CHAPITRE 52

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Quand je me réveille, une lumière blanche violente m'agresse aussitôt les yeux. Pendant une fraction de seconde, je crois être mort. Mais très vite, des bips réguliers qui parviennent jusqu'à mes oreilles m'arrachent à cette idée absurde.

Si je les entends, c'est que je suis encore en vie. Je dois être à l'hôpital.

Encore...

Les paupières toujours closes, je tourne la tête pour échapper à cette clarté aveuglante. Le simple mouvement me coûte et m'arrache un autre gémissement. Mon crâne me donne l'impression de peser une tonne. Tant bien que mal, j'essaie de me détendre en attendant patiemment de retrouver mes esprits. Peu à peu, les sensations reviennent puis, ce sont les souvenirs. D'abord flous et décousus, les images finissent par s'imposer clairement à moi.

La salle de bain.

La douleur.

Le regard paniqué de Sasuke.

Et merde, j'ai dû encore m'évanouir.

C'est avec un énième gémissement de douleur que je me mets à chercher la télécommande du lit. Avec peine, je finis par ouvrir les yeux après plusieurs secondes de recherches infructueuses. La lumière m'est presque insupportable mais je prends sur moi. Je m'efforce de garder les paupières ouvertes. La main tremblante, je trouve sur l'accoudoir du lit le bouton permettant d'en redresser le dossier.

–Putain... Gémis-je.

Malgré la douleur qui lacère mon crâne, je prends le temps de regarder autour de moi. À première vue, il semble que je sois seul. La télévision sur le mur en face de moi est éteinte et, le temps visible à travers la fenêtre est grisonnant. Il donne à la chambre des allures de fin de journée sans heure précise. Impossible de dire si le soleil est en train de se lever ou de disparaître. Le monde dehors paraît aussi figé que moi à cet instant et d'une certaine façon ça me réconforte un peu.

¨Pendant quelques secondes, je reste immobile. Je laisse mon regard se perdre dans le vide, essayant de rassembler mes pensées. Combien de temps suis-je resté inconscient ? Quelques minutes ? Quelques heures ? Quelques jours ? J'en sais putain de rien. Et Sasuke, Himiko ... où sont-ils ? J'espère qu'ils vont bien et qu'ils ne sont pas trop inquiet. Par réflexe, j'essaie de me connecter à notre canal de communication mais en réponse, je ne reçois qu'une douleur sourde ce qui me fait abandonner aussitôt. Je suis trop épuisé pour utiliser toute forme de télépathie. Même si j'espère que Sasuke et Himiko peuvent sentir que je vais bien, je n'en suis pas certain. J'ai le crâne complètement en vrac. J'ai l'impression d'avoir été assommé à coups de masse. Mon corps me paraît lourd, engourdi, mais étrangement calme.

Trop calme.

Je ne peux pas me défaire de mes inquiétudes: Où est Sasuke ? Et Himiko... est-ce qu'elle va bien ?

Une pointe d'angoisse me serre la poitrine. J'inspire lentement pour me calmer. Il n'y a pas de raison qu'Himiko soit en danger. Elle est entre les mains de Sasuke. Il n'y a pas meilleur que lui pour répondre aux besoins et assurer la sécurité de notre fille. Cette réflexion à elle seule suffit à faire taire mon angoisse naissante. Et ce n'est que là que je remarque la perfusion reliée à mon bras. Deux poches transparentes pendent au-dessus du lit, leurs contenus s'écoulant lentement, goutte après goutte. Le rythme régulier m'apaise malgré moi. Puis, je prends conscience d'une chose :

Je n'ai plus mal.


Je n'ai plus de contractions. Je ne ressens plus de douleur lancinante dans le bas de mon ventre. Je n'éprouve plus ce sentiment de mort imminente. Juste une profonde fatigue. Et elle est aussi écrasante que la douleur qui a failli m'envoyer rejoindre mes parents.

NOS SECRETS (Tome II)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant