Chapitre VIII

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Ève sortit de la cuisine à son tour, sa vengeance traînait un peu trop. Il était maintenant grand temps qu'elle passe à l'action.

L'heure du dîner approchait à grand pas, alors elle monta se conformer. Comme la première fois, il n'y aura qu'elle et le patron. Alors elle se mit sur son trente et un.
Une robe argentée moulante qui recouvrait à peine ses genoux, deux escarpins noirs et elle avait bien pris soin se laisser ses cheveux détachés. Ils lui arrivaient à la taille et avec le maquillage qu'elle prit, elle ressemblait plus à une sauvage qu'une femme civilisée.

-Parfait Ève.

Bertha vint la prévenir que le dîner était servi, mais quelle ne fut pas sa surprise et sa déception  quand elle lui dit que le patron serait absent pour dîner... une affaire importante le retenait en ville.

Ève fut déçue. Elle comptait vraiment sur ce dîner pour lui débaler le grand jeu.  Résignée, elle se mit à table seule et termina son dîner dans le silence.

Comme elle n'avait pas sommeil, Ève sortit sur la terrasse, histoire de prendre un peu l'air et de réfléchir aux prochains jours qu'elle aurait à passer dans cette maison isolée et coupée du reste du monde.

Une petite brise se leva et emmêla les cheveux d'Ève. Cette dernière les rassembla et en fit une queue de cheval avec une élastique qu'elle avait au poignet.

-Ils étaient mieux comme ils étaient.

Fit une voix derrière elle.

Elle ferma les yeux pour en savourer le timbre. Il n'y avait pas deux personne possédant cette intonation.

-Je vous ai attendue durant toute la durée du dîner. J'ai dû manger seule.

-Ce n'est pas dans mes habitudes de délaisser mes hôtes à l'heure du dîner mais une affaire importante retenait ma présence en ville. Je vous prie de m'excuser Évangéline.

Ève n'en avait rien à faire des ses excuses mais elle les accepta quand même.

Une autre brise se leva et ils en savourèrent tout les deux la douceur.

-Ça fait du bien.

-Qu'est ce qui fait du bien.

-Ça.

-La brise?

-Non...pas la brise. Le fait de savoir que je vous ai manqué.

Ève eut un petit sourire en coin.

-Vous ne m'avez pas manqué,  c'est impensable. Où allez vous chercher une chose pareille?

-Quel âge m'aviez vous dit avoir miss Évangéline?

-Vingt et un an, pourquoi?

Il vint s'asseoir doucement près de lui, se mit à son aise comme quelqu'un qui allait faire un grand discours puis commença

-Vous savez Évangéline,  il y a une légende qui dit que si une femme de vingt et un an ment vingt et une fois, elle perdra quelque chose de chère à son coeur.

-Ça n'existe pas, vous venez de l'inventer à l'instant.

-Peu importe, vous venez de mentir pour la première fois, il ne vous reste que vingt fois.

-Mais vous ne m'avez pas manqué.

-Deux.

Il sourit puis se leva, il lui tendit la main pour l'aider à se relever aussi.

-Je crois qu'on devrait rentrer, il commence à faire froid. Venez.

Ève se saisit de sa main et se releva. Sans qu'elle ne put voir ce qui arrivait, elle se retrouva collée contre lui.
Elle en devint blême et remercia la nuit d'avoir caché ses joues qu'elle devina êtres rouges en cet instant.

Elle recula puis se ressaisit, ensuite elle pressa le pas et passa devant lui. Mais au moment de franchir la porte il lui prit la main, elle se retourna.

-Évangéline... je, vous savez qu'il se passe quelque chose entre nous que vous n'osez avouer.

Elle secoua la tête en signe de dénégation.

-Trois.

Elle sourit quand elle vit à quoi il faisait allusion.

-Je vous souhaite une bonne nuit Gabriel, puisse cette nuit arranger vos pensées.

-Dis moi "tu", c'est plus intime.

-Plus intime...

Elle sourit puis s'en alla.

La plus douce des revanches [ en correction]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant