20- Tourmants de la nuit

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AÏDEN

Un regard froid, une carrure imposante, c'était la première fois que je voyais mon oncle. Pourquoi mes parents m'avaient-ils laisser chez lui? Un parfait inconnu qui ne m'était pas si étranger finalement.

Putain Aïden dors.

"Vient par là petit, je vais te montrer comment devenir un homme et comment rendre fière tes parents".
Si seulement j'avais su qu'après cette phrase, ma vie serait une descente aux enfers.

Arrête d'y penser.

"Devenir un homme", c'était son prétexte pour me faire du mal. Et je gobais ce mensonge comme un con. Ce n'était pas comme ça qu'on devenait un homme.
La douleur du courant électrique, la douleur des coups, des armes blanches, des morceaux de fer, un supplice? À l'époque ouais. Ce n'était aujourd'hui à mes yeux que de futiles caresses.
C'était pour me rendre plus fort.

Mon cul ouais.

Je me retourne dans mon lit pour la énième fois, la nuit était affreusement longue, longue et interminable. Ce supplice était interminable. Ces souvenirs étaient mon supplice interminable.
Pourvu que le soleil se lève.

Dorothea Marker.

Putain.

"Tonton, où sont mes parents? Je veux rentrer."
"Ils ne reviendront pas petit".

Pathétique, tu étais pathétique Aïden.
Pour ma défense, j'avais seulement 9 ans.

"Tu ne voudrais pas décevoir tes parents Aïden, n'est-ce pas?"
Son regard pleins de vices..une horreur.
"Non non, bien sur que non"
"Alors fait le"
Ça allait me faire mal, mais je voulais pas décevoir papa et maman, je voulais devenir un "homme" comme il le disait si bien.

Il ne t'as pas fait devenir un homme, il t'a juste détruit, c'est tout.

Mes souvenirs me hantaient plus qu'autre chose et ça commençait à me faire complètement vriller. La revoir m'avait replongé dans mes peines que j'esseayait d'étouffer du mieux que je pouvais.
Je me suis redressé, tout mes membres étaient crispés, tendus, il fallait que je me calme. Il fallait que j'oublie. Je n'avais pas encore sombré dans mes souvenirs les plus profonds et il ne fallait pas que je le fasse, il ne fallait absolument pas que ça arrive, et encore moins avec la jolie Iris dans la chambre à côté.

Putain Iris..ouais c'est ça, Iris, c'est elle la solution.
Je m'en voulais. J'ai essayé de résister, je ne voulais pas que se soit elle. Je voulais m'en passer, mais putain elle me rend complètement dingue. Elle avait ce putain de pouvoir sur moi, et ça me foutait les boules.

C'était compliqué mais j'arrivais à me calmer rien qu'en sa présence, ses mots ou son touché. Et de ce que j'ai put voir c'était pareille de son côté, je lui faisait le même effet. J'aurais pu me venter, me dire que la fille du bosse a le béguin pour moi, que j'avais réussi à la faire craquer et tout ce qui va avec.

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