Pdv Milia
Tout ce qui venait de se passer dépassait l’entendement. Je fixais Madame Mahieur, le souffle court, essayant d'ignorer le bourdonnement sourd dans ma tête.
— « Non, mais sérieusement, vous vous rendez compte à quel point tout ça est dingue ? » hurlais-je presque, ma voix résonnant dans la ruelle sombre. « Vous m'emmenez ici, vous me parlez de danger et d’histoires mystérieuses, et maintenant vous attendez que je vous suive aveuglément comme si j'étais une gamine ? »
Elle essaya de me calmer, levant les mains comme pour apaiser une bête sauvage.
— « Milia, écoute-moi... je sais que c’est beaucoup à digérer, mais tu es en danger et il faut que tu comprennes ce qui se passe avant que... »
— « Non ! » criai-je, l'interrompant violemment. Je ne voulais plus l’entendre, je ne voulais plus de ces demi-vérités et de ces avertissements vagues. « Si vous voulez vraiment que je vous écoute, commencez par me donner des explications claires au lieu de me laisser dans le flou ! »
Elle semblait sur le point de répondre, mais je ne lui laissai pas l’occasion. Mon esprit bouillonnait de frustration et d’incompréhension. Chaque muscle de mon corps me hurlait de partir loin de cette situation absurde.
— « Si tu veux des réponses, » dit-elle d'un ton plus bas, presque suppliant, « il faut que tu viennes chez moi. C’est le seul endroit où je peux t’expliquer sans danger. »
Mais je n’écoutais déjà plus. Mon cœur battait à tout rompre et l’envie de fuir cette folie s’empara de moi. Sans un mot de plus, je fis volte-face et me mis à courir.
Les bruits de la ville me submergeaient, l’air froid fouettait mon visage tandis que je dévalais les rues sans me retourner. Je l'entendais crier derrière moi, mais je ne m'arrêtais pas. Pas cette fois. Tout ce que je voulais, c'était m’éloigner de cette situation insensée. Mon genou blessé me lançait, mais l’adrénaline m’aidait à ignorer la douleur.
Je parvins enfin à mon immeuble, haletante, et me précipitai dans mon appartement. Une fois la porte fermée derrière moi, je me laissai glisser au sol, le souffle saccadé. L'angoisse grimpait dans ma poitrine comme une vague prête à m’engloutir. Sans réfléchir, je sortis mon téléphone et composai le numéro d’Emma.
— « Milia ? Qu'est-ce qui se passe ? » répondit-elle presque immédiatement.
— « Emma... je... je sais pas quoi faire... » balbutiai-je, des larmes menaçant de déborder.
Il y eut un moment de silence avant qu'elle ne réponde d'une voix ferme :
— « Écoute-moi bien, Milia. J’arrive chez toi dans cinq minutes. Ne fais pas de conneries, d’accord ? Prépare-toi, on va courir. On va te vider la tête. »
Je hochai la tête même si elle ne pouvait pas me voir, les mots d’Emma me rassurant un peu. Je savais que, quoi qu'il arrive, elle serait toujours là pour moi. Même si elle avait oublié que je ne pouvais pas encore courir...
Pdv Clémence
Je regardais Milia s’enfuir, son allure boiteuse mais déterminée disparaissant au coin de la rue. Je savais que la forcer à rester ne ferait que l’éloigner davantage. Alors, je me résignai, laissant tomber mes épaules avec un soupir.
Je sortis mon téléphone, le cœur lourd, et appelai Lucas. La tonalité retentit quelques secondes avant qu’il ne décroche.
— « Ouais, Clem’, qu’est-ce qu’il y a ? »
— « Lucas, tu es à la coloc ? » demandai-je d'une voix tendue.
— « Oui, je suis là. Qu’est-ce qui se passe ? » Son ton s’était immédiatement assombri, signe qu’il comprenait que quelque chose n’allait pas.
Je jetai un coup d'œil autour de moi, m'assurant que personne ne pouvait entendre notre conversation.
— « Milia... » Je marquai une pause, essayant de trouver les bons mots. « Elle est partie en courant avant que je ne puisse lui expliquer quoi que ce soit. Elle se comporte comme une enfant têtue et impulsive. Mais je dois absolument lui parler, à elle et à Juline, avant que les choses ne s’aggravent. »
Lucas soupira de l’autre côté de la ligne, et je pouvais presque l’entendre se pincer l’arête du nez.
— « Ramène-la à la maison si tu peux. On en discutera tous ensemble. Mais Clem’, sois prudente, d’accord ? Cette gamine... elle a l’air de te faire tourner en bourrique. »
— « Oui, je sais, » murmurai-je, plus pour moi-même que pour lui.
Je raccrochai et restai là, seule dans la ruelle déserte. Le froid commençait à s’insinuer sous ma peau, mais je ne bougeai pas. Il fallait que je trouve un moyen de convaincre Milia de m’écouter, pour sa propre sécurité.
Mais pour cela, il me fallait être honnête avec elle... et ça, je ne savais pas encore si j'en étais vraiment capable.
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À suivre....
Chapitre plus court que les autres, désolé.
Après ce chapitre je vais encore en publier 3 ou 4 parce que je ne pourrai pas être trop connecté cette semaine. Vraiment désolé et bonne lecture 😁
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Entre Deux Feux
RomanceDans une université américaine où la passion pour le sport et les ambitions académiques se croisent, Milia Mc Carter, une jeune étudiante italo-américaine de 19 ans, navigue entre ses études, ses responsabilités en tant que capitaine de l'équipe de...