Le reste du trajet, je ne dis presque rien.
La Camaro avale la route comme si elle était en colère. Billy serre le volant si fort que ses jointures blanchissent. Max est collée contre la portière, les yeux rouges, les mains encore tremblantes.
Moi, je regarde mes genoux. Mes mains. Les traces de gravier et de sang séché sur ma peau. J'ai l'impression d'être à côté de mon propre corps.
— On va où ? finit par demander Billy, la voix tendue.
Ma bouche répond avant ma tête.
— Chez Steve.
Évidemment.
Il hoche la tête sans commenter, comme si ça allait de soi. Comme si, lui aussi, maintenant, savait que quand quelque chose dépasse l'entendement, on finit toujours par atterrir chez Harrington.
Les lumières de la ville approchent. Les rues familières. Le trottoir devant la maison. La Camaro se gare brutalement, un peu de travers, devant chez nous.
À travers la fenêtre du salon, j'aperçois la silhouette de Steve, affalé sur le canapé, une lumière allumée. La télé clignote. Normalité en carton.
Billy coupe le moteur.
— On descend, murmure-t-il.
Mes doigts refusent. Max ouvre la portière la première.
— Je viens avec toi, dit-elle.
Je hoche la tête. On sort toutes les deux. L'air du soir me gifle.
On a juste le temps de refermer les portières que la porte d'entrée s'ouvre à la volée.
— Mitch ?
Steve est là, sur le seuil, les cheveux en bataille, en jogging et t-shirt. Il voit mon état. Sa tête change. D'un coup.
— Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il descend les marches d'un pas rapide, ses yeux scannent partout : mon visage, mes mains, la Camaro, Billy, Max.
— Je... commence-je.
Max me coupe net.
— C'était un monstre, lâche-t-elle, la voix encore tremblante. Un vrai. Comme au labo. Mais en pire.
Steve se fige. Son regard glisse vers moi, cherchant une confirmation. Un mensonge. N'importe quoi.
Je ne dis rien. Je pense que ça suffit.
— À l'intérieur, tout de suite, ordonne-t-il.
Sa main se pose dans mon dos, chaude, pressante. Il nous pousse presque gentiment vers la maison. Je jette un dernier regard par-dessus mon épaule.
Billy est resté près de la Camaro. Il s'est adossé à la carrosserie, bras croisés, cigarette coincée entre les doigts. Il n'a même pas pris le temps de l'allumer. Son visage est à moitié dans l'ombre, complètement fermé.
Comme si rien ne s'était passé.
Comme si ce n'était pas son sang sur sa chemise.
Le salon est trop lumineux d'un coup.
Steve me fait asseoir sur le canapé. Max s'assoit à côté de moi, les jambes repliées sous elle, comme si elle voulait disparaître dans le tissu.
Steve file chercher la trousse de secours. Je l'entends ouvrir les placards, jurer à moitié.
Quand il revient, il s'agenouille devant moi.
— Donne-moi tes mains, dit-il.
Je les lui tends, docilement. Il nettoie les éraflures avec un coton imbibé. Ça pique. Ça me ramène un peu dans mon corps.
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Pretty "stranger thing"
Fanfictionêtre la sœur de Steve Harrington n'est pas facile tout le jour. surtout quand vous habitez a Hawkins. venait lire mes péripéties, entre fraternité, amour, amitiés et danger. vous en aurez pour votre argent.
