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Depuis toute jeune, vers ses sept ans, Émilie Maura était la risée de tout le monde. De drôles de choses se passaient autour d'elle lorsque qu'elle était triste ou que quelque chose lui déplaisait.

La première fois, une chaude journée d'été, la petite Émilie apprenait la mort de son chien. Cette petite boule de poil n'était encore qu'un chiot à peine âgé de cinq mois. Mais la fillette s'y était vite attaché et la perte de cet animal l'attrista beaucoup. Pendant presque un mois, le magnifique soleil et la chaleur étouffante avaient disparu pour laisser place à de sombre nuages, un ciel d'un gris profond et des averses à n'en plus finir. Mais le plus étrange dans ce changement de météo soudain et imprévu, c'est que ce temps deprimant n'était que dans la région dans laquelle la famille Maura demeurait.
Attristés par le désespoir de leur fille et par ce temps, les jeunes parents décidèrent d'offrir un nouvel animal à Émilie. C'était un autre petit chien au pelage chocolat, elle le pris dans ses bras et nomma la petite bête Chocasquik, un mélange de Nesquik et Chocapic, disait-elle. Et à partir du moment où Chocasquik donna un minuscule coup de langue sur le visage de sa maîtresse, un rayon de soleil traversa un nuage et le beau temps était de retour.

Émilie sourit. Cela faisait presque dix ans que son chien était à ses côtés. La jeune fille maintenant âgée de dix-sept ans se tourna vers l'animal endormi. Ce qu'elle craignait le plus approchait. Elle ne voulait pas endurer ceci à nouveau. Elle se demandait si en reprendre un autre ne résoudrait pas le souci, mais dès que l'idée lui traversait l'esprit, une petite voix lui rappelait qu'aucun chien ne serait pareil que Chocasquik. Émilie sourit à nouveau. Ce nom est tellement ridicule, mais tellement attachant et plein de sens pour la jeune fille.

Que ferait-elle sans son fidèle animal de compagnie ? Elle avait l'impression qu'il la comprenait, la soutenait même quand ses parents avaient arrêter de lui adresser la parole ou même lui sourire sans qu'elle ne sache pourquoi. Un soir d'août, la petite famille était réuni dans le salon. Émilie avait alors onze ans. Ses parents l'avaient toujours chouchouté. Mais lorsque qu'ils lirent une lettre cacheté, leur sourire bienveillant disparu et il ne lui parlaient presque plus.

Ils interdirent formellement à la jeune fille de sortir de sa maison et engagèrent un professeur qui lui donna des cours à domicile. Émilie qui ne comprenait pas ce changement soudain, fut vraiment chamboulée et ne parlait presque plus non plus. De toutes manières, à qui pouvait-elle s'adresser, hormis son professeur, puisqu'elle n'avait plus aucun moyen de communiquer avec l'extérieur ?
Heureusement pour Émilie, la maison de ses géniteurs - elle ne les considérait plus comme ses parents - était très grande et le jardin était vaste. Cela lui permi d'éviter au mieux ces adultes avec qui elle cohabitait.

Son chien était la seule "personne" avec qui elle s'entendait bien. Au début elle était dépitée de n'avoir qu'une bête comme compagnie mais elle se rendit vite compte qu'elle était bien mieux que rester seule et devenir complètement folle. Alors la perte de son Chocasquik la terrifiait plus que tout. Cela la terrifiait même plus que ces étranges choses qui se passent autour d'elle.

La jeune femme se passa une main dans les cheveux ; ce n'était pas le moment de songer au passé et aux douleurs de celui-ci. Non, Émilie devait se concentrer sur ses cartons : elle quittait enfin la maison de ses géniteurs.

Weird MuggleOù les histoires vivent. Découvrez maintenant