même. Derrière son regard de glace et son silence se dissimule un chaos intérieur qu'elle peine à maîtriser. Elle a...
