Ma vie actuelle.

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-« Ho toi la petite serveuse, c'est pour aujourd'hui ou pour demain? Cela fait une heure que j'attends ! »

-« Oui monsieur, j'arrive dans une minute ! » Répondis-je sèchement.

Ma vie ici ne m'enchante guère... Faut dire que travailler comme serveuse dans un café pareil, ce n'est pas très professionnel... Mais cela fait environ 3 mois que je travaille ici, je devrais m'y habituer avec le temps.

-« Tenez monsieur, voici votre commande. »

-« Ah ! Ce n'est pas trop tôt ! Merci ma jolie » Répliqua le vieux grincheux.

Je m'apprêtais à me retourner mais ce dernier attrapa mon bras afin de me retenir. Je vois qu'il n'a pas encore fini avec moi...

-« Attends poupée ! Pourquoi tu pars aussi vite ? Assis toi avec moi, on pourra bavarder quelques minutes, toi et moi, qu'est-ce que tu en dis ? » Dit-il avec un sourire malicieux

Non mais quel culot ? Pour qui il se prend ? Il devrait surement avoir la quarantaine, et vu son âge, il ferait mieux d'aller se faire foutre et de me laisser tranquille ! Je me détachais rapidement de son emprise avant de répondre le plus brièvement possible :

-« J'en dis, monsieur, que votre proposition est totalement déplacée, de plus, au cas où vous ne l'aurez pas remarqué, je travaille, et par conséquent, je n'ai pas le temps, sur ce, bonne journée. »

Je me retournais de nouveau aussitôt après avoir répliqué. Bon sang, qu'est-ce que je fais là. Ce n'est pas du tout une place pour moi ça... Quelqu'un pourrait me rappeler ce qui a bien pu me passer par la tête pour venir travailler ici ? Ah oui... Bien sûr, problèmes financiers... A cause de ces foutus problèmes, je suis obligée de rencontrer des gens immonde et sans scrupule, chaque jour. Cette situation m'insupporte. Je me demande si je ne vais pas démissionner.

Voyons Amélie, tu ne peux pas, comment va tu payer ton loyer si tu démissionne ? Où vas-tu travailler ? Tu crois vraiment que les boulots peuvent tomber d'un coup, comme ça, du ciel ?

Je crois bien que ma conscience a encore une fois raison...

« Amélie ! Qu'est-ce que vous foutez la ? À rêvasser ? Venez vite prendre la commande des clients ! Vous voyez bien qu'ils Ya des gens qui attendent ! Allez au travail ! » Ordonna Marc.

Sa voix, toujours aussi glaciale me fit sursauter. Je n'avais même pas remarqué que je m'étais assise sur une table, loin des regards. Enfin pas tous, puisque mon patron vient de me prendre en flagrant délit.

« Oui monsieur, je suis désolé, j'y vais de ce pas »

Allez, autant terminer le plus vite possible !

Il était à présent environ 18h, du coup, il n'y avait plus aucun client. Il était temps pour moi de quitter les lieux. Mais bien sûr, il fallait bien que je nettoie après tout le monde !

Je pris un torchon qui trainait et commencer à frotter sur la table.

-« Laisse tomber Amélie, repose toi un peu, ça fait depuis le matin que tu travailles et tu n'as même pas arrêté une seule seconde ! Tu feras ca après, en attendant, viens, on va boire un petit café maintenant, tu es d'accord ?

C'était Anna qui venait de me parler. C'est une jeune femme, brune aux cheveux courts, et aux yeux vert. Elle a 27 ans, mariée avec 2 enfants. Dans cet endroit, elle était la seule qui me comprenait et qui me soutenait moralement, et je suis bien reconnaissante envers elle. Elle vit la même chose, depuis quelques temps. Son mari travaille de plus en plus dur, les frais de scolarité de ses enfants augmentent chaque année, alors, elle s'est dit qu'elle pouvait donner un petit coup de main à son mari. C'est pour cela qu'elle travaille ici, même si ce n'est pas le meilleur endroit qu'on puisse trouver...

On était toute les deux, assise sur une table. Il n'y avait que nous deux.

-« Et sinon, ça donne quoi en ce moment ? T'arrive à t'en sortir dans ta nouvelle vie ? »

-« Cava, je m'en sors, plus ou moins, mais difficilement. Entre le loyer, l'électricité, l'eau, les courses, les achats, et surtout les emprunts à la banque, ça ne sera pas de tout repos, malheureusement... » Répondis-je, sur un ton légèrement mélancolique.

-« T'en fais pas ! ce n'est qu'une période difficile, mais tu verras, tout finira par s'arranger. »

-« Dis moi, pourquoi tu n'envisage pas de te marier ? Comme ça, ton homme pourra t'aider financièrement tu sais... T'es encore jeune, belle, t'es blonde, tes yeux bleus pourraient attirer n'importe quel homme, et surtout, tu n'as que 23 ans alors il n'est pas trop tard voyons. Mais va pas t'imaginer que je suis lesbienne hein ! » Ajoute-t-elle, en riant

-« Merci pour cette description mélioratif, ça me fait plaisir. Et non t'inquiète pas mdr »

Nous partîmes dans un fou rire.

Puis, Je n'nettoyais les quelques tables qui restait sales, j'accrochais mon tablier dans un coin et je saluais Anna, avant de rentrer chez moi.

Mon appartement se trouvait près de la tour Eiffel. J'avais accès a une vue assez surprenante à partir de la fenêtre de ma chambre. Comme chaque soir, je m'adossais contre le mur, et je regardais avec admiration cette fameuse tour Eiffel. Oh oui, elle me rappelle plein de souvenirs marquants... Quand j'étais petite, je vivais ici, à Paris. Mes parents m'emmenaient souvent dans ce quartier. On piqueniquait, la plupart du temps.

Puis, mon père me portait sur ses épaules et commençait à courir, en faisant le bruit d'un avion, alors que ma mère, souriait en nous voyant nous amuser ainsi. Je me rappelle bien avoir annoncé a mes parents, qu'en grandissant, j'emménagerais ici, dans ce quartier. Ils rigolaient, pensant que je n'étais pas sérieuse. Enfin je n'avais que 5 ans alors, c'était un peu normal. En revanche, ce qu'ils ignoraient, c'est que j'avais réellement l'intention de réaliser ce rêve, et je l'ai fait.

Mes parents... Je me levais d'un bon, ouvris le tiroir qui contenait toute mes affaires qui avait un lien avec ma famille. Je me demande même pourquoi je m'en suis pas encore débarrassée..

Je pris un cadre photo et je le regardais longuement. Cette photo me rappelle aussi bien de souvenirs... Ce jour-là, on était allée à la plage, en compagnie de la famille Martin. Sur la photo, y'avais mon père, Charles, qui me portait encore sur ses épaules, tandis que Claude, portait Dylan dans ses bras. On avait environ 7 ou 8 ans à cette époque. Nos mères, Chloé et Sharon s'enlaçaient, comme des petits enfants heureux.

Puis, je pris le fameux collier. Dylan... tu me manques terriblement...Je me demande ce que tu es devenue à présent.

Quand je pris conscience de ce que je faisais la maintenant, je rangeais immédiatement le cadre et le pendentif au plus profond du tiroir.

Je me laisser tomber au sol, adossée a la porte.

-« Non, je ne veux pas me rappeler, tout cela est du passé maintenant. Il faut que je me débarrasse de mes affaires le plus tôt possible. Plus ils resteront dans cette chambre, plus je resterais accrochée à eux, et au passé. De cette manière je ne pourrais jamais avancer. Or ce n'est pas ça mon but. Allez ressaisie-toi. »

Je me surpris en train de parler à moi-même. Une chose est sûr, je deviens complètement folle.

Je regarde l'heure, 22h. Il faut que j'aille me coucher. Si je tarde encore, il sera difficile pour moi de me réveiller demain matin.

Je fermais le tiroir, et me couchais sous les draps. Puis, au bout de 20 minutes, je me sentis me perdre dans les bras de Morphée.

EspérerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant