Chapitre 11 ~Rester une légende~

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« Aurore, réveille-toi. » Encore endormie, mes pensées s'embrouillent. Je crois reconnaître la petite voix de Lison, qui tente de m'extirper d'un sommeil profond. Les images d'hier soir surgissent dans mon esprit, Florian n'aurait pas hésité à m'attaquer si Julian n'était pas intervenu. Comment pourrais-je protéger ma petite sœur, je suis faible face à ces créatures. Les Hommes ont décidés de considéraient ces bêtes comme étant des légendes, ils auraient dû rester des légendes aux yeux de ma sœur, ainsi qu'aux miens. J'ai souvent entendu dire que parfois, les légendes ont une part de vérité, mais j'ose espérer que les plus terrifiantes n'existent pas elles-aussi... les démons, les sorciers...les vampires et les goules me suffisent amplement. Il m'arrive de me demander si je n'ai pas été maudite enfant, parce que depuis toute petite, je ne cesse de m'attirer des ennuis. Mais aujourd'hui, cela ne me concerne plus personnellement. J'ai mis en danger Lison, elle qui est si petite et si innocente... est en contact avec des monstres sanguinaires. J'aurai préféré que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve, et retourner au lycée comme une étudiante tout à fait ordinaire.

Finalement la froideur du lit me fait ouvrir les yeux, je remarque alors que ma sœur a disparu. Une vague de panique m'envahit, je bondis hors du lit en m'élançant à travers le couloir. Aucune trace de Lison. Quand soudain j'entends un cri aigue provenir du salon, en bas. Mon taux d'adrénaline dans le sang me pousse à dévaler les escaliers à toute vitesse, le souffle me manque, ma vision se floute, je manque une manque une marche et les ténèbres m'envahissent.

« Le lit n'était pas suffisamment confortable pour toi, princesse ? » Dit une voix lointaine.

Une vive douleur provenant de ma cheville gauche me fait grimacer, tandis que mes yeux s'ouvrent. La vision que je découvre me fait horreur, et pousser un cri de terreur. Florian est debout, face à moi, avec Lison dans les bras qui semble m'observait avec étonnement.

« Lâche-là immédiatement ! » Je m'exclame en tentant de me lever mais ma cheville me fait retomber dans la seconde qui suit.

« Mais on joue. » Proteste ma petite sœur en s'accrochant au cou du garçon.

Quand soudain Nathan et Julian font irruption dans le salon avec précipitation. Le garçon aux yeux azur m'observe, puis son regard se dirige sur Florian et Lison. Nathan s' approche de moi, afin de frôler ma joue, puis va toucher l'épaule de Florian qui gardait le silence.

« Explique-moi pourquoi Aurore a une cheville écarlate, en petite culotte par terre, et pourquoi Florian a la petite dans les bras. » Intervient Julian d'une voix dur.

« Florian a entendu Lison qui essayée de réveiller sa sœur car elle avait faim. Il est venu la chercher afin qu'Aurore puisse dormir, il lui a préparé un chocolat chaud et il a fini par la divertir en la portant dans les airs. Aurore a du entendre un rire de Lison et vu les événements d'hier avec Florian, elle a pris peur et s'est précipité dans les escaliers d'où une chute imminente et une cheville fracturée. » Annonce Nathan en retrouvant sa place au côté du loup.

La gêne finit par me faire rougir, je tente d'étirer mon tee-shirt jusqu'à mes cuisses mais ce dernier ne cesse de remonter. J'ai vraiment l'air idiote, par terre contre le carrelage froid en petite culotte et les cheveux sûrement ébouriffés. Mes yeux se baissent sur ma cheville qui venait de doublé d'épaisseur en quelques minutes.

« Nathan, occupes-toi de la petite, Florian va faire une ronde afin de vérifier qu'ils ne nous ont pas encore retrouvés. Je vais soigner Aurore, lorsque je reviens, vous devez être prêts à partir. » Dit Julian en s'avançant jusqu'à moi.

J'essaye de me relever à la force de mes bras, mais le loup décide de me soulever sans un mot avant de monter les escaliers. Sa respiration reste régulière, comme si il ne faisait aucun effort. Ses capacités physiques sont hors normes, et vraiment impressionnantes. Il porte une chemise marron avec un jean noir. Son regard semble vide, une nouvelle a dû le contrarier récemment.

Nous entrons dans une pièce illuminée, le soleil réchauffe la salle grâce aux nombreuses fenêtres. Julian finit par me déposer sur le lavabo, les jambes pendantes dans le vide. Il se retourne dos à moi et cherche dans divers tiroirs une trousse de pharmacie. Il finit par en trouver une, Julian commence à l'appliquer toujours en silence. Il finit par masser l'endroit gonflé, un cri de douleur m'échappe. « Nathan avait raison, tu as une bonne fracture. » Il commente en observant mon pied sous tous les angles possibles.

« Il faut aller à l'hôpital non ? » Je demande d'une voix innocente.

« Je te rappel que des hommes dangereux sont à notre recherches. » Il soupire en passant une main nerveuse à travers ses cheveux.

« Et donc je vais marcher avec ce pied ? » Je souffle exaspérée.

« Ferme les yeux. » Grogne Julian. Je le fixe incrédule.

« Pardon ? »

« Ferme les yeux. » Répète le loup d'une voix intimidante.

J'obéis sans comprendre, lorsque je sens deux crocs s'immiscer dans ma chair. Un hurlement de douleur jaillit de ma gorge, tandis que je serre les poings jusqu'à en faire blanchir mes jointures. J'ouvre alors les yeux, la teinte des siens est verts émeraude. Du sang coule de sa bouche, mon sang. Victime d'un haut-le-cœur, je vomis dans le lavabo à ma droite.

« Le venin des loups peut sauver ou anéantir la vie des Hommes, il va mettre quelques minutes avant d'agir, cela devrait accélérer ta guérison  et rendre supportable la douleur en attendant. » Explique Julian en s'essuyant la bouche.

« Mer...merci. » Je bégaye en observant des gouttes de sang tombaient des deux petites plaies sur ma cheville.

« Je m'en vais, Nathan va arriver. » Dit le loup sans prêter attention à moi.

« Attends, s'il te plaît. » Je lui dis d'un ton suppliant.

Il se retourne, son regard intimidant me fixe avec colère : « Je suis qu'une bête sanguinaire qui aurait dû rester dans les légendes, alors lâche-moi tu veux. Humaine. » Crache-t-il avec amertume avant de me laisser seule.

Il m'avait entendu...

War Of NatifsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant