47. Dernière lettre

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Bonjour Camille,

Il est peut être temps que je te réponde en lettre aussi. C'est incroyable à quel point tu me manques, à quel point, tu étais et es peut-être toujours, une partie de moi. Tu possèdes mon entière majorité, tu possèdes tous les jours ou presque, sur lesquels j'ai pu me prononcer adulte, et pourtant, tu ne fais plus partie de ma vie, vie d'adulte.

Aujourd'hui, ça fait presque trois mois lorsque je t'écris cette lettre, que tes larmes se sont mélangées à la pluie. Je revis encore ce moment, ce moment où tu m'as vu, tu as souris, puis, avant même que je ne dise un mot, a transformé ton visage de joie à tristesse.

Si je dois être honnête, et je le suis, tu me manques, manques tellement, peut-être pas tous les jours, peut-être pas de toutes les manières, mais ton reflet de trouve dans chaque recoin de ma vie, puisque tu en as fais parti, tu en as fait ce qu'elle est.

Pourtant, je t'ai blessé, tellement, tellement blessé. Combien de fois j'ai vu tes larmes ? Combien de te fois je t'ai entendu pleurer, sangloter dans mes bras ? Je t'ai blessé de mille manières et certaines dont tu ne connais peut-être même pas les fins.

Je t'ai autant blessé que je t'ai aimé. Et j'ai beaucoup pensé à la raison pour laquelle je suis partie, et je pense que je n'étais pas sur la bonne.

Je t'aimais encore, je t'aime encore, je t'aime d'une manière, juste différente. Je t'aime d'une manière si pure, si forte, si douce, qu'elle fait partie de moi. Mais je ne suis pas capable de prendre soin de cet amour.

J'ai piétiné le plus beau cadeau que tu m'aies jamais offert: ton cœur. Je n'ai pas réussi à prendre soin de toi de la manière dont j'aurai dû, j'aurai voulu, j'aurai souhaité faire. J'ai été toxique, j'ai été méchant et j'ai été horrible. Je me suis choisi à chaque coin de rue, à chaque moment, et je ne pense pas avoir réussi à faire les efforts, à faire le quart de ce que tu as fait, dans notre relation.

Mais, quand je regarde Doctor Who, quand je regarde cet épisode de 911 que l'on avait regardé chez tes grands-parents, quand je regarde mes livres, je ne pense qu'à toi.

Tu hantes mes jours, comme tu hantes mes nuits. Je ne suis pas triste quand je pense à toi, je ne regrette pas ce dernier choix, je suis seulement, horripilé par mes mots, mes choix, mes actions, dégoûté des manières dont je t'ai traitée et j'aimerai repartir au premier jour, pour t'aimer comme il l'aurait toujours fallu.

Revivre nos moments, revivre nos sourires, nos premières fois. Apprendre vraiment comme t'aimer. Parce que, je ne mentais pas lorsque j'imaginais un futur avec toi. Je le voulais, plus quelque que tout au monde. Même si j'avais peur que celui ci soit des plus torturer, je le voulais.

Je pense que si j'avais été légèrement différent, si je n'avais jamais fumé, si je n'avais jamais été si cru, si violent avec mes mots, peut-être, qu'aujourd'hui nous serions le plus beau, le plus sain des couples. Seulement aujourd'hui, nous faisons partis des épaves de 2023.

Tu étais et restes ma meilleure amie, celle qui je pense, peut me comprendre à mes moindres réactions. Celle qui a connu chacun de mes mots, de mes sourires, de mes discours. Tu es celle qui possède la plus grande partie de moi, celle qui possède la plus grande partie de ma personnalité.

Tu as capturé une version de moi, comme une version de toi, vit à présent à mes côté. Quand je suis dans mon lit, j'entends encore « Tickle war », quand j'entends le mot « again », je n'entends que la manière dont tu le dis, quand je me réveille le soleil qui passe à travers mes rideaux dans les yeux, je repense à tous ces matins, ou ton visage était la première chose que je voyais.

Mon dieu ce que tout ça me manque, les nuits avec toi, les rires, les sourires, les engueulades, les regards, les milles manières dont je t'ai goûté.

Les façons dont on a découvert nos corps. Il a tant de chose que je ne pourrai énumérer, et toutes sont les petites et grandes choses qui font de toi, la personne la plus importante de ma vie. Mais je dois te laisser partir. Parce que je ne sais pas t'aimer comme il le faut.

Je dois travailler énormément sur moi, pour ne serait-ce que y arriver un jour. Mais j'ai brûler trop de morceau de ta peau, pour prétendre la toucher un jour.

Je t'ai menti, je t'ai caché des choses et je n'aurai jamais dû. J'ai choisi de me comporter comme celui que je pensais devoir être, alors que je ne devais qu'être moi-même. J'ai été lâche, j'ai été moche et j'ai été indigne, de ton amour.

J'aimerai tant un jour te revoir et que l'on puisse faire partie de nos vies respectives, mais la vérité, c'est que je sais très bien que si demain toi tu te remets, moi je n'y arriverais jamais.

Je serai toujours faible face à toi, et faible avec toi.

Je n'arriverai jamais à être la personne qu'il te faut et, s'il te plaît, ne me laisse pas plonger à nouveau dans tes yeux, sinon je ne pourrai plus jamais en sortir.

J'espère tout de même, que d'ici quelques mois, nous pourrons simplement avoir une dernière discussion, que ma dernière image de toi, ne soit pas tes larmes parmi la pluie.

Au revoir Camille, j'espère ne pas t'avoir plus blessé avec cette lettre.

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