Trois

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Quand elle franchi la porte d'entrée, Émilie inspira un grand coup puis continua sa marche vers le taxi déjà plein à craqué qui l'attendait devant le beau portail en acier. Elle déposa le dernier carton à l'arrière, sur un siège passager puisqu'il n'y avait plus de place dans le coffre. Elle s'excusa encore auprès du taximan de le faire attendre autant de temps puis s'éloigna une énième fois de la voiture. N'ayant encore que dix-sept ans, elle n'avait évidemment pas son permis. Et passer son permis tout en restant enfermé chez soi semblait compliqué. Elle courait en direction de sa chambre et ouvrit la porte très violemment. Elle venait chercher l'être le plus cher à ses yeux : Chocasquik. Elle se pencha doucement près de la bête au pelage aux légers reflets gris, signe de vieillesse, et gratouilla le sommet du crâne du chien. Celui-ci se releva péniblement en fixant sa maîtresse avec un regard plein d'amour.

Le coeur d'Émilie se serra. Qui l'aimera quand Chocasquik ne sera plus ? De qui s'occupera-t-elle ? Qui veillera sur elle ?

Ce n'était pas le moment de penser à ça. Elle pris la laisse de son animal et l'attacha avec son collier puis tira légèrement dessus pour vérifier qu'elle était bien fixée. Après cela, le vieux chien s'ettira et suivi sa maitresse qui l'emmenait dans la voiture.

Le trajet se fit en silence, Émilie n'étant pas habituée à converser, encore moi avec un parfait inconnu. Alors pour s'occuper pendant ces deux heures, elle caressait son chien qui s'était rendormi sur ses pieds.

Heureusement que ses géniteurs se chargeaient de payer la note ; deux heures de route en taxi n'est pas la meilleure idée du siècle quand on est étudiant.

Quand ils arrivèrent à destination, Émilie remercia l'homme et s'excusa à l'avance de le faire patienter encore une fois, le temps de vider la voiture. Celui-ci, exaspéré par la jeune fille et pressé de retourner chez lui, sorti et aida Émilie à décharger le coffre. Ce fut donc beaucoup plus rapide et la demoiselle se confondait en excuses et remerciements. Le taximan se dit qu'il faudrait plus de personnes aimables comme elle sur cette terre et démarra.

Émilie était à présent dans sa demeure. Elle était spacieuse est très simple en étant tout de même élégante. Les meubles étaient déjà là, les geniteurs avaient acheté de beaux meubles pour leur fille. Les meubles étaient très simple, pour la plupart dans les tons blancs et taupe, mais gardaient tous un aspect élégant sans trop en faire. Les cartons d'Émilie étaient surtout remplis de petits objets de décorations, de bijoux, chaussures - elle en avait quatre cartons pleins - de divers vêtements. Un carton qu'elle n'avait même pas réussi à fermer tant il était remplis de robes. Deux autres de tee-shirts et chemisiers, deux autres pour les pantalons, un autre pour les jupes... Même si elle ne sortait jamais, Émilie avait des tonnes de vêtements, sa génitrice qui fesait la même taille qu'elle, lui en achetait toujours dès qu'elle s'absentait. Et elle n'avait pas mauvais goût, bien au contraire.

Il était près d'une heure du matin lorsqu'Émilie avait fini de ranger ses affaires et jetter les cartons vides qui prennaient de la place pour rien. Elle se dirigea vers sa grande cuisine ouverte et s'installa sur un tabouret autour de l'îlot central. Là elle posa ses coudes et emprisonna son visage dans ses mains puis soupira longuement. Elle entendit les petits pas de Chocasquik qui venait la voir puis sourit : elle était enfin libre et se promit de sortir l'après-midi même.

Weird MuggleOù les histoires vivent. Découvrez maintenant