Chapitre 34

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J'avance vers ma destinée, serein. Lorsque nous sommes déjà à quelques mètres du repaire, Nathan se retourne une dernière fois pour faire un signe à sa mère et lui pointer son téléphone pour lui faire comprendre qu'ils s'appelleront. Pour ma part, je préfère ne pas me retourner.

Quand je pense que j'ai faillit me faire bannir pour une connerie. Remarque, je m'en contre fou.

Le silence laisse place aux chants des oiseaux, enfin réveillés par les chauds rayons du soleil qui est un peu plus haut dans le ciel. Nos pas craquent dans les broussailles et les feuilles mortes. Mais le printemps sera bientôt là.

Nathan: Tu comptes aller jusqu'où ?

J'hausse les épaules.

Moi: Tu crois que j'ai une limite ? Si tu ne veux pas trop t'éloigner fallait pas venir.

Il fourre ses mains dans ses poches et j'entends Eden soupirer derrière nous.

Moi: Un problème ?

Eden: On veut t'aider et tu nous jette comme des chaussettes puantes.

Je me retourne tout en continuant mon chemin.

Moi: C'est pas ce que vous êtes ?

Nos regards se croisent et des éclats de rire retentissent dans la forêt. Nathan se rapproche de moi pour me taper dans l'épaule.

Nathan: Je le savais !

Moi: De quoi tu parles ?

Nathan: On peut pas se faire la gueule éternellement.

Eden: J'ai cru que t'allais me tuer si ta mère s'était pas interposée !

Un petit rire m'échappe, mais je continue d'avancer en silence, trop préoccupé par Naamah pour repenser à tout ce qu'il s'est passé.

Au bout de quelques minutes de marche, nous arrivons à l'endroit où s'est déroulé le combat. Je m'approche des feuillages et utilise mon odorat pour y démarquer les odeurs de sang séché puis je m'agenouille près de celles qui correspondent à l'endroit où se trouvait Naamah. Cette fois la scène me remonte en mémoire et je me revois la projeter au sol pour lui casser les côtes. Je sens mon coeur s'emballer.

Eden: Si elle était blessée, elle n'a pas pu aller très loin.

Nathan: Ça fait quand même un moment que ça s'est passé.

Moi: On va essayer de suivre l'odeur, on verra bien.

Les deux me suivent à la trace alors que je me dirige à présent vers la petite cabane de Naamah, située dans la forêt près de la plage.

Nous passons par la ville, puisqu'aucun autre chemin n'est possible pour la rejoindre. Les gens que nous croisons nous regardent de haut en bas, nous devisangeant comme si nous étions des monstres.

S'ils savaient... pauvres humains aux vies ennuyantes...

Moi: J'ai envie de leur écraser la tête dans le goudron à ces vieux cons.

Le rire de Nathan se démarque des bruits des voitures qui roulent à toute vitesse.

Nathan: Pas besoin de le dire ça se lit sur ton visage.

Arrivé en haut de la plage, sur le parking, je prends quelques minutes pour observer la mer qui s'agite.

Eden: On peut manger un peu ?

Nathan et moi nous retournons vers lui, sourcils levés.

Moi: T'es sérieux ? On vient à peine de partir.

Eden: Mais j'ai faim moi, j'ai même pas déjeuner.

Je marche en direction de la forêt, poings serrés, prêt à retrouver la fille de mes rêves.

Moi: T'as qu'à te trouver un lapin ! Déjeuner mon cul ouais... c'est quoi ces habitudes d'humains ?

Bon... j'avoue que mon verre de lait froid matinal m'aurait donné un peu plus de forces.

Le soleil n'est pas caché par les nuages et sa chaleur commence à se faire sentir. Une traînée de sueur coule le long de mon dos, sous mon sac. Nous arrivons à la petite cabane pour la retrouver détruite, les planches brisées et des bouts de papier arrachés autour. J'en récupère un bout, c'était ses posters.

Moi: C'est impossible que ce soit elle qui ai fait ça, elle y tenait beaucoup.

Eden s'approche et ramasse quelque chose de brillant.

Eden: Ouah, j'avoue que ça... ça a l'air plutôt de grande valeur....

Je lui arrache l'objet des mains et me rend compte qu'il s'agit de son collier au pendentif de cristal.

Moi: C'était à sa mère, elle ne l'aurait jamais laissé !

Nathan s'approche et regarde autour de nous.

Moi: Dis moi ce que t'en pense ! J'arrive plus à réfléchir là !

Eden sourit face à ma perte de contrôle et je suis de plus en plus rouge de rage.

Moi: Eden je te le jure, continue et tu vas finir comme cette cabane.

Je le pointe du doigt.

Moi: T'as eu de la chance la dernière fois ouais !

Nathan finit de réfléchir et pose une main sur mon épaule pendant qu'Eden reprend son sérieux.

Nathan: Bon... pour moi, c'est sa meute qui a fait ça quand ils ont découvert qu'elle les avait trahis. Par contre... si tout est encore là, c'est qu'elle est pas passé par ici, sinon elle aurait tout récupéré.

Je passe ma main dans les cheveux puis essuie mon front plein de sueur.

Moi: Alors quoi ? Elle est pas passé par ici du tout ? En même temps ça fait loin du lieu de combat... qu'est ce qu'on fait ? Qu'est ce que ça veut dire ?

Nathan retourne sur nos pas et Eden le suis sans réfléchir.

Nathan: On retourne au lieu de combat et on suit les traces de sang cette fois.

Je les rattrape en trottinant, complètement perdu.

Nathan: Mec reprend toi sinon on avancera jamais.

Une fois sur les lieux, nous prenons le chemin qui suit l'odeur de Naamah.

Eden: J'y repense là, mais, ta meuf bizarre...

Je lui jette un regard noir.

Eden: Enfin ta meuf bref, elle sait guérir puisque le jour où tu as été attaqué par Hannah c'est elle qui t'as soigné. Tu te souviens Nathan ? Elle lui a fait un truc bizarre.

Moi: Et ?

Nathan: Belle réflexion, Angelo, ça veut dire qu'elle a du se guérir elle-même ! Quand tu l'as blessé, pendant que le combat continuait, elle a dû se guérir et s'enfuir.

Je repasse ma main dans les cheveux et m'aperçois que c'est une mimique que je fais lorsque je suis en stress. Je m'arrête de marcher.

Moi: Mais pourquoi elle n'est pas allée à sa cabane avant de s'enfuir ?

Nathan: Ça c'est une bonne question.

Moi: Peut être que... peut être que tout ce qu'elle voulait c'était simplement partir le plus loin possible ? Pour oublier tout ça... je ne sais pas...

Mes yeux se perdent dans le vide et Nathan m'attrape par la nuque.

Nathan: Vraiment mec, je t'ai jamais vu dans un tel état.

Eden: J'suis vraiment pas pressé de la trouver, mon âme sœur moi.

Je les repousse alors qu'ils m'enlacent comme si j'étais un enfant à consoler.

Moi: Dégagez ! Ne faites plus jamais ça j'suis pas une victime !

Ils éclatent de rire mais Nathan ne me lâche pas.

Nathan: C'est ton âme sœur Angelo, on va la retrouver.

Contrat avec le surnaturel - TOME 2Où les histoires vivent. Découvrez maintenant