L'ultime trahison
Le monde est vraiment un mystère, pour si peu, il change. Je m'appelle Amandine. Ma vie prit une autre tournure lorsque je suis devenue aveugle en l'espace d'une seconde. Voici mon histoire, celle d'une innocence perdue, d'un amour trahi et d'une vengeance implacable.
J'étais au lycée, encore une jeune fille insouciante, ne cherchant qu'à réussir mes études et à plaire à mes parents. Je vivais une vie calme, sans grande aventure, jusqu'au jour où je rencontrai Carlos.
Carlos, ce jeune homme aux vêtements usés, aux chaussures délabrées et aux yeux remplis de rêves. Il ne venait pas d'une famille riche, loin de là. Son père était un ouvrier, et sa mère, une femme dévouée mais discrète, travaillait comme couturière. Sa sœur, Julie, était dans ma classe. C'est d'ailleurs par elle que j'ai appris à le connaître, sans pour autant m'en rendre compte.
Un jour, après les cours, Julie me prit à part.
— Amandine, tu sais... Carlos t'admire beaucoup.
Je ris, pensant que c'était une blague. Mais elle n'avait pas l'air de rigoler.
— Il n'arrête pas de parler de toi à la maison. Il trouve que tu es intelligente, belle et drôle.
Je la fixai, choquée, ne comprenant pas bien.
— Carlos ? Mon ami ? Pourquoi ne m'a-t-il pas dit ça lui-même ?
Julie haussait les épaules.
— Tu sais, il n'ose pas. Mais il aimerait vraiment que tu lui parles davantage.
Il m'avait observée sans que je ne le sache, et j'avais été totalement inconsciente de ses sentiments.
Quelques jours plus tard, Carlos vint m'aborder timidement, ses yeux fuyant les miens. Il était plus nerveux que d'habitude. Je le trouvais charmant, mais je n'avais jamais envisagé de le voir sous un autre jour. À mes yeux, il était juste un ami.
— Salut, Amandine... J'ai quelque chose à te dire, commença-t-il, la voix tremblante.
Je le regardais avec étonnement, n'ayant aucune idée de ce qu'il allait dire.
— En fait... Je t'aime. Depuis longtemps. Je sais que tu pourrais me trouver bizarre, mais c'est la vérité.
Je restai bouche bée, abasourdie.
— Tu... tu m'aimes ?
Il hocha la tête, une lueur d'espoir dans ses yeux.
Je le regardai, me sentant prise dans un tourbillon de confusion. Et c'est là que je pris une décision. Une décision que j'aurais regrettée bien plus tard. Je partis raconter tout cela à ma mère, cherchant son soutien, espérant sa bénédiction.
Ma mère avait toujours eu des attentes élevées pour moi. Elle voulait que je sois parfaite, que je me marie avec quelqu'un de prestigieux, qu'il ait de l'argent et un avenir bien tracé. Carlos n'était certainement pas le type d'homme qu'elle envisageait pour moi.
Quand je lui racontai mon coup de cœur, elle me fixa d'un air dédaigneux.
— Tu vas bien, Amandine ? Ce gars, là, qui porte des haillons et des chaussures de l'époque de La traite négrière pour te voir ? Dans tout ce pays, c'est lui que tu as vu ? Eh Aman ! Les hommes sont finis !
J'étais choquée par sa réaction. J'avais cru qu'elle comprendrait, qu'elle me soutiendrait. Mais non, elle ne voyait en Carlos qu'un pauvre garçon sans avenir.
— Mais maman, il est différent ! Il étudie, il a des rêves. Il a de l'ambition. Je l'aime pour ce qu'il est !
Ma mère éclata de rire, mais un rire sans chaleur.
