Chapitre 1

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| Selamou Aleykoum ❤|

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Assya Ahmed Aïdara.

07 / 11 / -- Sénégal-Dakar

Me voilà de nouveau sur le sol de Dakar, la ville où je suis née et où j'ai vécu mon enfance en toute tranquillité, sérénité et amour avec ma petite famille. Cette ville que j'aimais tant et qui m'aurait sûrement beaucoup manqué pendant ce long moment où j'y étais absente si je n'avais pas vécu cette tragédie... Rien que de m'en souvenir, je manque d'air et je n'arrive plus à respirer correctement.

Debout à la sortie de l'aéroport, je me sens perdue et seule, comme ce jour où tout a basculé. J'avais le regard vide ; les souvenirs me revenaient comme si cela venait de se produire il y a une minute. J'étais en train de revivre cet horrible cauchemar. Comme j'aimerais que ça ne soit qu'un simple cauchemar, mon Dieu !

Ce jour-là, j'ai vécu ce que redoute tout enfant : « perdre un parent ». J'ai malheureusement vu ma raison de vivre mourir devant mes yeux dans un accident de voiture dont je suis sortie saine et sauve... mais j'ai perdu mon plus grand bonheur : ma mère.

— Comme la vie peut être injuste parfois !

J'étais une jeune fille de quinze ans, pleine de vie à l'époque. J'étais sociable et j'avais beaucoup d'amis. Tout le monde me connaissait et m'appréciait dans mon quartier. Oui, parce que j'étais bien élevée, de bonne famille et jolie, d'après les voisins. Je portais le voile, je faisais mes prières régulièrement et j'avais de très bonnes notes à l'école.

— Ah... papa et maman en étaient si fiers !

Nous vivions dans une maison magnifique et, d'après mes souvenirs, papa et maman formaient un couple parfait. Je ne les ai jamais vus ni entendus se disputer. Ils se respectaient et s'aimaient d'un amour fa tabaraka Allah. Nous étions heureux... mais cette époque n'est plus, et ma mère non plus.

— J'aimerais que tout redevienne comme avant, mais cela semble impossible.

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Mon père (Ahmed Bechir Aïdara) gagnait bien sa vie. Il a étudié dans différentes universités islamiques et autres. C'est un homme d'affaires et il possède une grande entreprise spécialisée dans la création de parfums à Dakar, qu'il a créée avec son ami. C'est aussi l'un des imams du quartier.

Maman (Madina Sall), quant à elle, était une femme belle, pieuse et modeste. Elle était sage-femme. Je me rappelle qu'elle me racontait tout le temps comment ça se passait au travail ; je la regardais, les yeux brillants, avec l'envie de lui ressembler. Je l'admirais tellement. C'était mon idole... c'est mon idole.

— Maman, si tu savais à quel point tu me manques... dis-je entre deux sanglots. Depuis ton départ, ma vie a complètement changé.

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Après la mort de ma mère, nous vivions seuls, mon père et moi, dans une maison vide et pleine de souvenirs. Je n'arrivais pas à le supporter. J'allais mal et je ne pouvais plus me concentrer sur mes études. Je voyais et entendais ma mère dans chaque coin et recoin de la maison.

Mon père souffrait également. Ayant remarqué que je n'allais pas bien, il a décidé, quelques mois après le décès de ma mère, de m'emmener en France pour continuer mes études, afin de diminuer un peu ma souffrance et me changer les idées. Désespéré, c'était pour lui la seule solution.

Mon Amour, Mon miracle [ TERMINÉ ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant