Chapitre 27

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| Salam Aleykoum |

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Assy Aidara

7h 30mns

.....

-La lumière pâle du matin filtrait à travers les rideaux. J'avais déjà refait le lit, plié les draps avec une minutie presque excessive. Quand mon esprit est trop agité, je range. Comme si remettre de l'ordre autour de moi pouvait réparer le désordre en moi.

On frappa doucement à la porte.

— Madame... je peux ? demanda une voix timide.

— Oui, Lucie, entre.

Elle passa la tête, hésitante, puis entra complètement. Son regard se posa aussitôt sur la chambre impeccable.

— Oh... vous avez fait votre chambre, Madame ! Pourquoi ne me laissez-vous pas la faire ? C'est mon travail, vous savez...

Je souris faiblement.

Lucie est la jeune femme que Chérif avait engagée pour aider Tamara dans les tâches domestiques. Elle nous a suivis de Dakar jusqu'ici, laissant derrière elle toute sa famille au Sénégal. Maintenant que j'y pense... peut-être ai-je été injuste avec elle quand j'ai insisté pour que nous nous installions en France. Je n'ai jamais vraiment pris le temps de lui demander si elle était heureuse.

— Je sais, Lucie... mais tu vois, j'aime faire ces petites choses moi-même. Ce n'est pas contre toi. J'ai pris congé, j'ai du temps... et puis je sais encore m'occuper de ma maison, ajoutai-je avec douceur. Tu es surtout là parce que Ramata a besoin de toi.

Son visage se crispa légèrement.

— Vous ne voulez pas de moi alors... ?

Sa voix tremblait.

Mon cœur se serra.

— Non, ce n'est pas ça. J'apprécie ton travail. Vraiment. Tu es sérieuse, appliquée... mais certaines choses, j'ai besoin de les faire moi-même. Ça me fait du bien.

Elle baissa les yeux sans répondre.

Un silence flotta entre nous. Puis je me risquai :

— Dis-moi, Lucie... ta famille ne te manque-t-elle pas ? Tu n'aimerais pas les revoir ?

Ses yeux s'embuèrent presque aussitôt.

— Bien sûr que si, Madame... mes parents me manquent beaucoup.

Sa réponse était simple, mais lourde de nostalgie.

Je pris une inspiration.

— Je peux te donner trois mois de congé payé, si tu veux.

Elle releva brusquement la tête, la bouche entrouverte.

— Vous... vous vous moquez de moi ?

Un léger rire m'échappa malgré moi.

— Bien sûr que non. Je suis très sérieuse. Tu le mérites. Tu travailles sans relâche, jour et nuit.

Mon Amour, Mon miracle [ TERMINÉ ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant