Partie 3

1.1K 73 20
                                        

            Je ne peux m'empêcher de le fixer discrètement, je veux voir à quoi ressemble le garçon qui semblait préoccuper tout le monde. Il a une allure assez provoquante, piercing à la lèvre, cheveux bouclés en bataille et un style inspiré du punk. Il adopte le même style que la bande située derrière moi, à un détail près, lui s'habille plutôt dans des tons neutres, ce qui me fait rire puisqu'il porte ma principale couleur. Mais malgré cette couleur en commun nous n'avons pas du tout le même style. 

Je met mes lunettes que j'avais placé sur ma tête et me concentre la voix aïgue de l'enseignante.

- T'as enfin fini de me matter.

Sa voie rauque me fis sursauter. Je sent le rouge envahir mes joues mais le regarde pour ne pas paraître faible. Sûr de lui il me fixe s'attendant à une réponse de ma part.

- Et c'est bien la dernière fois crois moi.

D'un ton neutre je le remis à ça place, je déteste qu'on me prenne de haut. Je sent une colère sortir de lui, il n'avait peut être pas l'habitude qu'on lui réponde de cette manière. Il s'approche, d'un air menaçant et rétroqua.

- Tu ne sais pas à qui tu t'adresses.

Je ne peux m'empêcher d'émettre un rire presque sourd et de secouer la tête de droite à gauche. Mais toi non plus très chèr !  Il me regarda contrarié et énervé à la fois ce qui rendait la situation encore plus amusante.

- Que-ce qui te fais rire ?

Mon sourire dissparait lorsque je voit son expression faciale. Ses cheveux mal coiffés laissent tomber quelques mèches couvrant ses sourcils froncés. Ses narines sont légèrement écartées de colère et ses yeux d'un noir intense me fixent. Il était en train de mordre sa lèvre inférieure là où je vis précédement un piercing accroché au milieu. Quelque chose m'empêche de répondre et la seule chose que je réussis à faire est d'ouvrir légèrement la bouche pour aspirer de l'air.

Bon dieu Chloé ressaisie toi !

La sonnerie annonçant la fin du cours sonne et me fait sursauter. "Enfin" me dis-je en silence. Je me lève sans répondre à la question de l'inconnu et me précipite pour sortir de la salle.

Le reste de la journée se passe convenablement, j'ai du mal à trouver les salles mais l'excuse de la nouvelle marche à tous les coups. Il s'avère que cette université est plus grande et mieux organisée que je ne l'éspérais, un bon choix de la part de mes parents. Ca ne m'étonne pas d'eux. Je n'ai pas croisé le "rebelle" durant la journée, de toute façon j'en ai rien à faire. Me voilà déjà dans ma chambre, le désordre que j'ai fait ce matin me rend légèrement nerveuse. La pièce est composé de deux lits et de deux bureaux. Le coté de ma colocataire est rempli de posters avec des visages de rockeurs qui me sont inconnus, merci, tout ce que je déteste. Ses draps sont flashy et tout est en désordre. Des robes faisant la taille de mon bras et des vêtements indiscrets traînent sûr le sol. Je n'avais pas remarqué tout ce désordre à mon arrivé. Il fallait que je tombe dans cette chambre ! Maintenant je comprend pourquoi il restait une place. Je ramasse ma valise et range mes affaires. 

À peine je commençe à m'installer que la porte s'ouvre brusquement. Un couple débarquant de nulle part, s'interpose ne faisant pas attention à ma présence, trop occupé à s'avaler l'un et l'autre. J'emmet un grognement pour montrer mon désapprouvement et se décolèrent l'un de l'autre. 

- Et merde. Me chuchotais-je. 

La fille qui vient de rentrer n'est autre que celle qui me rigolait au nez en littérature. Ses cheveux roses et sa mini jupe en cuir m'affirment que je n'allais pas l'aimer. Nous nous regardons comme chien et chat avant qu'elle s'en aille avec son petit copain, comme si de rien était. 

Je suis en colère, oui, de tomber sur ce genre de personne. J'aurais tout fait pour éviter une punk. Je ne peux pas, cela pourrait m'empêcher de changer. Pour me changer les idées je continue mon installation, je devrait même acheter de la décoration histoire de regarder autre chose que ces horribles posters. Une fois mon placard rempli je découvre une lettre déposée au fond de ma valise. Intriguée, je l'ouvre et commençe à la lire. 

" Ma chère Chloé, si tu trouves cette lettre c'est que tu as fini de vider tes bagages. J'espère que là où tu es t'aidera à progresser et devenir la femme que tu veux être. Si tu es toujours intéressée, je t'ai inscrite à un club de danse classique comme quand tu étais plus jeune. Voilà l'adresse : 365 rue de l'******.

Chloé, si ton père et moi faisons ça c'est pour ton bien, on ne veux que te voir heureuse comprend-tu?Je suis désolé pour ce qui s'est produit dans le passé mais ici tu auras la chance de te reconstruire loin de tout ça

Voilà une carte sim pour nous contacter en cas de besoin. 

Je t'aime. Maman."  

Je relis à plusieurs reprises ces derniers mots jusqu'à ce que les larmes me montent aux yeux. Si elle m'aimait vraiment, cette femme, elle aurait empêché tout ça. Je froisse le papier et le jette à la poubelle avant de m'allonger sur le lit. Je fais quoi maintenant ? 

Le gargouillement de mon ventre me rappelle que je n'ai toujours pas mangé. Je me lève, prend mon sac et y jette mon portefeuille, mon téléphone et mes lunettes. Je m'habille de mon manteau et ferme la porte de la chambre pour aller manger. 

Breathing TogetherOù les histoires vivent. Découvrez maintenant