D'abord ne pas paniquer. Quelles étaient ses issues? Bon aucune ne se présentait maintenant comme une échappatoire miracle ce qui lui aurait été bien pratique pourtant. Pas le temps de réfléchir, ces trois individus semblaient peu commodes et peu disposés a attendre que leur proie arrive à leur échappés. Jayu pouvait déjà sentir leur odeur quelque peu désagréable. Bon pas le choix, quand un loup est pris au piège on sait qu'il pourrait se couper la patte pour s'enfuir. Et quel est l'équivalent dans ce cas précis? Oui, se jeter droit vers l'ennemi. En l'occurrence, les flammes.
Prendre une grande inspiration, ne pas réfléchir, après tout sa peau étais déjà gâchée alors autant préserver sa vie non ? Voyant du coin de l'œil que les trois hommes accouraient, elle fléchit les jambes, remerciant pour la première fois sincèrement le médicament miracle qui lui permettais de se sentir en pleine forme. Puis, au moment ou la voix de l'un d'eux lui parvint à l'oreille, la fugitive coupa son cerveau et s'élança droit devant elle. Commença alors une course effrénée qui guida ses pas droit vers sa maison de fortune et surtout les barbelés à quelques mètres, que Jayu s' étais toujours efforcée d'éviter ayant conscience que cette partie de la ville étais bien plus dangereuse et ou régnait la loi du plus fort. Si la société coréenne représentais un danger bien plus profond et insidieux, la jeune fille pouvais au moins s'en sortir grâce à sa discrétion, sa ruse et le nombre conséquent d'habitants qui pouvait distraire l'attention. De ce côté des barbelés, de nombreux groupes de marginaux sévissaient, contrôlant une grande partie du marché noir et attirant comme le miel attire les ours les forces armées du gouvernement bien décidés à remettre l'ordre dans leur système si parfait. S'aventurer par ici, revenait à se jeter dans une fosse aux lions sans armes ni camouflage. Être furtive ne servirais pas longtemps dans ce monde ou la violence étais à chaque coin de rue. Mais avais t'elle seulement le choix ? Jayu utilisa d'abord la fumée dense pour se cacher des hommes dont elle entendais les cris dispersés, bien déterminés à la trouver. Une fois enfoncée dans le gris épais de l'énorme panache que produisait les flammes- dont la chaleur menaçais de brûler toutes ses cellules- elle expira tout l'air de ses poumons, ralentit son rythme cardiaque en tentant de garder un calme olympien, et courut aussi vite qu'elle put dans le feu environnant.
Jayu comprit enfin le mot crépiter. C'est comme si son corps étais du mais brûlant prêt à exploser, tout en elle semblait au bord d'un autre état, bien plus dévastateur que l'actuel. Quant à son cerveau, ses pensées, son être conscient tout entier, il n'existait plus que pour la détruire. Tout en elle étais incandescent, voulait percer la couverture fragile de ses nerfs et de sa peau. Elle ne savais plus réfléchir ni penser, elle ne savais même plus comment elle s'appelait ni comment prononcer un mot. Elle n'étais plus qu'une boule frustrée de ne pas pouvoir se désintégrer.
Cette sensation lui sembla durer une éternité et pourtant il ne se passa qu'une poignée de secondes durant laquelle Jayu se trouvais dans les flammes avant de les traversées complètement. Elle roula sur la terre battue et repris à grande peine sa respiration, toussant entre deux tentatives, les yeux fous et les mains tremblantes tentant d'étouffer les résidus de feu sur ses vêtements et sur sa peau. Quelques minutes plus tard, la jeune fille avait retrouvé un souffle faible et saccadé et la capacités de raisonner. Elle se releva à grande peine mais tenant sur ses deux jambes et marcha vers la barrière de barbelés. Elle avais des brûlures mineures un peu partout sur le corps et ses habits étais partiellement déchirés du à l'attaque des flammes. En agrippant le bas du grillage, Jayu sentit une présence proche derrière elle, tournant vivement la tête, elle s'aperçut avec effroi que l'un de ses trois traqueurs avait réussi à traverser lui aussi les flammes et avançait maintenant dans sa direction, le visage contracté par la colère. Sûrement que sa traque étais moins facile qu'il ne l'avais envisagé. Cette apparition redonna un coup de fouet à sa détermination et Jayu commença son ascension avec précipitation, les lambeaux de son pantalon se prenant dans les fils acérés du barbelés. À chaque fois qu'elle montais, elle sentais la main avide du chasseur à sa poursuite. Ce jeu du chat et de la souris version escalade dura tout le temps de l'éreintante grimpe de Jayu, jusqu'à qu'elle puisse enjamber les pics de la barrière, se coupant au passage et juste avant que la poigne de l'homme ne la rate de peu s'écrasant sur les pointes et lui arrachant un cri de douleur furieux. Juste avant de se laisser tomber à terre, un papier s'envola emporté par un coup de vent de la poche de son poursuivant. Il se pris au cœur du barbelé et Jayu pu voir l'inscription avis de recherche en gros. Prise de curiosité elle n'hésita pas avant de plonger la main au cœur du piège de fer et de récupérer l'affiche. Une fois qu'elle l'eu en main, la fugitive lâcha sa prise et s'écrasa sans grâce au sol pour la deuxième fois en une semaine. Nouveau record.
Voyant que l'homme étais tombé du barbelés et criait encore pour sa main tuméfiée, Jayu s'autorisa a jeter un coup d'œil à ce qu'elle avais récupéré. Il s'agissait en effet d'un avis de recherche pour une fugitive qui s'était introduite dans l'entreprise vitaly et avais tenté de s'enfuir en passant par les toits. La récompense s'élevait à quelques milliers de won et une photo étais jointe. Celle d'une fille habillée tout en noir regardant vers le bas, sûrement pour voir à quelle hauteur elle se trouvait, les cheveux longs noirs et une tâche rouge s'étendant sur son visage non couvert de la capuche qui volait au vent.
En somme elle étais officiellement une hors la loi
Ne pas perdre de temps. Elle s'élança sans s'attarder droit devant elle, droit vers les immeubles abîmés par le temps, bien moins reluisants que dans le centre ville. A peine avait elle franchit la première rue, ou les cris étouffés résonnaient encore dans sa tête, qu'une intersection se présenta a elle. Jayu tourna à gauche se souvenant de ses très rares visites dans le quartier, dans le but de compléter sa carte mentale. C'était l'option la moins risquée, l'option de droite grouillant de réglements de compte en tout genre et de soldats fatigués de toujours devoir essayer d'attraper les mêmes criminels. Ils ne cracheraient pas sur une tête nouvelle à martyriser et la jeune fille ne comptais pas l'être.
Mais Jayu n'avais jamais été connu pour sa chance.
Devant elle, une armada de forces de l'ordre interpellais un groupe de six ou sept personnes à l'air revanchard. Au pieds de l'un d'eux, un corps recroquevillé sur lui même, les vêtements tachés de sang s'écoulant en une mare macabre sur le sol gris. Il n'étais donc pas question de s'aventurer par là ce serais la prison assurée au mieux. Elle n'avais d'autres choix que de prendre le chemin de droite.
Jayu se débrouilla pour passer inaperçue en s'engouffrant dans la ruelle et bien que personne n l'ai remarquer elle ne se sentais pas en sécurité pour autant. Tout étais anormalement silencieux, pas même un chuchotement ou un cri étouffer. On pouvais entendre les moustiques voler. Soudain, elle crut sentir une présence derrière elle, mais même en se retournant plusieurs fois la jeune fille ne voyais rien. Dans tout les cas elle n'étais plus en état de se battre ni de fuir. Ses vêtements étaient en lambeaux et tenaient à peine sur elle, ses jambes comportaient plus de griffures et de brûlures que de peau blanche intacte. Ses bras n'étaient pas mieux sans compter sa main à la peau arrachée et aux ongles rouges de sang séchés. De plus elle tombait de fatigue. Jayu voulais simplement trouver un coin ou dormir sur une oreille avant de repartir dans sa fuite maintenant sans fin. Elle s'arrêta et regarda le ciel gris de pollution, souhaitant qu'un jour elle puisse partir d'ici. En formulant ce vœu désespéré elle ne sentit pas la femme qui s'avançait vers elle avant qu'elle ne pose une main sur son épaule en murmurant
« qu'est ce que tu fais ici au juste ? »
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Sonjil
General FictionDans un monde apocalyptique dans une coree réunifiée on a réussi à mettre au point un système qui nous permet de réguler notre âge et notre condition physique c est donc un monde où règne la liberté de chacun dans son corps. Un cadre idyllique mais...
