Nan ! Nan ! Nan ! Ne lâchez pas les fauves maintenant !
Il faut que je descende maintenant, ces foutus gardes ont crié la fin du repas. Il ne pouvait pas le faire durer un peu plus longtemps aujourd'hui.
Bon plus le temps de prendre des pincettes, je saute de l'armoire avant de me reculer rapidement. Cela ne manque pas, le placard s'écrase lamentablement à quelques pieds de moi dans un vacarme assourdissant. Un glapissement m'échappe. C'était trois fois plus bruyant que ce que je m'étais imaginée.Je m'élance en courant avant de finir la tête en bas. Le sol continue d'aller dans la direction que je prenais.
Un minute, la tête en bas ?
Oh non, non, non ! L'inconnu qui me tient porte une chemise gris-bleu, l'uniforme des détenus. Il s'élance par la porte que j'ai laissé entrouverte. Comment il peut savoir qu'elle était ouverte, j'avais rabattu le battant suffisamment pour tromper n'importe qui qu'elle était bien fermée ? Je me débats en reprenant enfin pied dans la réalité. Le prisonnier qui me tient vacille légèrement sur ses appuis sous mes coups mais garde sa direction, droit vers le côté falaise.J'entends des cris derrière nous. La porte est vite refermée et seulement une dizaine de prisonniers ont réussi à passer la porte.
Ils sont abattus froidement par les gardes, pourquoi personne ne tire vers ce mécréant qui me porte de façon grossière. Je relève la tête en me servant du dos de mon ravisseur, qu'il me serve au moins à quelque chose. Une masse est étendue en étoile entre nous et les fusils. Je fais enfin tilt, c'est mon père cette masse. Et c'est lui qui empêche les autres de tirer, il doit avoir peur qu'une balle me touche. Je redouble de gesticulation devant ce constat. Hors de question que j'aide un prisonnier à s'échapper !"Arrête de bouger merde ! râle-t-il.
- Lâchez-moi dangereux psychopathe pervers ! je hurle tout en continuant mes bravades.
- Mais t'es impossible ! clame-t-il."Il finit à peine de parler qu'il saute dans le vide en m'entraînant avant que je n'ai pu dire un mot. Il me lâche pour remonter à la surface, encore heureux que l'on apprenne tôt à nager sinon cet enquiquineur m'aurait regarder me noyer sans amorcer ne serait-ce qu'un geste. Une fois tous deux à la surface, il attrape mon bras et me tire vers les eaux profondes. Mais il veut vraiment me noyer ma parole ! Je continue de me débattre.
"Tant pis pour toi je t'avais prévenu tu m'agaces ! crie-t-il"
Je n'ai pas le temps de me poser la question du sens de ces paroles qu'il appuie ses deux mains sur mes épaules, m'obligeant à m'immerger complètement. J'essaye de lui frapper les tibias ou même ses parties intimes, mais rien y fait je n'ai ni les jambes ni les bras assez grand pour l'atteindre. L'eau s'infiltre dans ma bouche, dans mon nez. Elle me brûle de son sel partout où elle passe. Je n'arrive plus à inspirer la moindre petite quantité d'air. Mes poumons se serrent. Mon diaphragme se bloque. Des étoiles noirs brillent dans mes yeux. Mes forcent me quittent. Je suffoque une dernière fois, puis ferme les yeux en me laissant bercer par les flots. Une dernière pression sur mes épaules et puis plus rien. Le noir, pour tous mes sens ainsi que mon esprit.
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Le Condamné D'Alcatraz
RomanceNous sommes dans les années cinquantes. L'histoire débute par une arrestation. La mienne. C'est ma quatrième arrestation, cette fois, je suis envoyé dans la pire prison des Etats-Unis, Alcatraz. Déjà plus de vingts qu'elle fonctionne et pourtant auc...