Lorelai Meyer
— Tu as bien compris ce que tu dois faire ?
Je hoche la tête, sans vraiment savoir si c'est le cas. Cela fait dix minutes que je suis Maddy à travers les couloirs — elle est minuscule, mais qu'est-ce qu'elle est rapide ! Moi qui me suis toujours sentie petite à côté des autres, pour une fois, je suis la plus grande. Pas de beaucoup, mais tout de même... Une victoire pour moi même.
— Oui, je crois...
— Parfait. Je ne serai jamais bien loin. Les vestiaires sont un peu plus loin, va te changer.
Elle me désigne un couloir sombre du doigt, avant de disparaître sans un mot de plus. Je m'y engage, les murs de bois me donnant l'impression d'avancer dans un vieux tunnel lugubre.
L'éclairage est presque inexistant. J'ouvre une porte au hasard, un peu à l'aveugle, priant pour que ce soit la bonne.
Chance. Ce sont bien les vestiaires.
Là, la lumière est vive, presque trop. Je pose mes affaires dans un coin, mon regard balayant la pièce. Sur un banc est posée une tenue rouge soigneusement pliée. Je la déplie lentement.
Une jupe. Un petit haut assorti. L'ensemble a tout d'un uniforme de cheerleader.
Sérieusement ?
Je me change à contrecœur, tirant sur le tissu comme pour l'apprivoiser, puis je sors de la pièce et me dirige vers le bar où Maddy s'affaire, prenant des commandes d'un ton vif
Je me sens vraiment peu a l'aise dans cette tenu...
— Enfin prête ? lance-t-elle sans me laisser le temps de répondre. Parfait. Attache-toi les cheveux, tu vas aller aider en cuisine.
— D'accord, mais... je n'ai rien pour les attacher...
Elle pousse un soupir exaspéré, fouille dans la poche de son tablier et me tend un élastique.
Sans attendre, elle s'éloigne. Je lève les bras et commence à m'attacher les cheveux tant bien que mal, les doigts maladroits. Puis, un peu nerveuse, je franchis la porte des cuisines.
Là, l'atmosphère est encore plus chargée : bruits de casseroles, effluves d'épices, chaleur moite. Je me sens perdue, déplacée, cette situation me rend anxieuse.
Une voix familière perce le tumulte. Je la suis.
Nathan.
Je le trouve en train de raconter une histoire à un couple, visiblement captivé. Quand il me voit, il bondit presque de joie et m'attrape par les épaules.
— Richard, Martha, voici la fille qui va travailler ici !
Le couple me sourit avec chaleur.
— Lorelai. Lorelai Meyer, dis-je en leur tendant la main.
Martha est la première à réagir.
— Quelle jolie jeune fille !
Je rougis immédiatement, la remercie d'un murmure, puis serre la main de son mari.
— Maddy m'a envoyée ici, mais je ne sais pas trop ce que je dois faire...
— Martha va t'aider pendant que je termine le ragoût, répond Richard sans lever les yeux de sa marmite.
Martha acquiesce, me fait signe de la suivre.
— Je vous accompagne ! s'exclame Nathan avec entrain.
VOUS LISEZ
SEVEN
عاطفيةLorelai Meyer n'est pas celle que l'on croit, elle se cache derrière la façade d'une fille froide et distance pour se protéger d'elle-même. Derrière son regard de glace et son silence se dissimule un chaos intérieur qu'elle peine à maîtriser. Elle a...
