Lorsque je reprends conscience, je suis allongée sur une surface étonnamment confortable. Une brise légère me caresse la peau, portant avec elle la douce chaleur des rayons du soleil. J'ouvre les yeux lentement et découvre un ciel d'un bleu limpide, sans nuage. L'atmosphère me semble étrangement familière, particulièrement le rire des deux enfants qui parvient jusqu'à moi, net et cristallin. Mon cœur s'emballe. Je tente de me redresser, mais mon corps m'oppose une lourdeur inexplicable. Un instant, je me demande si je ne rêve pas à nouveau, mais tout paraît plus tangible, plus réel.
Un frisson me parcourt. Ce n'est pas exactement mon chez-moi, mais cet endroit m'évoque quelque chose de familier, presque rassurant. Puis le plus jeune des enfants éclate en sanglots. Le compte à rebours a commencé. Je reste immobile, incapable de me lever. Mais un sentiment nouveau m'étreint : une angoisse viscérale que je n'avais jamais ressentie jusqu'ici.
Mes mains effleurent le sol, reconnaissant la mousse dense de mes rêves. Tout semble inchangé, et pourtant, ce sentiment oppressant me serre la poitrine. La voix d'une femme parvient à mes oreilles, reconnaissable entre mille par ses intonations et ses mots que je ne comprends pas. Étrangement, elle m'apaise.
Je souris malgré moi, consciente que je suis en train de revivre, avec une intensité nouvelle, ce rêve qui m'a hantée pendant tant de nuits.
Un élancement fulgurant dans ma cheville m'arrache une grimace. Je tente de bouger, mais la douleur me retient au sol. Le monde autour de moi est d'une clarté saisissante, chaque son, chaque odeur, chaque vibration me parvient avec intensité. Même le rire des enfants résonne plus fort, plus réel. Et dans un coin de mon esprit, une question brûle : cet homme, va-t-il apparaître ? Ses traits, sa voix... pourrais-je enfin le rencontrer ?
Un bruissement attire mon attention. Je ferme les yeux. Les pas s'approchent. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mes poumons se contractent d'angoisse.
Puis le soleil cesse d'illuminer mon visage. Il est là.
J'ouvre les yeux : une silhouette imposante, cheveux noirs, est penchée au-dessus de moi. Son visage reste indistinct, ses traits, que le soleil rend impossible à distinguer, sont masqués partiellement. Mon estomac se noue, mon cœur s'emballe, comme si chaque battement voulait m'arracher de cette réalité étrange.
Ce n'est pas lui.
La voix rauque et étrangère de l'homme s'élève, et ses mains s'emparent de mes vêtements. Un réflexe me pousse à me redresser en sursaut. Devant moi se tient un soldat vêtu d'une tunique bleue ornée d'un blason. Son visage révèle l'âge et l'expérience : la cinquantaine, moustache grisonnante, regard dur et perçant. Mon souffle se coupe. Est-ce lui que j'attendais depuis si longtemps ?
Il brandit un long poignard en criant des mots incompréhensibles, et bientôt, deux autres hommes apparaissent, armés et hostiles. La panique me saisit. D'un mouvement désespéré, je pousse l'homme au poignard et profite de sa distraction pour m'élancer, malgré la douleur cuisante dans ma cheville. Derrière moi, leurs pas martèlent le sol. Ils vont me rattraper !
Affolée, mon regard balaie les alentours avant de s'arrêter sur une ville étagée en contrebas, masse sombre et compacte aux contours incertains. Sans réfléchir davantage, je m'y élance, guidée par un instinct primitif : fuir, disparaître, survivre. Les rues étroites promettent peut-être ce que les grands espaces m'ont refusé — l'oubli, ou du moins un sursis.
Je dévale les pentes, m'engouffre dans le premier enchevêtrement de ruelles. L'air y est plus lourd, chargé d'odeurs âcres, de poussière et de vie humaine. Je zigzague entre les passages étroits, longe les murs, me plaque dans les ombres au moindre bruit. Chaque pas résonne trop fort à mes oreilles, chaque souffle menace de me trahir.
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Faustian. Les amants maudits
FantasíaRose est une jeune fille semblable à tant d'autres. Elle mène une existence paisible, sans jamais avoir été confrontée au moindre bouleversement. Pourtant, chaque nuit, un rêve s'impose à elle. Toujours le même, inlassablement identique. Elle se voi...
