Elise.
Ça fait une demi heure que Jack est entré dans la salle de bain, sans en ressortir.
Je l'attends sans rien dire parce que je sais ce qu'il fait... il croit que je vais être dégoûtée de lui si son état est trop grave, mais évidemment que c'est faux.
Il essaye de contenir son état, ça doit l'épuiser. Il croit que je ne le vois pas mais ses traits sont tirés et ses mouvements secs.
J'avoue que je m'inquiète un peu, je n'entends aucun bruit provenant de la salle de bains.
Il risque de m'en vouloir si j'entre...
Mais si j'entre pas et qu'il est mal...
Il va faire quoi au pire ? Me virer ? Aucune chance.
Donc je me dirige vers la salle de bain et ouvre la porte qui... était censée être verrouillée ?
J'avais sorti l'épingle exprès... bon, tant mieux.
En fait non, pas tant mieux...
Jack est la, assis contre un mur, transpirant abondamment et il tremble si fort qu'on dirait presque qu'il convulse, ses yeux sont fermés.
Je prends une serviette et me jette sur les genoux pour arriver à sa hauteur, je passe la serviette sur son visage et il ouvre les yeux.
-Je voulais pas que... tu me vois comme ça...
Mon cœur se serre.
-Espèce d'abruti ! Si je te dis que je vais t'aider à t'en sortir c'est que je suis prête à te voir comme ça ! Oui, ça me fais mal de te voir souffrir autant, mais je te laisserai pas traverser ça seul ! C'est déjà assez compliqué pour toi sans que t'essaye de me cacher ton état, et j'en profite pour te le dire, sans succès.
Il me sourit faiblement.
Il se fout de ma gueule ?
-Tu te fous de moi ?
-Non, t'es juste trop mignonne quand tu t'énerves.
Il porte une main à ma joue et la caresse avec son pouce.
Je savoure son contact et ferme les yeux.
Quand je les rouvre, je remarque à quel point son regard est fatigué, d'énormes cernes violacées effleurent ses longs cils noirs. J'avais déjà remarqué qu'il était fatigué toute à l'heure, mais pas à ce point là. Je fronce les sourcils et il m'imite.
-Je fais si peine à voir que ça ? Demande t'il nonchalamment.
-Ça fait combien de temps que tu ne dors pas ? Dis-je en posant ma main sur la sienne, toujours positionnée sur ma joue.
-Deux jours. Me dit il en pinçant les lèvres.
D'un coup, il se met à respirer bruyamment et il plisse fort les paupières, de grosses gouttes de sueur traversent son front et une trace la ligne de son nez droit.
Mon cœur s'affole, je ne sais pas comment réagir...
Mais immédiatement, je passe la serviette sur son visage pour éponger la sueur et j'attrape sa main, il exerça une petite pression sur celle ci.
Mes sourcils se froncent sous l'inquiétude, je n'ai aucune idée de ce que je dois faire...
Il est là, à souffrir devant moi, et je reste là, sans rien faire.
Je suis tellement inutile...
Je suis là pour l'aider normalement, et je ne sers à rien...
Ce n'est que quand il recueil une larme de la pulpe de son pouce sur ma joue que je me rend compte que je pleure. Il se redresse et me prend dans ses bras.
-Tu ne devrais pas avoir à vivre ça, tu sais. Tu mérites tout ce que je ne peux pas t'offrir. Tu mérites tout. Absolument tout. Et moi je n'ai rien. Je ne suis rien.
Je décale ma tête qui reposait sur son épaule pour le regarder droit dans les yeux.
-C'est faux. Tu es une personne incroyable. Il n'y a que toi qui ne t'en rend pas compte. Et c'est moi qui ait choisi de t'aider, je ne regrette pas ma décision une seule seconde.
Il approche son visage du mien et m'embrasse, sa main se positionne en bas de mes reins et la mienne sur sa nuque.
Ce n'est que quand il m'embrasse que je réalise à quel point j'en avais besoin. À quel point j'ai besoin de lui. À mes côtés, tout le temps. Quand je suis avec lui, je me sens entière et aimée. J'ai beau avoir des parents géniaux et des amis, ce n'est que quand je l'ai rencontré que j'ai commencé à être vraiment heureuse. Comme si il détenait une partie de moi et que sans lui j'étais complètement perdue. J'ai eu tellement de chance de le rencontrer, contrairement à ce qu'il dit. Tant qu'il sera dans ma vie, je sais que je ne pourrai pas me sentir mieux. Je sais que c'est lui et personne d'autre.
Mes joues rougissent quand il approfondit le baiser et me rapproche encore de lui. Je fais glisser ma main dans ses cheveux bruns. Je les tire légèrement et nos langues glissent l'une sur l'autre. J'étouffe un gémissement dans nos bouches fusionnées pendant qu'il caresse ma hanche avec son pouce de sa main toujours positionnée en bas de mes reins.
Puis, le baiser se fait plus urgent, plus fiévreux. J'ai besoin de sentir son corps contre le mien, de sentir chaque recoin de mon corps abrité contre le sien. Il enlève son t-shirt et sépare nos bouches quelques dixièmes de secondes pour le passer par dessus son cou. J'explore sa peau du bout de mes doigts, ma peau courant sur mes reliefs de ses cicatrices. Il frissonne légèrement à mon contact. J'explore chaque recoin de peau avec mes mains pendant qu'il m'enlève mon haut blanc, nos bouches se séparent à nouveau pour que je puisse ôter mon haut.
Nous nous levons précipitamment et j'enlève son pantalon pendant qu'il enlève le mien. Nos mouvements sont brusques et précipités.
Je pousse un cri de surprise quand mes pieds quittent le sol et que mon ventre se retrouve sur son épaule, il me déposa doucement sur le lit puis se positionna au dessus de moi. Il dépose des centaines de baisers sur mon ventre, puis remonte jusqu'à mes clavicules, puis mon cou, ma mâchoire et enfin mon visage, s'attrape le sien et l'embrasse à mon tour. Mais j'ai besoin de plus, et il le sait.
Je lie mes mains dans son dos pour le rapprocher de moi et nos bassins sont pressés l'un contre l'autre. Je me tortille sous lui, nos regards s'accrochent depuis le début, sans jamais se quitter. Je fixe ses lèvres et il m'embrasse à nouveau tout en s'insérant en moi. Un gémissement de plaisir nous échappe simultanément et mes ongles griffent son dos. Mon autre main se plaqua sur le coussin quand il entama ses vas et vient puissants. Un nouveau gémissement s'échappa de mes lèvres et sa main vient trouver la mienne, il dessert mes doigts pour les entremêler aux siens.
Je bascule la tête en arrière quand je sens une boule de chaleur se loger dans mon bas ventre.
Jack dépose des baisers dans mon cou exposé sans jamais arrêter ses coups de reins.
-Jack...
C'est la seule chose qui soit rationnelle en ce moment; son prénom. C'est tout ce qui me vient en tête.
Je sens cette chaleur prête à exploser tandis que j'entends Jack grogner.
Il accélère ses mouvements et je me sens perde la tête dans ses coups de reins.
-Je...Je vais.... Oh mon dieu... Jack...
Je vois des étoiles danser devant mes yeux alors qu'il garda ce rythme démesuré.
-Si belle... Ma déesse. chuchota Jack alors qu'il replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
Je sentais ma résistance s'amenuiser à chaque seconde et il entama un ultime coup de reins qui fit exploser la boule de chaleur de mon ventre. Je loge mon visage dans le torse de Jack pendant que je jouis. Il répand sa semence en moi une dizaine de secondes après et il me rejoint dans l'extase. Il se retira et je me sentis immédiatement vide, sans lui. Il se plaça face à moi et me regarde.
-Tu es si belle, parfaite.
Je lui souris.
Toute ma vie, ou du moins, aussi loin que je peux me souvenir, j'ai toujours été complexée. Je me trouvais si laide.
Je me trouvais grosse,
Je me trouvais petite,
Je n'aimais pas mes lèvres,
Ni mes cheveux,
Ni rien de chez moi. Je n'ai jamais cru en l'amour parce que, sérieusement, qui aurait pu m'aimer ?
C'est ce que je me disais. Qui pourrait m'aimer alors que je ne m'aime pas moi même ? C'est impossible.
Et puis je portais toujours des habits trop larges, parce que je me trouvais énorme, comme ça, ça se voyait moins. Je me maquillais peu parce que je pensais que rien ne pourrait arranger ça, de toute façon.
Tous les soirs, de mes huit ans à mes quinze ans, je me maquillais en clown quand je pleurais. Je me trouvais si laide. J'accusais la planète entière de m'avoir donné ce corps et ce visage. Et puis, au collège, tout le monde se moquait de moi pour ma taille et mes vêtements en xl, alors j'étais d'autant plus mal. Je voulais disparaître.
Et puis un jour, je suis allée dans un bar, sur une table, seule. Et quand le serveur est arrivé, j'ai demandé un soda, puis j'ai réfléchis.
« Tu es assez grosse comme ça, tu peux t'en passer »
Finalement, au lieu de prendre cette commande, je me suis effondrée en larmes et ce serveur a prit une chaise et est assis à côté de moi. Il a prit sa pause exprès pour moi et on a parlé. Il avait deux ans de plus que moi, il m'a demandé ce que j'avais et je lui ai simplement tout raconté. J'avais du mal à me confier a mes amis parce que je ne voulais pas que leur image de moi change. Pour eux, j'étais la fille plutôt drôle et sans problèmes. Je ne voulais pas qu'ils me regardent différemment ou aient pitié de moi. Mais pour cet inconnu, c'était différent, puisque que je ne le croiserai plus.
Quand j'eus fini mon récit, il n'eut pas dit un mot, et m'a finalement prit dans ses bras.
-Je suis désolé, me murmura t'il.
Ces mots m'ont coupé la respiration.
Je ne comprenais pas pourquoi il me disait ça.
-Pourquoi ? Vous n'avez rien fait.
-Je suis désolé qu'une fille aussi magnifique que vous pense de telles choses. Mademoiselle, vous n'êtes certainement pas grosse, vous êtes vraiment très belle, parfaite même. Sérieusement.
Mes yeux se remplissaient à nouveau de larmes, mais cette fois ci, de joie. Je me disais qu'il disait sûrement ça pour me faire plaisir, après tout, comment un homme grand, fin et musclé pouvait t'il comprendre ce que ça faisait d'être petite et grosse ? Mais malgré tout, ces mots me firent du bien.
Ce moment s'est arrêté quand son boss le réprimanda:
-Jack ! Ta pause est finie depuis 10 minutes ! Tu te fous de qui là ?
Il allait partir mais j'attrapais sa manche.
-Je peux... avoir ton numéro ? S'il te plaît ?
Mes joues ont du rosir, mais j'aimerai vraiment le revoir.
Il griffonna son numéro sur une serviette et me sourit avant de s'en aller.
Ce garçon m'avait redonné le sourire.
Nous nous sommes revus, et vous connaissez la suite.
Mais, j'ai appris que j'étais atteinte de dysmorphophobie. Il se trouve que je n'étais pas grosse, mais maigre et anorexique.
Quand mes problèmes de poids se sont réglés, c'est Jack, qui m'a fait m'aimer. C'est grâce à lui que mon trouble s'était réglé.
J'ai commencé à me maquiller, à acheter les habits qui me plaisaient et qui me mettaient en valeur. Je devenais coquette.
Je prenais soin de mes cheveux que je trouvais ternes.
Je mettais de la crème hydratante sur le visage qui me repulsait.
Je mettais des habits qui mettaient en valeurs les yeux qui me donnait envie de vomir et qui épousait les formes pour lesquelles je pleurais.
Je me suis sentie belle et aimée quand Jack est entré dans ma vie.
Je me suis sentie vénérée, même.
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Heaven In Hell
RomansElise Black vient d'avoir 21 ans, elle décide de partir du Maine pour retourner en Californie après deux ans d'absence à cause d'un déménagement dû au travail de son père. Là bas, son petit ami Jack Awthorn, est censé l'attendre. Mais ce qu'elle ne...
