Chapitre 9

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Milena

Les jours suivants sur le plateau de tournage furent marqués par une routine bien orchestrée entre les caméras, les répliques et les émotions sous-jacentes. Chaque jour apportait son lot de défis et de révélations, mais un élément demeurait inchangé : la tension croissante entre Catalina et moi, un fil invisible que nous tissions sans vraiment le vouloir.

Je repensai à la bise appuyée de Catalina, il y a quatre jours. La chaleur de ses lèvres sur ma joue résonnant encore dans ma mémoire. Une vague d'émotions m'envahit, mêlant confusion et excitation. Je n'étais pas prête à admettre que cette simple caresse, chargée de significations, avait réveillé quelque chose en moi. C'était comme si cette brève rencontre avait éveillé un désir, un besoin de la connaître davantage, tout en me plongeant dans un tourbillon d'incertitudes.

Gabriela m'avait envoyé un message après la soirée passée avec l'équipe, un message qui m'avait fait sourire. Elle avait écrit : « Alors, cette bise de Catalina, c'était un simple au revoir ou quelque chose de plus ? » Son ton espiègle m'avait fait rire sur le moment, mais je me souvenais aussi de la chaleur qui m'était montée aux joues. Elle avait bien remarqué ce moment troublant, et je réalisai qu'il ne serait pas si simple de cacher mes pensées à Gabriela. Je savais qu'elle ne manquerait pas de me taquiner à ce sujet jusqu'à ce que je mette enfin des mots sur cet échange inattendu.

Un matin, après une nuit agitée où mes rêves étaient peuplés de scènes de film et de visages familiers, je me rendis au plateau en espérant un moment de calme. Cependant, à peine arrivée, je découvris que le tournage avait pris une nouvelle direction. La scène qui se jouait était particulièrement délicate, impliquant une confrontation émotionnelle entre les personnages de Gaël et Catalina, et l'atmosphère était tendue.

Catalina, dans son rôle, devait exprimer des sentiments profonds et conflictuels. Je pouvais voir qu'elle se donnait à fond, et son intensité était presque palpable. Gaël, en revanche, semblait sous pression, mais également déterminé à donner le meilleur de lui-même. Les échanges entre eux étaient chargés de tension, et je me retrouvais spectatrice de ce drame, observant avec curiosité.

En attendant le début de la prochaine scène, je me rendis dans la zone de repos pour m'accorder un moment de tranquillité. À ma grande surprise, je trouvai Gabriela en train de discuter avec Tomas. Ils semblaient engagés dans une conversation animée, et Gabriela, en me voyant, me fit signe de les rejoindre.

« Milena ! » lança-t-elle, un sourire chaleureux illuminant son visage. « Viens, on discute des coulisses. Tomas a quelques anecdotes fascinantes à partager. »

Je m'approchai, intéressée par la perspective d'une conversation plus légère. Gabriela se pencha soudainement pour me faire une bise appuyée sur la joue, imitant sans retenue celle de Catalina. « Juste pour te rafraîchir la mémoire... », dit-elle, avec un clin d'œil complice, tout en faisant en sorte que tomas n'entende pas.

Je roulai des yeux, essayant de ne pas paraître trop déstabilisée. « Tu te fais des idées. C'était seulement un au revoir amical, comme elle l'a fait avec tout le monde. »Tout en disant cela, je jetai un coup d'œil rapide à Tomas, qui soudainement était absorbé par son téléphone, trop occupé pour remarquer quoi que ce soit.

Gabriela haussa les sourcils, une lueur de défi dans le regard. « Mmh... Mais tu n'as pas vu son regard, toi. » murmura-t-elle.

Gabriela se redressa, son sourire espiègle toujours présent, et se tourna vers Tomas, qui venait de relever la tête de son téléphone. « Alors, où en étions-nous ? Ah oui, tu disais que l'un des anciens réalisateurs avait une drôle d'habitude sur les tournages ? »

Le masque des illusionsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant