Chapitre 5

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Il reste seul sur ce lit pendant trois jours et trois nuits, ressuscitant tel Jésus, à la seule différence que lui n'est jamais mort. Pendant ces jours et ces nuits, Dieu seul sait les pensées exécrables que ce petit marcassin a ruminé dans sa caboche.

Au matin du troisième jour, le curé du village vient prendre des nouvelles de la pauvre mère. Ce curé, qui avait pris l'habitude de culbuter la mignonnette en cure, se dit que la place devait être libre à nouveau.

En ce siècle, dans ces campagnes reculées de la France profonde, le curé est souvent le premier représentant de Satan. Ivrogne, paillard et illettré. La bure retroussée à la moindre occasion, le cierge dressé.

C'est donc lui, Jérôme Broussard, curé de son état, qui trouve l'enfant à côté du corps roidi de cette pauvre Marie Trapu, née Marie Bourloute.

Alors bien sûr, vous vous dites. Alléluia, voilà l'enfant sauvé. Que n'ira-t-il dans quelques douillets orphelinats, nourri, logé et instruit par un jésuite. Je le sais, je l'entends.

Je vous réponds, taisez-vous, imbéciles. Et écoutez cette histoire.

L'horrible histoire d'Emile TrapuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant