Chapitre 9

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Gigi.


Nous venons de quitter la maison de Louis, je prends le volant car Zayn a bu plus que de raison pour qu'il prenne le volan et j'aimerais que l'on rentre entier à la maison.
Nous venons d'entrer en ville quand je me décide de lui parler de la grande nouvelle que j'ai reçu cet après-midi.


- Zayn ?
- Oui ?
- J'ai postulé pour un stage de cuisine à New York, je t'en avais parlé.


Il se redresse dans le siège et je sens son regard, je tourne légèrement la tête vers lui pour voir son expression. Le petit sourire en coin qui prend forme sur ses lèvres me tord le ventre et je ne peux pas faire durer le silence. Je débite presque d'une traite l'information.


- J'ai été accepté, je pars le premier janvier pour deux mois.
- Mon dieu bébé, mais c'est génial ! Putain, je suis tellement fier de toi !
- C'est vrai ? Tu m'en veux pas de partir aussi longtemps ?
- Tu rigole ou quoi ? Je suis plus qu'heureux que tu aies obtenu ce que tu voulais. Tu en rêves depuis longtemps, je serais ingrat de faire la tronche pour ça.
- Même pour deux mois ?
- Je vais finir par croire que tu veux pas y aller là... Peu importe le temps que tu pars, il est temps que tu fasses quelque chose pour toi Gigi, tu as supporté mon départ en Afghanistan, je peux survivre deux mois sans toi. Et puis on aura Skype pour communiquer.


Je hoche la tête et serre sa main qui est posée sur ma cuisse. C'est vrai que j'ai aussi le droit de faire quelque chose pour moi. Je pense que me retrouver avec un chef étoilé pour me perfectionner ne peut être que bénéfique, je sortirai et découvrirait quelque chose de nouveau. Et il est temps que je change un peu d'air, car l'atmosphère qui règne ici est pesante. Même si d'ici la nouvelle année tout sera derrière nous, rien ne garantit que le jugement ou d'autres problèmes ne peuvent survenir d'ici là.
Et puis la liberté que j'avais il y a trois ans me manque aussi, le besoin de liberté de mouvement qui est en moi a tendance à se rebeller, j'aime Zayn de tout mon coeur, mais mon indépendance me manque un peu. La boutique fonctionne bien, mais entre les employés, les impôts, l'électricité, la matière première, il est compliqué de me trouver un salaire convenable, malgré mes journées plus que complètes.
C'est dans ces moment là que je regrette d'avoir arrêté le mannequinat, ça payait particulièrement bien. Mais j'ai été trop loin.
Le poids qui vous est imposé est absurde. En faite c'est la société qui est absurde, on demande aux femmes d'être aussi finies qui possible, d'avoir un ventre plat, de gros seins, de grosses fesses, alors que c'est impossible. Dans mon ancien métier, chaque fille étaient traitées comme de la chair à viande, on vous déshumanise. Et je ne veux plus jamais ça. Je veux montrer que oui, on peut manger autant qu'on veut, il suffit juste d'avoir les bons ingrédients. C'est pour cela que je me suis lancée dans la restauration.
C'était un projet qui m'a toujours tenu à coeur, depuis que je suis gamine j'ai toujours aimé faire la cuisine avec ma mère, pour tout le monde. C'est un plaisir. L'occasion qui se présente, je ne peux pas la rater, Zayn a raison, de toute façon il sera toujours là à mon retour. Mon angoisse n'est même pas fondée.


Je tourne dans notre rue et gare la voiture dans l'allée du garage.


- A quoi tu penses ?


Je me tourne vers mon copain, surprise de le trouver encore là, j'étais tellement dans la lune que je ne faisais même plus attention à ce qu'il y avait autour de moi.
Je me penche pour embrasser ses lèvres.

My Wave (Tome 2)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant