Lorelai Meyer
-Et que pensent tes parents de tout cela ?
Mes parents ? Certainement pas grand-chose. Leur fille est loin d'être leur priorité.
— Je ne sais pas vraiment, murmurai-je.
Je perçois le soupir discret de ma psychologue, suivi du bruit de froissement qu'émet son fauteil alors qu'elle se redresse.
— Lorelai, ce n'est pas une réponse. Nous en sommes à notre quatrième séance, et je n'ai encore jamais obtenu de véritable réponse de ta part... Il va falloir avancer.
Avancer... comme si j'avais demandé à être ici. Dans ce bureau ou j'ai l'impression d'être prisonniére, sur cette chaise que je hais. Mes chers parents ont décrété que j'avais un problème. Devant le directeur, ils ont soudainement enfilé leurs masques de parents modèles. Résultat : me voilà face à une femme dont j'ignore tout, contrainte de déballer une vie que je préférerais taire, simplement parce que mes professeurs estiment que quelque chose cloche chez moi.
— Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? soufflai-je, fatigué.
— Écoute Lorelai, si tes professeurs et tes parents m'ont contactée, c'est pour une raison.
— Ah oui ? Et laquelle ? Parce que moi, je ne l'ai toujours pas découverte. Vous pensez tous que le problème, c'est moi. Mais si vous aviez vraiment pris le temps de parlé avec mes parents, vous sauriez que je ne suis pas la seule à mériter ce foutu fauteuil.
Je me lève brusquement. Je n'attends pas sa réponse. Je tourne la poignée et quitte la pièce à grand pas, le résonnement de sa voix me suivant dans le couloir, m'implorant de ne pas fuir.
Mais je fuis quand même.
Le mois de novembre a déjà saisi la ville dans son étreinte glaciale. Et comme une idiote, je suis sortie ce matin sans veste. Moi qui suis frileuse... Je n'ai pourtant pas le courage de rentrer chez moi tout de suite. Alors je m'installe sur un banc, seule, à regarder les arbres danser dans le vent et les feuilles tomber une à une comme si la faucheuse étaient venu les cherchers.
Octobre, novembre, décembre... Mes mois préférés.
J'aime l'automne. J'aime l'hiver. Chaque année, j'attends Halloween et Noël avec une impatience presque enfantine. Mais cette année, Halloween a pris un goût amer. La soirée a viré au cauchemar. Un tour au poste de police, un rendez-vous avec le directeur, puis ce fameux siège chez la psy.
Comme si tout cela était de ma faute.
Le froid finit par m'arracher à mes pensées. Je décide de rentrer. À contrecœur. Mme Brown a sûrement déjà prévenu ma mère...
Le chemin du retour est court, mais l'air glacial me glace les bout des doigts. Je frotte mes mains l'une contre l'autre, essayant vainement de les réchauffer.
Arrivée devant la maison, je marque une pause. Je ferme les yeux un instant, le cœur un peu trop lourd. Puis j'ouvre la porte en espérant me faire discrète.
Peine perdue.
— Lorelai Meyer ! Tu vas me faire le plaisir de venir t'expliquer tout de suite !
C'est reparti...
— Je suis là, soupirai-je en me dirigeant vers la cuisine.
— Plus vite que ça ! cria-t-elle, déjà à bout de nerfs.
Je m'approche, la gorge nouée.
— Mme Brown m'a appelée aujourd'hui. Elle s'inquiète pour toi. Il paraît que tu t'es enfuie de son bureau ! Tu pourrais au moins éviter de te faire remarquer ! Tu rends les choses déjà bien assez compliquées comme ça !
— Tu aurais dû lui dire de ne pas s'en faire pour moi, répliquai-je, le ton piquant d'ironie.
Elle ne rit pas. Bien au contraire.
— Ça te fait rire ? Tu trouves ça drôle d'être une incapable ? D'attirer les problèmes ? D'être une honte pour ta famille ? Tu ne pourrais pas, pour une fois, être un exemple pour ton frère et ta sœur ?
— Tu sais bien qu'il ne faut pas trop m'en demander, lançai-je blesser.
Elle me fusille du regard. Sur le point de répliquer, mais je la devance.
— C'est bon, t'as fini ? Je monte. Ne m'attends pas pour dîner.
Je gravis les escaliers deux à deux. Sa voix claque encore derrière moi :
— Sale gamine !
Arrivée devant ma chambre, je sors ma clé. Je préfère toujours la fermer, juste au cas où. On ne sait jamais, avec cette famille.
Même si je n'ai rien cacher je ne supporte pas l'idée que quelqu'un viole mon intimiter.
Je m'allonge sur mon lit, le souffle court, les pensées embrouillées. Je ferme les yeux.
Peut-être que demain sera un peu moins pire. Je retourne au lycée après ma suspension temporaire. Qui sait ? Peut-être que ça signe un nouveau départ...
Je croise les doigts.
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Hi sweeties,
Voici le prologue de SEVEN, J'espère qu'il vous a plu !
J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, et j'espère qu'il vous plongera un peu dans l'ambiance de l'histoire. N'hésitez pas à me faire part de vos retours, remarques ou corrections — tout est bon à prendre pour m'améliorer !
Passez une belle journée,
Xoxo 💋
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SEVEN
RomansaLorelai Meyer n'est pas celle que l'on croit, elle se cache derrière la façade d'une fille froide et distance pour se protéger d'elle-même. Derrière son regard de glace et son silence se dissimule un chaos intérieur qu'elle peine à maîtriser. Elle a...
