Bang ! Explosions in my head that just won't quit A train has crashed into the wall around my heart And left the old me dead, obliterated. Stop! My breathing in the night when you're not there The silence ringing through my ears And all I want to do is hear your voice But you're not there Drawn together, painters brush stroke Sleight of hand we, we won't go up in smoke Fates colliding, love undying Like the rising tide, beating hearts grow but never die To simplify I'll stand by your side Close my eyes, hope will never die Go ! And take away the pain of being me Soothe my soul, caress my heart And end my fear, all my bad memories Eradicated. — Atreyu.
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Neuf Janvier. Une semaine que les cours ont repris. Bonne rentrée, et bonne année ! Tu parles.
Ils ont passé le Nouvel An ensemble. Je le sais parce que je l'ai vu sur son fameux blog. Les photos étaient sombres, on ne distinguait pas bien leurs visages, mais je suis sûre que c'était eux, et qu'ils se tenaient dans les bras l'un de l'autre de la même manière qu'il le faisait avec moi. Pourquoi je regarde ça ? Je ne peux pas m'en empêcher. Je visite sa page web tout le temps, par n'importe quel moyen, parfois même plusieurs fois par jour. Qu'est-ce que j'essaye de trouver ? Qu'est-ce que je cherche à prouver ?
Il est sept heures quarante-cinq, le jour n'est pas encore levé, je marche d'un pas décidé vers les portes de mon lycée, le visage fermé, le noir dégoulinant déjà sous mes yeux, la musique d'Atreyu presque à fond dans les oreilles. Two become one, une chanson qui correspond parfaitement à ma situation actuelle. Que ce soit dans le domaine amical ou sentimental, c'est ça : j'étais deux, et je me suis retrouvée à n'être plus qu'une. J'ai peine à croire que l'on puisse dire qu'il est préférable d'être seul que mal accompagné ; la personne qui a dit cela ne sait sans doute pas ce que c'est de se retrouver réellement seul. Je me sens vide, je me sens éteinte. Quelques flocons de neige sont tombés durant la nuit, aussi j'essaye de marcher prudemment pour ne pas choir face contre terre sur le bitume. Mon esprit s'en est déjà chargé pour moi : je me suis effondrée mentalement, j'ai l'impression de toucher le fond. Et visiblement, je continue de creuser.
Je pousse les portes du bâtiment et me retrouve face à eux, à lui, à elle. Antoine et Magdalena, en train de s'embrasser goulûment comme s'ils étaient seuls au monde. Pitié, mais allez faire ça ailleurs ! Une phrase du célèbre livre Fight Club, de Chuck Palahniuk, me vient alors à l'esprit : "préparez-vous à évacuer l'âme dans cinq, quatre... " C'est cela. Je vais évacuer mon âme par je ne sais quel pore de ma peau, et elle va s'étaler devant eux comme une vulgaire flaque sans le moindre intérêt. Leurs lèvres se séparent, leurs visages s'éloignent, je feins de ne pas les avoir vus et pose mes yeux à la hâte sur mon téléphone, alors que je ne suis même pas censée m'en servir dans l'enceinte du lycée. Je grimace de dégoût et passe mon chemin, un haut-le-cœur m'assaille et je crois même que je vais vomir, encore, comme je l'ai fait pendant les premières semaines. Non. Ça va. Je trace ma route comme si de rien n'était. J'entre dans ma salle de cours au moment où la première sonnerie retentit.