Chapitre 20

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| Salam Aleykoum |

Problèmes•

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Assy Ahmed Aidara

J'étais debout, figée, incapable de bouger. Mon cœur battait à tout rompre, ma respiration était saccadée, et mes mains tremblaient. « Comment... comment est-ce possible ? » pensais-je, les mots coincés dans ma gorge. Tamara... c'était Ramata. Mon esprit refusait de comprendre. Je me suis mariée... avec l'homme de ma meilleure amie.

Je distinguais faiblement la voix de Chérif derrière moi, criant quelque chose à propos d'appeler les secours, mais c'était comme si le son ne me parvenait pas. J'étais paralysée, figée dans l'incrédulité. Il s'est avancé vers le téléphone, le visage tendu, les yeux emplis de peur et de confusion.

Une demi-heure plus tard, nous voilà à l'hôpital.

Le Dr Sylla, médecin de la famille, a pris Tamara en charge dès notre arrivée. Les couloirs étaient silencieux, seulement troublés par le bruit lointain des pas pressés des infirmières et le bourdonnement des machines. Chérif faisait les cents pas, visiblement à bout de nerfs, la mâchoire crispée, les yeux fous de peur et d'incompréhension.

Moi... moi je me sentais pire. Comme si tout mon monde s'effondrait. J'avais envie de crier, de hurler, mais aucun son ne sortait. J'ai essayé de lui parler, de le calmer, de poser ma main sur son bras pour le rassurer... mais rien n'y faisait. Il répétait encore et encore les mêmes questions, haletant, la voix tremblante :

« Comment ça se fait que tu connaisses Tamara depuis tout ce temps... et que je n'en aie jamais su rien ? »

Mes lèvres se sont entrouvertes, mais tout ce que j'ai pu articuler, avec un souffle tremblant, c'était :

— Je... je n'en sais rien...

Je me suis assise sur un siège froid, la tête entre les mains. Comment avais-je pu être si naïve ? Comment avais-je pu devenir amie avec elle, partager des rires et des confidences, sans savoir qu'elle était... elle ?

Une minute plus tard, je sors mon téléphone avec des doigts tremblants et appelle ma belle-famille pour les prévenir. Ils sont arrivés rapidement, leurs visages figés dans l'inquiétude et la confusion. Heureusement, ils n'ont pas posé beaucoup de questions, bien que je sentais dans leurs regards une curiosité brûlante.

Autour de moi, le monde semblait s'être arrêté. Le temps n'existait plus. Tout ce que je voyais, c'était Chérif, la détresse dans ses yeux, et Tamara, allongée, vulnérable, à quelques mètres seulement... et moi, prise au piège entre loyauté, amour et trahison.

Cinq minutes plus tard, le Dr Sylla fit enfin son apparition, et nous nous précipitâmes à sa rencontre, comme des naufragés accrochés à une bouée.

Cherif – Docteur ! Comment va-t-elle ?

Dr Sylla – Ne vous inquiétez pas, elle se porte bien maintenant.

Nous – Al hamdoulillah...

Cherif – Puis-je la voir, s'il vous plaît ?

Dr Sylla – Oui, suivez-moi.

Je les suivis, mais mon pas était hésitant. Mon cœur battait trop fort, ma gorge était sèche. Je ne savais pas pourquoi j'avançais. D'un côté, je voulais m'assurer que mon amie allait mieux, qu'elle était en sécurité. De l'autre... j'avais peur. Peur de sa réaction, de la mienne, et surtout de celle de Cherif. Je restai figée à la porte, incapable de faire un pas de plus.

Mon Amour, Mon miracle [ TERMINÉ ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant