Chapitre 7: Renversement

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En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, Atlas se retrouva assise sur un canapé de velours bleu, une tasse de thé brûlant ses phalanges blanchâtres, un sourire de façade aux lèvres. Cara lui lançait des regards indéchiffrables de l'autre côté de la pièce pendant que les prunelles azurés de Taylor allaient de sa mère adoptive à son amie, une expression d'anxiété peu dissimulée sur son visage anguleux.

- Alors, comment t'appelles-tu jeune fille ? interrogea Cara, toujours avenante

- Je m'appelle Atlas, madame. Atlas Everwood.

Une expression de pure stupeur passa sur le visage de madame Mercey l'espace d'une fraction de seconde, expression qui n'échappa pas à la jeune femme mais qu'elle expliqua par la tasse brisée qui gisait aux pieds de son hôte après un grand fracas de verre.

- Pardonnez moi, s'excusa Cara en se répartissant de son sourire, cette tasse était incroyablement chaude, je vais aller chercher de quoi la nettoyer.

Ses mains tremblaient lorsqu'elle s'empara du balais et d'un chiffon humide.

- Maman, laisse moi faire d'accord ? Tu ne vas pas tout nettoyer toute seule.

Taylor s'approcha avec douceur, mais cette dernière le repoussa, se redressant de toute sa hauteur et Atlas comprit aussitôt pourquoi son fils adoptif l'avait qualifiée de forte et de femme indépendante.

- N'approche pas, tu pourrais te couper. Je suis assez grande pour m'occuper de ça seule, alors s'il te plait retourne t'asseoir. Maintenant ! insista-t-elle en voyant que le jeune homme n'avait pas esquissé le moindre geste.

Il acquiesça avant de regagner son siège et ce faisant, adressa une grimace d'excuse à Atlas. Celle ci, franchement perplexe, continuait à fixer le sol d'un air pensif, les rouages de ses réflexions s'engrangeant à toute vitesse dans l'espoir de percer à jour l'esprit revêche de son interlocutrice. Sa tâche accomplie, Cara retomba lourdement sur son fauteuil, un soupir satisfait s'échappant de ses lèvres plissées.

- Comment et quand est-ce que vous vous êtes rencontrés, tous les deux?

Taylor eut un moue gênée avant de se lancer, interprétant le silence d'Atlas comme une invitation à prendre la parole de lui-même.

- Atlas était... Je l'ai retrouvée hier, gisant dans l'eau d'une rivière non loin de la prairie où nous allions lorsque j'étais enfant, tu te souviens? Enfin, elle était blessée au crâne. Elle s'est perdue lors d'une excursion avec des amis et je comptais l'emmener à l'hôpital après t'avoir rendu visite. avança-t-il d'un ton hésitant

- Vraiment, la prairie où nous jouions quand tu étais enfant? Tu es sûr de ça Taylor? demanda Cara, braquant sur Atlas un regard perçant

- Oui, j'en suis persuadé mais... Pourquoi?

La vieille femme eut un grand éclat de rire face à la nervosité de son fils.

- Parce que les souvenirs liés à cet endroit me reviennent en masse mon grand. Tu te souviens du jour où nous avons entendu comme des grands coups dans le sol, comme sur du métal? Tu étais terrifié, pensant qu'un tremblement de terre en était la cause. Ton père t'avais dit qu'une taupe s'aménageait très certainement un repaire en creusant des souterrains.

Elle insista sur le dernier mot pendant qu'Atlas était agitée d'un sursaut, relevant brusquement la tête, comme prise au piège. Devant le trouble de la jeune femme, Cara eut un claquement de langue satisfait accompagné d'un sourire. Taylor, ne s'apercevant pas du trouble de son amie et de la joie manifeste affichée par sa mère, surenchérit.

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