L'instinct

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Valerius et Caleb étaient postés devant l'immense porte marquant l'entrée du domaine de l'Ange des Plaines Cendrées. La silhouette imposante de Valerius se tenait droite, son visage marqué par un mélange de sérieux et de gravité. Il observait Caleb un instant avant de prendre la parole.

— Écoute bien, Caleb. Cet ange n'est pas un être que tu peux affronter de front. Les plaines cendrées sont son terrain de chasse. Tout y est à son avantage.

Caleb fronça les sourcils.

— Donc, tu veux dire que je vais mourir dès que je mets un pied là-dedans ? Super rassurant, merci.

Valerius esquissa un sourire amusé avant de redevenir sérieux.

— Pas si tu écoutes mes conseils. L’Ange des Plaines Cendrées est une créature de tromperie et de manipulation. Il ne combattra pas directement… au début. Il utilisera son environnement pour te piéger. Voici ce que tu dois savoir.

Valerius se mit à tracer des schémas dans le sable avec son doigt.

— D’abord, les cendres. Tout dans ces plaines est recouvert de cette poussière grise. Si tu les touches, elles s’animeront et essayeront de te capturer. Ce sont les âmes des victimes de l’ange. Ne t’y frotte pas. Marche toujours sur les rochers ou les zones brûlées où il n'y a plus de cendres.

— Donc je dois jouer au funambule au milieu d’un champ de mort ? Parfait. Continue.

Valerius leva les yeux au ciel mais continua.

— Ensuite, le ciel. Il semblera noir et immobile, mais c’est une illusion. Si tu le regardes trop longtemps, il te montrera des visions de tes pires souvenirs ou de tes plus grandes peurs. C’est une distraction. Ignore-le.

— Super. Ne pas marcher, ne pas regarder. D’autres interdictions ?

Valerius rit doucement.

— Oui. Les sons. L’ange aime imiter des voix, souvent celles de personnes que tu connais ou que tu as perdues. C’est une ruse. Ignore tout ce que tu entends, sauf ma voix dans ta tête.

Caleb hocha la tête, bien que son expression montrait son appréhension.

— Et l’ange lui-même ? Comment je suis censé le battre ?

— L’ange est un prédateur. Il apparaît seulement quand il croit que tu es désespéré. Quand tu le verras enfin, il aura une forme qui te semblera familière. Quelque chose pour te déstabiliser. Ne tombe pas dans le piège. Garde ton esprit clair et utilise ton lien avec le reptile. Il te guidera.

Valerius se tourna vers la porte et posa une main dessus.

— Bien. C’est tout ce que je peux te dire. Le reste, c’est à toi de le découvrir.

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La Porte des Cendres

Caleb s’approcha de la porte massive. Ses doigts effleurèrent à peine sa surface que sa vision devint floue. Il tomba à genoux, les mains plaquées sur ses tempes, une douleur lancinante lui traversant le crâne.

— Caleb ! Caleb, réponds-moi ! Ça va ?

La voix de Valerius était pressante, inquiète. Caleb, le souffle court, répondit d’une voix tremblante :

— Je… je crois que ça va. Je ne sais pas ce que c’était, mais je vais bien.

En se redressant, il observa la porte de plus près. Des inscriptions étranges parsemaient sa surface, ressemblant à des hiéroglyphes, mais plus chaotiques, comme des griffonnages d’une langue oubliée. Il murmura les mots qu’il voyait, presque sans réfléchir :

— "L'ombre précède la lumière, mais seule la cendre annonce la fin."

À ces mots, la porte s’ouvrit lentement. Ce qu’il vit au-delà le glaça. Une sorte de ciel noir se déployait devant lui, comme une toile sur le point de se déchirer. Il semblait pulser, aspirer tout ce qui l’entourait. Caleb sentit une force invisible le tirer à l’intérieur.

— Caleb ! Fais attention ! cria Valerius.

Mais c’était trop tard. Caleb fut aspiré par le portail, et en un instant, il se sentit tomber.

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La Chute et les Plaines

Le vent sifflait autour de lui tandis qu’il chutait à toute vitesse vers le sol. Les plaines désolées s’approchaient à une vitesse vertigineuse. Juste avant l’impact, une force invisible le ralentit brusquement, le suspendant à quelques millimètres du sol avant de le laisser tomber doucement.

Il se releva, secouant la poussière de son manteau, et observa autour de lui. Tout était chaos. Les terres étaient brûlées, des arbres calcinés se tordaient comme des mains implorantes. Le ciel était aussi noir qu’une nuit sans étoiles, et une odeur de soufre imprégnait l’air.

— Caleb, tu m’entends ?

La voix de Valerius résonna dans sa tête.

— Oui, je t’entends. Où es-tu ?

— Je ne peux pas te suivre ici. Mais je peux te guider à distance. Reste sur tes gardes.

Soudain, un rugissement monstrueux résonna à travers les plaines, si puissant que le sol trembla sous les pieds de Caleb. Une voix grave et sinistre suivit, énonçant une énigme étrange :

— "Je t’attends, voyageur. Je suis le vent qui souffle sans fin, la cendre qui recouvre les étoiles. Trouve-moi, et peut-être survivras-tu. Mais méfie-toi… de ce qui te suit."

Caleb frissonna en entendant ces paroles. Tout autour de lui, un grondement sourd commença à se faire entendre, comme si des créatures invisibles l’encerclaient. Il serra les poings, se préparant à ce qui l’attendait.

Les Ombres de Serpentard Des histoires addictives. Découvrez maintenant