~Chapitre 4~ Léo

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~À lire avec "War of Change" de Thousand Foot Krutch (vidéo)~

"Les personnes seules sont celles qui d'ordinaire, veulent le plus se rapprocher des autres. Et celles qui souvent, ont plus de choses à crier que ces idiots qui ne savent rien faire d'autre de leurs vies, si ce n'est de pourrir celle des autres." -Léo

***

Plus de temps. J'ai besoins de plus de temps.

Aujourd'hui, bagarre avec les idiots aux gros bras et grandes gueules. Demain, créations des affiches de solidarité au centre social. Puis, aides aux devoirs pour les plus jeunes. Et le jour d'après, bénévolat dans le refuge pour chiens de la ville.

J'ai de moins en moins de temps pour la voir.

Si elle savait ce que je fais, elle penserait sûrement que je suis généreux. Elle aurait tout faux. Je ne fais ça que pour passer le temps.

Et elle aussi, est un passe-temps, enfin... De ça... Je veux m'en persuader. Je n'ai pas le droit de m'attacher à elle. Je ne mérite que des sentiments malheureux... Et rien d'autres.

Je n'aime pas que l'on me trahisse, mais toi, je ne t'en voudrais pas si tu le fait. Parce que je le mérite.

Je secoue la tête pour faire taire ces pensées, et me dépêche de passer la porte de la bibliothèque.

Au moment même où j'entre, je repère sa place. Elle est assise à une table dos à la fenêtre, et lit avec attention et dévotion l'ouvrage posé devant elle.

Je prends sans vraiment y faire attention un livre sur une étagère et vais m'asseoir à ses côtés. J'ouvre mon livre et fait semblant de le lire.

Elle ne m'a pas remarquée.

Quand je le remarque, mon cœur se sert de manière presque imperceptible. Pourquoi, alors que je ne veux pas retomber dans ce sentiment si familier?

***

Nous somme resté quelques temps assis là, moi l'observant discrètement, et elle, immergée dans l'univers imaginé par l'auteur.

Au bout d'un certain temps, elle relève la tête et me remarque enfin. Ses joues rougissent légèrement et un sourire se dessine doucement sur son visage.

Son sourire... Je l'aime.

Elle jette un coup d'œil à mon livre, puis me signe:

*-Tu fais latin?*

Dans mon esprit, je me passe et me repasse sa question, puis réalise mon erreur. J'avais pris un livre pour latiniste.

Embarrassé, je lui réponds que oui. Je le lui dis de façon aussi détaché et in intéressé que possible, pour ne pas qu'elle y prête attention. Heureusement, elle embraye sur un autre sujet. Sujet qui, au lieu de me détendre, ne fait que me faire plus culpabiliser de lui mentir:

*-Qu'est-ce qui t'occupe autant? Tu n'es jamais dans la cour ou dans la classe.

-C'est parce que je suis derrière le collège. Lui répondis-je, esquivant sa question.*

Un sourire se dessine sur son visage et, comme lui répondant, mon cœur se met à palpiter fort dans ma poitrine.

*-Est-ce que... la prochaine fois... je pourrais venir? Me demandât-elle.
-B-Bien sûr! *

Je bégaie, et me dit que ça n'iras pas: si je la vois plus, les réactions traîtresses de mon corps ne feront que s'amplifier.

Il n'y a pas que mon corps qui change en sa présence... Les réactions de mon corps ne sont que les petits échos de ce que mon cœur s'est remis à ressentir.

Avec elle, tout mon être s'envole.
Avec elle, j'oublie qui je suis et quel est mon crime.
Avec elle, je me sens... Vivant.

***

Si elle savait ce que je faisais en ce moment, elle prendrait sûrement peur.

Je la voie tourner au coin de la rue, et m'empresse d'aller à sa suite.

Je la suis. Pour la protéger, enfin... C'est plutôt ce que je me dis pour me rassurer.

Malgré tout, je trouve que je ressemble beaucoup à un Stalker... Et ce n'est pas la première fois que je fais ça.

Je devrais arrêter.
Mais je ne peux pas...
Il faut que j'arrête.
Mais elle est si fragile...

Perdu dans mes pensées contradictoires, je l'ai perdu de vue. Mais peu importe, je sais où elle habite. Elle doit être sur le chemin.

Je me dirige vers chez elle et commence à m'inquiéter en ne la voyant pas.

Une main se pose sur mon épaule et je me retourne. En la voyant, le soulagement m'envahit, remplacé rapidement par de l'embarras. Elle me signe:

*-Léo, que fais-tu ici?*

Je lui dis que j'habite là, en pointant du doigt la maison face à la sienne.

*-Oh! Je suis désolé! Je t'ai empêché de rentrer! S'affolât-elle.
-Mais non... Ne t'en fais pas pour ça... La rassurais-je.

Puis, y voyant une opportunité de lui faire la discussion, je lui demande:

-Est-ce que tu as réussi le contrôle que je t'ai expliqué la dernière fois...?*

C'est un miracle que je n'ai pas bégayé.

***

Je claque la porte d'entrée puis court me réfugier à l'étage, pour finalement m'étaler de tout mon long sur mon lit. Je plonge ma tête dans l'oreiller, pour cacher mon visage pourpre, et tenter tant bien que mal de calmer les battements frénétiques de mon cœur.

Comment est-ce qu'un seul mot d'elle peut me mettre dans cet état?

Je suis conscient de la réalité de choses. Je ne vais pas le nier. Je ne suis pas idiot au point de ne pas me rendre compte d'une telle chose.

Depuis 8 années maintenant... Je suis amoureux de Théodora.

Ses mots flottent dans mon esprit depuis que je l'ai reconnu dans la salle de classe, quand les autres l'embêtaient. Et comme à chaque fois que je pense à elle, un sourire niais prend place sur mon visage. Je m'empresse de le cacher dans les plis de mon coussin.

Puis, comme pour gâcher ce moment de pur répit, les paroles de ma belle-mère emplissent ma conscience:

"-Léo... Mon petit... Tu pleures, crie, et hurle sa mort... Sans accepter le fait que ce soit toi qui l'ai tuée...
-Tout ça, c'est de ta faute. Alors, tu n'as pas le droit de pleurer.
- Tu es un monstre... En te voyant, ta mère elle-même s'est tué...
-Si elle-même n'en voulait pas, alors qui voudrait d'un enfant aussi dégoûtant que toi...?
-Ça ne sert à rien de me faire ces yeux là... Tu penses vraiment que je vais la remplacer en te prenant dans mes bras? Un petit morveux comme toi?
-Dans le monde, personne ne voudras jamais de toi..."

Alors, doucement, la réalité reprit place dans mon esprit:

C'est vrai... J'avais presque oublié... Je ne suis... Rien d'autre qu'un... Monstre.

Et puisque je le suis, je ne peux pas l'aimer.

~Fin du Chapitre 4~
~Écho~

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