Milena
La soirée chez Alice avait été animée. Des rires avaient éclaté un peu partout dans la pièce, tandis que des conversations vives se mêlaient au fond sonore de la musique. Pourtant, je m'étais sentie ailleurs, mes pensées enchaînées à une silhouette bien précise : celle de Catalina. Elle était arrivée avec son assurance naturelle, un charme que je n'avais pu ignorer, même si j'avais fait de mon mieux pour rester indifférente.
Mais comment pourrais-je être indifférente ? Catalina était sublime. Vêtue d'une robe émeraude qui épousait parfaitement ses formes, elle captait les regards sans même le vouloir. Ses cheveux, légèrement ondulés, encadraient son visage avec une douceur qui contrastait avec l'intensité de son regard. Je l'avais observée, incapable de détourner les yeux, et chaque fois que nos regards se croisaient, une onde de chaleur parcourait mon corps.
Le moment où je lui avais avoué qu'elle était magnifique revenait sans cesse dans ma mémoire. Ses yeux s'étaient agrandis de surprise, avant qu'un léger sourire, presque timide, ne courbe ses lèvres. J'avais vu quelque chose passer dans son regard à cet instant, une lueur que je n'avais pas réussi à déchiffrer complètement, mais qui m'avait marquée.
Je voulais la récupérer. J'en étais désormais certaine. Chaque fibre de mon être me criait que ce n'était pas fini, que ce que nous avions commencé ne pouvait pas se terminer ainsi. Gabriela, allongée à mes côtés dans le lit d'amis, ne faisait que me rappeler ce que je n'avais pas. C'était Catalina que je désirais, Catalina que je voulais près de moi, et l'idée de l'avoir perdue me rongeait.
Le sommeil me fuyait. Allongée là, dans l'obscurité, les pensées tourbillonnaient dans mon esprit. Je me retournai plusieurs fois, cherchant une position plus confortable, mais rien n'y faisait. Gabriela dormait profondément, ses respirations régulières contrastant avec mon agitation intérieure. Finalement, je décidai de me lever, incapable de rester allongée une minute de plus. Je jetai un dernier coup d'œil à Gabriela, puis, silencieusement, je me dirigeai vers la porte.
Je descendis dans la cuisine, espérant que la solitude et la fraîcheur de la nuit m'aideraient à apaiser mon esprit. À mesure que je descendais les escaliers, la lumière douce de la lune perçait à travers les fenêtres, éclairant à peine la pièce. Catalina se tenait là, son regard doux, mais pensif, posé sur moi. Le faible éclairage accentuait les traits délicats de son visage, et je sentis mon souffle se couper un instant. Un silence tendu s'installa entre nous, mais ce n'était pas un silence désagréable. C'était celui d'un non-dit, chargé de tout ce que nous n'avions pas encore eu le courage de dire.
« Je ne te dérange pas, j'espère ? » demandais-je doucement, ma voix à peine audible dans le silence de la nuit.
Elle secoua la tête incapable de formuler une réponse cohérente sur le moment. Je m'approchai, mon pas léger et fluide, jusqu'à se retrouver juste en face d'elle. L'air entre nous sembla vibrer d'une tension palpable, chaque seconde s'étirant comme si le temps lui-même retenait son souffle.
« Toi aussi, tu n'arrives pas à dormir ? » demanda-t-elle, sa voix basse et calme.
Je m'adossai au comptoir, observant la scène « Non, pas vraiment. Trop de choses qui tournent dans ma tête. »
Elle hocha la tête, ses yeux ne quittant pas les miens. Le silence s'installa à nouveau, lourd de tout ce que nous devions encore nous dire. Catalina brisa finalement le silence, son ton plus sérieux qu'auparavant.
« Milena... Pourquoi tu ne m'as rien dit pour ta séparation avec Gaël ? » demanda-t-elle, son regard perçant, cherchant des réponses. « Pourquoi tu t'es autant éloignée de moi ? »
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Le masque des illusions
RomanceMilena, fiancée à Gaël Du Jardin, un acteur adoré par le public, mène une vie que beaucoup envieraient : élégante, stable, et rythmée par les projecteurs. Pourtant, derrière les apparences, son quotidien s'effrite sous le poids d'une routine qui l'é...
