HUNTED | CHAPITRE 5

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- C'est hors de question!

J'avançai, dépassant par la même occasion Jason.

- Pourquoi est-ce que tu ne veux pas admettre que tu as besoin d'aide? demanda ce dernier.

"Ne faire confiance à personne", pensai-je.

- Parce que je n'en ai pas besoin, affirmai-je tout en continuant d'avancer, sans même vérifier s'il me suivait, car c'était certainement le cas.

Je marquai une pause.

- Tu es en train de me proposer de m'aider à faire un truc qui me vaudra d'être la Traquée numéro une du pays, et toi le deuxième, et tu oses te croire crédible? Je ne sais même pas comment je vais pouvoir changer de secteur pour aller jusqu'à New-York et infiltrer la base, puis en faire sortir ma famille. Et puis, à deux, on sera encore plus facile à attraper. Tu me fais perdre mon temps. N'oublie pas qu'on nous pourchasse.

- Au cas où tu ne m'aurais pas bien entendu, j'ai besoin de récupérer quelque chose que je ne trouverais que dans la capitale, insista-t-il. Alors j'accepte de t'aider à t'y rendre et à libérer ta famille, même si honnêtement ça me semble être du suicide, à condition que tu m'aides à trouver et récupérer cette chose. Après, peu importe ce qui nous arrivera à l'un ou l'autre, chacun son chemin.

- Pourquoi et comment est-ce que je t'aiderais? Je ne te fais même pas confiance. Ni à toi, ni à personne. Je ne sais même pas pourquoi on te traque. Qu'est-ce qui me dit que tu n'es pas un tueur en série ou un terroriste?

- Je ne sais ni ton nom ni pourquoi ta famille et toi êtes des Traqués. Et c'est quand même toi qui m'a agressé alors que je t'ai sauvé.

Je roulai des yeux et avançai plus rapidement, espérant le semer.

- J'espère que tu trouveras ce que tu cherches, lançai-je. On se recroisera peut-être.

- Attends.

- Quoi encore?!

Je me retournai. Il fouilla dans sa poche arrière et en sortit un téléphone noir, presque aussi fin qu'une feuille, de forme rectangulaire. C'était le même modèle que celui que j'avais avant la guerre. Un L.E.M.I-514. J'adorais ce téléphone. En plus d'entendre la voix de la personne que j'appelais, je pouvais la voir devant moi, comme s'il elle était réellement là, mais pas la toucher. La personne n'était pas là physiquement. C'était juste une représentation de son corps, une sorte d'hologramme, mais les mouvements, les paroles, la voix, étaient réels. Quand mon père allait travailler, et qu'il me manquait, je l'appelais souvent lors de ses pauses, pour lui parler de tout et n'importe quoi, où pour me plaindre de mes incessantes disputes avec Perry. Si seulement nous pouvions retourner à cette époque...

Jason composa un numéro, posa le téléphone par terre et se plaça devant. Je m'écartai. Une demi-seconde plus tard, une petite fille aux longs cheveux blonds bouclés, quelques taches de rousseur et des yeux similaires aux siens apparut, un sourire triste aux lèvres. Je regardai ce dernier, cherchant à comprendre ce qu'il essayait de faire, et surtout qui était cette enfant. Son sourire arrogant avait disparu, et il affichait maintenant une mine sombre et triste. Même ses yeux semblaient avoir perdu de leur éclat. Un faible sourire s'afficha néanmoins sur ses lèvres.

- Emi, souffla-t-il.

- Jason, tu avais promis que tu appellerais! s'exclama la petite fille, vêtue d'une robe bleue. Ça fait presqu'une semaine. J'ai cru que tu t'étais fait attraper par les méchants, et qu'on ne te reverrait plus jamais. Maman s'inquiétait pour toi, aussi!

J'écarquillai les yeux et restai bouche-bée. Cet enfant... c'était sans doute possible sa petite sœur!

- Je suis désolé Emily, dit-il d'une voix pleine de tendresse. Je vais bien, et non les méchants ne m'ont pas attrapé. Je t'ai promis que je rentrerai bientôt, seulement il faut que je trouve les médicaments de maman. Il ne faut pas qu'elle s'inquiète pour moi. Est-ce qu'elle tousse toujours autant?

"Les médicaments de sa mère?"

Pourquoi sa mère avait-elle besoin de médicaments? Était-elle atteinte du virus? Était-ce la raison pour laquelle il devait se rendre dans le secteur deux?

- Oui, répondit-elle. Tu sais, par moment, elle ne peut plus respirer pendant quelque secondes... J'ai peur Jason, il faut que tu reviennes à la maison, maintenant.

Des larmes perlèrent sur les joues de la petite Emily et sa voix se brisa. Elle semblait si bouleversée... J'eus un petit pincement au cœur. C'était une des raisons pour laquelle je détestais de plus en plus Northman. Il séparait des familles en feignant vouloir rétablir la paix.

- Tu m'avais promis que tu ne pleurerais pas, chuchota Jason.

- Je sais, mais...

- Ça va aller Emily, n'oublie pas qu'Alice est là pour veiller sur vous durant mon absence. Embrasse-la de ma part, et dit à maman de tenir le coup, d'accord? Je te rappelle bientôt, sœurette.

Elle hocha la tête en essuyant ses larmes et son hologramme disparut.

Jason ramassa le portable à terre et le fixa un instant, avant de le ranger et de se tourner vers moi.

- Si je me fais attraper par les Traqueurs, non seulement je ne pourrais plus me procurer les médicaments de ma mère, et par conséquent elle mourra, mais en plus, ma petite sœur sera seule. La mort de mon père l'a déjà assez affecté, elle n'a pas besoin de perdre d'autres membres de sa famille. Je te propose mon aide parce qu'à ce que je sache, on doit tout les deux se sauver tout en sauvant nos familles. ( Il marqua une pause) J'ai toujours l'air d'un tueur en série?

Je le regardai, ne sachant trop que dire. Son père était mort, sa mère était mourante et le pire dans toute cette histoire, c'était sa petite sœur, qui était au cœur de tout cela, seule, car son frère était maintenant un Traqué. Mon histoire à moi était plus simple et beaucoup moins horrible.

- Si ça t'amuse autant de me suivre, je suppose que tu peux venir, marmonnai-je en détournant brièvement le regard.

Il sourit.

- Je prends ça comme une invitation. Et bien, c'est pas tout mais faut se dépêcher, on a pris du retard. Par où on va? Non, parce que si tu te rappelles bien, quelques minutes plus tôt, on allait tout les deux dans des directions opposées, miss j'ai-pas-de-nom.

Cela me faisait bizarre d'entendre un "on", mais j'allais bien devoir m'y faire. Ce Jason semblait parti pour me coller durant un bon bout de temps.

- Niki. Je m'appelle Niki.

Hunted ( en pause)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant