Partie VII/Ennuis.Larmes.

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VII-1/PDV Anna:

Je regardais autour de moi.
Le temps orageux, les lourdes tentures sombres et poussiéreuses tombant des grandes baies ,occultant le peu de lumière qui réussissait à passer les nuages gris, l'allure sévère et extrêmement sérieuse du directeur: rien ne me rassurais.
Je ne comprenais pas ce qu'il se passait et derrière mon incompréhension se tapissait la peur, primitive, âcre...
Quelque chose était hors de contexte, mais je ne parvenais pas à comprendre exactement  et cela me dérangeais plus que tout.

Soudain le directeur pris la parole.
-"Vous êtes dans une délicate situation Mademoiselle. Je me suis porté garant de vous et c'est pour cette raison que vous êtes pour l'instant dans mon bureau."

L'incompréhension se lisait sur mes traits . Que s'était-il passé? Une délicate situation? Mais pourquoi?
Anxieuse et tendue, je posais la question à l'homme qui me faisait face.
Sa réponse chamboula tout mon être :

-"Vous êtes accusée de meurtre."

Je pâlissais à vu d'œil. Mon sang se figeait dans mes veines. J'étais comme statufiée, incapable de faire un seul mouvement ou d'émettre une seule parole.

Il m'expliqua d'abord calmement qu'une fille du campus avait été retrouvée morte de circonstances mystérieuses ce matin par des promeneurs matinaux  et que l'on avait trouvé certaines preuves qui tendaient à m'accuser.

Au même moment, une personne toqua lourdement à la porte. Le directeur d'une voix râpeuse teintée d'agacement  lui donna l'autorisation d'entrer.
Il semblait mécontent de la présence de l'agent qui venait de passer le seuil du bureau.
Ce mécontentement se lisait dans ses paroles, en filigrane.
-"Je vous avait demandé de ne pas me déranger pendant un certain temps. Je cherche à obtenir quelques réponses que je n'aurais pas si vous vous obstinez à nous déranger!"

L'agent semblait bien embêté.
Il énonça d'une voix tremblante la raison de sa venue, c'est à dire qu'il devait m'emmener au poste pour de plus amples détails.

Soudain, la porte laissée ouverte derrière nous grinça puis claqua d'un seul coup qui nous fit tout deux sursauter.

La voix du directeur changea d'un seul coup. Elle devint dure, semblable à un crissement d'ongles sur un tableau noir.
Je frissonnais, je tremblais même. Mon regard restait fixé sur le bureau sous mes mains ,et l'étrange poignard qui reposait sur le côté.
L'agent quant à lui, se tenait coi juste derrière moi.
Mon attention se tourna de nouveau vers le directeur qui venait de se lever de sa chaise .
Sous mes yeux une chose horrible se passa: il s'ouvrit littéralement en deux, telle une peau de banane ,et tomba au sol.
Sous cette enveloppe se trouvait une des créatures les plus répugnantes que je n'ai jamais vu que ce soit dans un film ou un livre.

Il était vert et écailleux, une sorte de serpent sur pattes dont les longues griffes, tranchantes comme des rasoirs dégouttaient d'un liquide noirâtre.
Deux ailes situées au niveau de ses omoplates brassaient l'air humide de l'office.
J'entendis un bruit sourd derrière moi: je devinais sans peine que l'agent venais de s'évanouir. Je l'enviais car j'étais à deux doigts de rejeter mon petit déjeuner.

Il se dirigea lentement vers moi, raccourcissant la distance entre nous d'une manière quasiment sadique.
Il avait l'air de prendre plaisir à humer ma peur.
Alors qu'il se tenait juste devant moi, son haleine de viande avariée fouettant mon visage, il grimaça quelques mots entre les longs crocs de sa gueule.
-"Dis bonjour à ton frère en Enfer!"
Et il ria l'air parfaitement content de ses paroles qui ne signifiaient rien sauf ma mort prochaine,je suppose.
Dans un réflexe primal de survie, je saisis le poignard qui gisait sur le bureau.
Son manche était tiède sous mes doigts, et sa lame noire était gravée de symboles anciens qui tournoyaient sous mes doigts crispés.
Je ne me posais pas de questions. Mon heure était peut-être venue, injuste et cruelle mais je ne partirais pas sans me défendre!

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