Jack.
-S'il te plaît, ne m'abandonne pas.
Sa voix brisée me fend le cœur, et chacun de ses sanglots émiette un peu plus mon âme.
Elle ne veut pas partir, mais elle ne peut pas rester près de moi. Pour son bien. Je ne suis qu'un nid à problèmes. Je ne peux pas aller en centre de désintoxication pour tellement de raisons, à commencer par l'argent. Et je suis si nocif pour elle, elle est si pure, gentille, parfaite. Et je suis si... inutile, raté.
J'ai besoin d'elle mais elle n'a pas besoin de moi. Elle pense m'aimer mais comment pourrait elle m'aimer vraiment ? Et même si c'était le cas, je ne suis pas égoïste au point de pourrir sa vie pour qu'elle reste à mes côtés. Elle mérite tellement mieux que ça.
Tellement mieux que moi.
-J'ai besoin de toi. Je... je t'aime.
Mes yeux s'écarquillent et mon cœur rate un battement. Elle le pense ? Je fouille ses yeux bleus noyés de larmes.
Putain, elle le pense.
-Elise... il faut que tu partes. J'ai besoin d'être seul. Je t'ai tout dis. Maintenant je dois être seul. S'il te plaît.
Je refoule comme je peux l'envie de la prendre dans mes bras, de sécher ses larmes, de lui dire que tout ira bien, lui dire combien je l'aime et à quel point j'ai besoin d'elle. Mais au lieu de ça, je reste planté sur le pas de ma porte, devant elle. Je m'apprête à laisser partir la seule chose qui allait dans ma vie. La seule personne qui me faisait me lever le matin. La seule qui me donnait envie de continuer, et sans regret si ça peut lui permettre d'être heureuse.
Je ne devrais pas prendre cette décision à sa place, mais je compte arrêter la drogue et sans centre. je sais que la période de manque va être horrible, alors je ne peux pas lui infliger ça. Mais finalement, pourquoi sans centre hein ? À part l'argent, c'est quoi le problème ? Le voici, Mon père était alcoolique. Il l'est toujours d'ailleurs. Avant que ma mère parte, elle l'a amené dans toutes les réunions d'alcooliques anonymes et puisque ça ne suffisait pas, elle l'a amené dans tous les centres de la région, mais il rechutait à chaque fois. Même après ma naissance, mon père passait quasiment tout son temps là-bas. Finalement, ma mère a fini par être dégoûtée de mon père est elle est partie sans laisser de traces. Donc mon père à dû quitter son énième cure pour s'occuper d'un bébé. Il disait que mon problème était de sa faute, que sans moi, il aurait encore sa femme et que son problème se serait réglé. Donc bref, tout ça pour dire que mon père à été horrible dans tous les centres du pays et que ma famille a été blacklistée. Oui c'est possible, visiblement.
Finalement, Elise renifle une seule fois, inspire et se tourne pour s'en aller.
Une larme solitaire coule sur ma joue, puis une autre.
La dernière fois que j'ai pleuré remonte à deux ans, le jour de son départ.
Elle fait volte face et observe mon visage. J'en profite pour imprimer ses traits dans ma mémoire.
Ses cheveux trop foncés pour être blonds, trop clairs pour être bruns, et tellement longs.
Ses yeux bleus indescriptibles. Il y a toutes les teintes inscrites dans ses iris.
Ses lèvres roses et pulpeuses.
Son nez en trompette parfait.
Ses joues rosées.
Sa petite taille, à l'inverse de son cœur et de son caractère.
Elle se retourne à nouveau et court, loin.
Ou ?
Aucune idée.
J'ai tellement envie de la rattraper et de la serrer dans mes bras. Finalement je rentre et commence à nettoyer l'intérieur de mon appartement en commençant par le salon. Je jette les emballages vides et passe le balais. Puis je m'attaque à la cuisine, je lave les poêles, les assiettes et le plan de travail. Je nettoie ma salle de bain et ma chambre, je lave mes draps et mes vêtements, je lave tout. J'ai regroupé les sachets de drogues, j'attendais de tout finir pour les jeter. Tous.
Ça va être dur. Très dur. Sûrement la pire épreuve de ma vie. Enfin, non. La pire était de quitter 𝑚𝑎 Elise. Je prends le sachet avec toute la drogue restante et le place face a la poubelle. Je ne sais pas trop comment faire ça.
« Bah tu le mets dans la poubelle. » serait la réponse la plus logique, mais c'est plus compliqué.
Je vais sûrement faire le truc le plus ridicule et humiliant qui soit, mais Elise m'avait parlé d'un truc comme quoi parler avec les objets dont on voulait se débarrasser améliorait la séparation, parfois douloureuse. -en tout cas c'est sûr que ça ne marche pas avec les gens-.
Donc je vais vraiment faire ça ?
J'inspire un grand coup et fixe le sachet que je tiens du bout des doigts.
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Heaven In Hell
RomansaElise Black vient d'avoir 21 ans, elle décide de partir du Maine pour retourner en Californie après deux ans d'absence à cause d'un déménagement dû au travail de son père. Là bas, son petit ami Jack Awthorn, est censé l'attendre. Mais ce qu'elle ne...
