Chapitre 9 ~Repas~

20 3 0
                                    


« Puis-je te poser une autre question ? » Je demande à Julian qui semblait s'être perdu dans ses pensées.

Il hoche la tête calmement.

« Nathan, il figurait aussi sur l'une des photos que l'on m'a montré. Fait-il parti de ta famille ? » 

Son regard se pose alors sur moi, déconcerté. 

« Tu l'as rencontré aussi ? » Il me demande d'un ton désespéré.

J'acquiesce en silence.

«Non, ce n'est pas un loup. C'est une goule. » Il m'annonce calmement.

Une goule, je n'imaginais que ce genre d créature ressemblerait à un homme aussi beau. Lorsque l'on cherche Goule sur internet, on tombe en généralement sur des images effrayantes. Des êtres capablent d'une grande violence envers ses congénères, et de les dévorer peu importe si le goût est infâme ou non. C'est un symbole de supériorité.

« Il ne se sourit pas d'autres goules. » Intervient ensuite Julian.

Surprise qu'il interrompe le cours de mes pensées, il devine aisément ses dernières. Est-ce un effet secondaire lorsque l'on est un loup ?

Julian rigole doucement : « Les loups communiquent généralement par le biais de la pensée, télépathiquement donc. Seul moi peux lire dans les pensées des humains, en revanche mon petit frère avait le don d'apaiser les colères les plus intenses. Chaque loup capable de muter en humain, hérite d'un don particulier. » Il ajoute d'un air sérieux.

Je m'assois sur le canapé, ma vision sur le monde vient complètement de changer en quelques minutes. Comment je peux protéger Lison si je suis incapable de me protéger moi-même ? Et si les hommes utilisaient ma sœur pour me faire parler ? Julian avait raison, je n'aurai jamais dû me mêler de tout ça.

« Laisse-moi te dire que Lison a beaucoup de chance d'avoir une grande sœur qui veille aussi bien sur elle que toi. » 

Incapable de parler, je poursuis le fil de mon analyse. Je suis si naïve que j'ai laissée entrer chez moi un loup qui pourrait très bien s'en prendre à moi, ou à Lison. D'ailleurs elle a même approché une goule... Je suis vraiment la plus pathétique des sœurs.

« Aurore, jamais je m'en prendrais à toi ou à ta famille. Je respecte les humains. Je n'avais jamais rencontré une fille telle que toi, tu gardes la tête froide en sachant tout ce qu'il se passe autour de toi. » Me dit Julian en déposant une main réconfortante sur mon épaule. 

Je sursaute en prenant peur. Instinctivement je ferme les yeux. Il remarque alors ma frayeur, et contourne le canapé pour s'agenouiller face à moi.

« Ecoute, vu les circonstances vous feriez bien de venir dormir chez moi ce soir. Je déposerai ta sœur à l'école demain matin si tu veux bien. » Il me propose en caressant ma joue. 

Indécise, je pense refuser. Lison pourrait avoir peur de changer soudainement de toit, elle est certes très jeune mais elle n'en demeure pas moins bête. Mais j'ai le sentiment que les hommes que l'on a rencontrés n'hésiteraient pas à s'en prendre à une enfant pour me faire parler, l'homme qui m'avait menacé à s'en doute deviné que je dissimulais la vérité.

« Si cela peut te rassurer, je la ferai surveiller. Et dès que l'école se termine je récupère ta sœur.Il ajoute avec calme.

« Pourquoi fais-tu ça ? Tu ne me connais pas après tout. » Je lui demande en fronçant les sourcils.

« Tout simplement parce que tu es impliqué par ma faute. Alors je te dois bien ça... » Il répond d'un air pensif.

Un silence pesant se fait ressentir dans la pièce jusqu'à ce que des bruits de pas raisonnent dans le salon annonçant l'arrivée de ma sœur. Elle veut s'approcher de moi, mais la présence de Julian la fait hésiter. 

« Tu peux venir, c'est un ami. » Je lui dis en souriant. 

Elle hésite un moment mais finit par s'approcher lentement, j'ouvre mes bras pour l'accueillir sur mes genoux. Lison a mis son petit bas de pyjama gris  et son petit blanc tacheté de jaune qu'elle adore. (voir média)  Je lui embrasse délicatement la joue en lui disant : « Ça te dérange petit ange si on va chez Julian ce soir ? ». Son regard bleu m'observe un cours instant : « Les hommes, ils vont revenir ? Il était aussi sur la photo... » Réplique Lison d'une voix innocente.

Je secoue la tête : « Non les hommes ne reviendront pas, Julian est tout seul ce soir et il nous invite. » Je mens, mais je ne veux pas l'inquiéter. 

Elle hoche la tête : « On peut manger à la maison ? » 

Je regarde Julian qui fixait la porte. Il grimace mais finit par dire oui d'un signe de la tête. 

« Bien sûr, va faire ton sac pour demain. » Je réponds en me levant à mon tour pour verser les pâtes dans la casserole bouillante. 

Lison disparaît dans les escaliers tandis que Julian me rejoins dans la cuisine. Aucun de nous deux ne parle. J'ignore quoi faire avec les pâtes, je vais sûrement couper une tranche de jambon pour Lison : elle mange très peu de viande. En revanche, je me doute qu'un loup doit...

« Manger comme tous les hommes. » Intervient Julian en interrompant mes pensées.

Je ne peux réprimer un sourire en coin en remuant les pâtes. Une fois les trois assiettes sorties, je découpe le jambon dans celle de Lison, pendant que trois saucisses cuisent. Le repas enfin terminé, j'appelle ma sœur qui ne se fait pas prier et dévale les escaliers affamée. On aurait dit qu'elle n'avait pas mangé depuis une semaine. Je sers ensuite Julian et le repas se passe en silence. Nous observons tout deux Lison qui dévore littéralement son assiette. Quand soudain la sonnette raisonne, il est _20h12_ plus personne ne sonne chez nous normalement.

Les vibrations du téléphone de Julian suivent alors la sonnerie. D'un geste habile, il le déverrouille pour lire ses messages, son visage finit par se décomposer. Son regard azur me fixe intensément afin de me faire comprendre qu'il y a un problème. Un problème qui l'effraie.


War Of NatifsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant