Catalina
En quittant le centre culturel, une étrange émotion m'envahit. Bien que la soirée ait été agréable, ce n'étaient pas tant les œuvres d'art qui avaient retenu mon attention, mais plutôt Milena. Découvrir enfin son prénom avait eu l'effet d'une révélation, une douce mélodie envoûtante qui continuait de résonner dans mon esprit.
Les rues étaient silencieuses à cette heure, l'air frais de la nuit caressant doucement mon visage alors que je marchais sans but précis. Mes pensées retournaient sans cesse à cette femme. J'avais rencontré tant de gens lors d'expositions, des artistes passionnés, des critiques pointilleux, des amateurs d'art curieux. Pourtant, aucune de ces rencontres n'avait éveillé en moi un tel mélange de curiosité et de confusion.
Je m'arrêtai au coin d'une rue, le claquement de mes talons sur le trottoir résonnant dans le silence nocturne. En me retournant pour observer les lumières du centre culturel qui s'estompaient, je compris que Milena était différente. J'avais senti cette différence dès nos premiers échanges. Ce n'était pas seulement son apparence, bien que ses traits aient une élégance indéniable. C'était sa manière de parler, de choisir chaque mot avec soin, comme si elle tissait une toile invisible autour d'elle.
Je me mordillai la lèvre inférieure, un tic que j'avais développé chaque fois que j'étais plongée dans une réflexion profonde. Je savais que j'étais, d'une certaine façon, attirée par Milena, mais c'était plus complexe que cela. Il y avait une retenue chez elle, une sorte de barrière subtile que je n'avais pas encore réussi à franchir. C'était intriguant, et en même temps, légèrement frustrant.
Je repris ma marche, cette fois en direction de mon appartement. La ville avait son propre rythme la nuit, un mélange de silence et de vie discrète, et cela convenait à mon état d'esprit. Mes pensées tourbillonnaient dans ma tête alors que j'essayais de déchiffrer ce que cette rencontre signifiait pour moi. Je n'étais pas du genre à me précipiter, je préférais observer, comprendre, laisser les choses se dérouler à leur propre rythme. Mais avec Milena, il y avait cette urgence silencieuse, un désir de briser le mystère qui l'entourait.
Je rentrai dans mon appartement et refermai doucement la porte derrière moi. Le calme de mon espace privé était un contraste apaisant avec la vivacité de la soirée. Je me déchaussai et déposai mon sac sur le canapé avant de me diriger vers la cuisine pour me préparer un thé. Ce rituel du soir était devenu une habitude réconfortante après une journée chargée.
En attendant que l'eau chauffe, je m'assis à la table de la cuisine, mon esprit vagabondant vers la soirée passée. Je revis chaque détail de l'exposition, chaque regard échangé avec Milena, et la manière dont elle avait su répondre à mes sous-entendus avec une finesse égale. Cette interaction avait laissé une empreinte durable dans mon esprit.
Le bruit de l'eau bouillante me tira de mes réflexions. Je versai l'eau chaude dans une tasse, ajoutai les feuilles de thé et observai le liquide se teinter d'une couleur dorée. Je me perdis dans la contemplation de la vapeur qui s'élevait, trouvant un certain réconfort dans ce moment de calme.
Alors que je sirotais mon thé, mon téléphone vibra sur la table. Un message de Victor, mon agent et également mon meilleur ami, s'affichait à l'écran.
Victor : « Comment s'est passée l'exposition ce soir ? »
Je souris en voyant son message. Victor avait toujours le don de savoir quand j'avais besoin de parler. Je pris une gorgée de thé avant de répondre.
Catalina : « C'était intéressant. J'ai rencontré la femme de la librairie. Elle s'appelle Milena. »
Victor : « Milena comme Milena Ivanova ? La fiancée de Gaël du jardin ? »
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Le masque des illusions
RomanceMilena, fiancée à Gaël Du Jardin, un acteur adoré par le public, mène une vie que beaucoup envieraient : élégante, stable, et rythmée par les projecteurs. Pourtant, derrière les apparences, son quotidien s'effrite sous le poids d'une routine qui l'é...
