Harry.
Je somnolais depuis un moment déjà, quelques flashs de souvenirs me revenaient d'hier soir quand je sentis une masse monter sur le canapé et se poser sur mes jambes. J'ouvre un œil et aperçoit Scott, la tête tournée vers nous. Il regarde dans ma direction et relève les oreilles en me voyant bouger. Je pourrais presque apercevoir un sourire en guise de salutation sur ses babines.
Je remarque alors une trace dans son dos. Louis n'a pas encore bougé et j'imagine qu'il est aussi fatigué que moi je l'étais. Même maintenant je ne saurais pas dire ce qui a déclenché mes tremblements mais je sais ce que j'ai vu pendant mes moments d'absence. L'enlèvement, encore et toujours. Les bombes qui explosent à profusion. Mais Louis se retrouve de plus en plus en danger dans mes illusions, il se retrouve sous les décombres, ma place.
Un couinement me rappelle à l'ordre.
Je me sors de l'étreinte de mon homme le plus délicatement possible en prenant soin de ne pas donner de coup de pied à Scott non plus.
Une fois debout et étiré j'appelle le chien dans la cuisine où la lumière est la meilleure. Je prends la casserole à terre pour la poser dans l'évier et vais vers la baie vitrée qui toujours entre-ouverte.
Le compagnon de Louis arrive vers moi et s'arrête sagement à mes côtés sans partir dans le jardin. Je me penche alors pour observer ses reins où une entaille fraîche est parfaitement visible.
Le sang a séché depuis mais elle ne date pas plus de deux jours, je dirais même qu'elle date d'hier soir. Un pic de culpabilité me transperce le coeur. C'est forcément hier soir, quand j'ai fait tomber la casserole qu'il s'est fait mal. Scott couine à nouveau quand je touche un peu trop à la plaie. Bon, il faut que je le désinfecte et que je regarde mieux s'il n'a pas besoin de point de suture. Je demande au chien de s'allonger sur le sol et caresse pendant un temps sa tête et entre ses oreilles avant de monter à l'étage pour prendre une trousse de secours.
Je retourne auprès de Scott qui est toujours dans la cusine. je m'assoie en tailleur à ses côtés et ouvre la boite pour prendre du désinfectant.
Je le sens se tendre à chaque fois que le coton touche ses poils, mais il ne dit rien. Je pense qu'il a compris que mon but n'était pas de le blesser. Et c'est incroyable de voir à quel point il me fait confiance. Je ne l'aurais pas remarqué si je n'avais pas pris l'initiative de le soigner.
Je ne pense pas pouvoir faire quelque chose d'autre. Après que j'ai rangé la trousse de secours, il se lève et se secoue avant de venir vers moi et de me donner un gros coup de langue sur la joue. Je ris et m'essuie la bave, beurk. Je passe une main dans ses poils et le regarde. Il me fait tellement penser à Visconty parfois, dans son attitude bienveillante et sa gentillesse.
Je prends le temps de remettre de l'ordre dans mes idées avant de me lever.
- Va voir Louis.
Il semble comprendre et disparaît au côté de son maître. Je retourne dans la salle de bain et en profite pour prendre une douche. Je laisse le jet d'eau chaud couler et me met la tête dessous. Je souffle et laisse mes souvenirs affluer, je sais que c'est la seule façon de faire pour que je puisse passer à autre chose. Tout laisser sortir, balayer les émotions négatives pour pouvoir commencer une nouvelle journée plus sereinement.
Certain jours, je me mets à trembler comme hier soir et il me faut une heure avant de sortir, parfois c'est des crises de nerfs ou de panique, souvent même. Mais aujourd'hui, rien de tout cela. Je reste juste sous le jet et fais un bilan mental de ce qu'il reste à améliorer ainsi qu'un bilan de tout ce qui s'est bien passé. J'applique cette méthode de relaxation depuis que Louis est parti sous les conseils de mon psychologue. Je n'avais pas imaginé à quel point ça pouvait être efficace.
Je sursaute quand j'entends Louis toquer à la porte.
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My Wave (Tome 2)
FanfictionLe problème quand on a vu l'enfer, c'est que des images nous hantent. Il marque les êtres humains. Il laisse des traces sur chaque être, même les personnes ayant disparues restes avec chaque humain. C'est le problème avec la mémoire, elle aime nous...
